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À Joseph-Fourier, la pédagogie inversée se diffuse de médecine à Staps

Virginie Bertereau
Publié le
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Le campus de l'université Joseph Fourier à Grenoble @service com UJF-Grenoble
Le campus de l'université Joseph Fourier à Grenoble @service com UJF-Grenoble

L'université Joseph-Fourier – Grenoble 1 est la première à avoir révolutionné sa pédagogie en Paces. Aux cours en amphi bondé, l’établissement a préféré depuis 2006 l’apprentissage multimédia et le tutorat. Aujourd’hui, il expérimente la classe inversée en L1 de Staps, dont les effectifs explosent.

Cours multimédias et tutorat personnalisé : à partir de la rentrée 2014, l'université Joseph-Fourier – Grenoble 1 applique la pédagogie inversée en première année de licence de Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives). Dans les unités d'enseignements scientifiques (soit environ la moitié de la formation), les nouveaux étudiants vont travailler les cours en amont, en autonomie, grâce à des supports numériques. Puis ils poseront, sur un forum, leurs questions aux enseignants, qui interviendront alors de façon adaptée lors de séances en groupes. Les cours magistraux en amphithéâtre sont donc supprimés. Un dispositif qui a fait ses preuves en Paces (Première année commune aux études de santé) en améliorant les résultats des premiers entrants.

Du tutorat pour les élèves fragiles

Le contrôle continu est par ailleurs instauré. Une évaluation aura lieu toutes les semaines ou toutes les deux semaines selon les disciplines. Cette évaluation permettra de proposer un tutorat aux élèves en difficulté. Les étudiants répondront aux QCM grâce à des boîtiers électroniques. "L'UFR s'est dotée de 400 boîtiers pour un montant de 15.000 €. Mis à part cet investissement, nous fonctionnons pour le moment à moyens constants. Nous allons par exemple nous servir de podcasts déjà utilisés dans le cadre du dispositif Inter'Val [pour les étudiants sportifs de haut niveau, NDLR] ou des ressources numériques du Mooc de physiologie qui sera lancé en janvier 2015", explique Henri Benoit, le directeur de l'UFR APS.

Des effectifs qui explosent

Les "amphis inversés" ont été adoptés par l'université Joseph-Fourier en première année de médecine dès 2006 puis en Paces en 2009. Une façon d'enseigner à de grands effectifs d'étudiants tout en favorisant leur réussite en les impliquant davantage. "Nous comptions 400 étudiants il y a 3 ans en L1 de Staps. Nous en comptons 850 à la rentrée 2014. Une explosion constatée également au niveau national. Mais à Grenoble, nous n'avons pas voulu mettre en place de tirage au sort à l'entrée en licence, ce qui renforce notre attrait. D'autre part, le taux de réussite en L1 (40 % des inscrits en 2013) est faible. Il fallait faire quelque chose", admet Henri Benoit.

Si la pédagogie inversée fonctionne, le directeur de l'UFR envisage de poursuivre l'expérience au-delà de la L1. Comme en médecine.


Virginie Bertereau | Publié le

Vos commentaires (3)

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Pierre.

Il faudrait quand même une étude sérieuse du travail des étudiants sous ce qui est dénommé pédagogie inversée et étudier les conséquences des nouvelles pratiques sur les étudiants en difficulté. Comment se fait-il que les étudiants échouent autant à l'université ? Quelle décalage entre la terminale et la première année d'université ? Quelle différence entre des classes de 35 élève et les masses en première année ? Entre des professeurs de terminal qui connaissent leurs élèves car ils les suivent sur toute l'année et des enseignants d'université qui dispersent leurs horaires sur plusieurs année et s'adressent aux groupe d'étudiants pour une 20ène d'heure au grand maximum ? Non vraiment, l'échec massif des étudiants n'est pas récent et les tentatives d'amélioration n'ont pas de suivi, se font au coup par coup, sous l'influence de tel ou tel procédé, puis les choses sont vite abandonnées, rien de sérieux... On se demande bien si on ne se contente pas d'attendre que les jeunes se découragent sans faire de remous...

Francis.

Cela ne répond hélas pas au problème de base, l'afflux absurde d'étudiants en STAPS. un bon début serait de limiter le nombre de places dans ces filières, dont la valeur ajoutée marginale est faible pour notre pays.

E. Bredin.

Voilà une initiative intelligente, qui tente de répondre autant au problème de l'échec en première année qu'à celui de la forte hausse des inscriptions en STAPS.

fagil.

Pas certaine de l'intérêt de cette modalité de transmission qui me semble très discriminante... la qualité de la transmission passe par la réduction du nombre d'étudiants par groupe de travail et une multiplication des interactions... si les DVD remplaçaient avantageusement les enseignants cela se serait...Le PACES est une année de sélection, les meilleurs gagnent, les autres pleurent... Pas nécessaire d'investir sur la qualité de la formation, ce n'est pas l'objectif et les boites privées sont là pour faire ce que l'université n'a pas les moyens de faire...à mon sens c'est un modèle économique réduisant les couts de formations..rien de plus...