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Les Ecoles des mines et des télécoms bientôt regroupées au sein d’un institut unique

Sylvie Lecherbonnier
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2010 commencera sur les chapeaux de roue pour les Ecoles des mines et l’Institut Télécom. Fin janvier, leur tutelle désormais commune, le CGIET (Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies) doit rendre à la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, une étude de faisabilité sur le regroupement de toutes les écoles au sein d’une entité juridique unique. Ce nouvel Institut pourrait voir le jour en 2012.

« Il n’est pas question de fusionner des établissements, prévient Christophe Digne, chef de la mission de tutelle des écoles, mais de trouver une organisation pertinente pour développer les synergies entre elles, au service d’une stratégie commune. » Aujourd’hui, l’Institut Télécom et les six écoles des mines (1) accueillent plus de 11 000 étudiants et délivrent plus de 3 300 diplômes par an.

La fusion des corps

Depuis la fusion des corps des mines et des télécoms début 2009, le rapprochement des écoles des mines et des télécoms est devenue un chantier d’importance au sein du ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi. Un rapport d’étape paru à l’automne dresse les contours de ce nouvel Institut unique et donne les raisons de sa mise en place. Ainsi, même si les Ecoles des mines et des télécoms sont des acteurs reconnus de l’enseignement supérieur français avec « des marques bien établies », leur tutelle souhaite franchir une nouvelle étape. Une volonté justifiée par « le renforcement prévisible de l’intensité de la compétition dans l’enseignement supérieur et la recherche pour attirer les meilleurs enseignants-chercheurs et étudiants et la nécessité d’optimiser les moyens publics et de faire face à une concurrence accrue sur l’accès aux financements privés ».

Vers « un jeu plus collectif »

Dans ce contexte, le rapport note les points faibles des établissements, notamment des effectifs « assez faibles » et un fonctionnement en réseau insuffisamment organisé entre les écoles des mines elles-mêmes et entre les écoles des mines et des télécommunications. « Aucun cadre n’existe véritablement pour mettre en œuvre les synergies souhaitables en matière de recherche et de formation entre les deux ensembles d’écoles », analyse le CGIET qui en appelle à un « jeu plus collectif ».

Le nouvel Institut fonctionnerait sur un principe de subsidiarité. « Le niveau groupe doit prendre en charge seulement ce qu’il peut mieux faire que les écoles prises individuellement », souligne le rapport. A savoir la gestion des ressources humaines, la définition d’une stratégie de recherche et d’une stratégie internationale, l’appui à l’innovation pédagogique, la communication. Pour Christophe Digne, « un institut unique est particulièrement pertinent sur le volet recherche. » Il pourrait identifier plus facilement les convergences thématiques entre les deux ensembles d’écoles.

Néanmoins, « bâtir un projet commun ne doit en aucun cas conduire à un repli sur la seule appartenance à leur groupe », assure le rapport. Une logique de rapprochement qui n’irait pas à l’encontre des politiques de site dans lesquelles les écoles sont parties prenantes. La « présence forte » des écoles au sein de ParisTech est jugée d’ « un intérêt stratégique majeur », tout comme le développement d’autres partenariats Mines-Télécoms en région.

L’autonomie des établissements en débat

Pour arriver à faire fonctionner l’Institut, le rapport demande le maintien du soutien financier du ministère de l’Economie et l’élaboration de contrats d’objectifs et de moyens entre celui-ci et les sept établissements sur la période 2011-2015. L’objectif fixé en parallèle à la nouvelle structure : atteindre un taux de financement de ses activités sur ressources propres de 40 % d’ici 2015.

Dernier volet à trancher : l’autonomie des établissements. Christophe Digne se veut rassurant : « dans le cadre de l'étude de faisabilité, la réflexion porte sur les questions de gouvernance de l'institut, dans lequel les écoles doivent conserver une large autonomie d'action ». Les écoles des mines ne disposent pas aujourd’hui de compétences totalement élargies au sens de la loi LRU, sur la gestion des ressources humaines et le patrimoine immobilier, entre autres. Des compétences que pourraient prendre en charge le nouvel Institut. Reste un point sensible : le statut des personnels auquel Christine Lagarde demande de porter une « attention particulière ». Forte de l’expérience de sa consoeur Valérie Pécresse sans doute…

(1) L’Institut Télécom comprend Télécom ParisTech, Télécom Bretagne, Télécom SudParis, Télécom Ecole de management mais aussi Télécom Lille 1 et Eurecom et des écoles associées comme Télécom Saint-Etienne et l’ENSPS. Il existe des écoles des mines à Paris, Saint-Etienne, Albi, Alès, Douai et Nantes. L’école des mines de Nancy est, elle, sous tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur.


Sylvie Lecherbonnier | Publié le

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