Sciences po : mobilisation étudiante contre l’augmentation des frais de scolarité

Mathieu Oui
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Sciences po a rejoint la CGE en juillet 2016.
Sciences po a rejoint la CGE en juillet 2016. // ©  Camille Stromboni
Le projet d’augmentation des frais d’inscription de 3% en moyenne pour la rentrée 2014, annoncé dans le cadre du budget prévisionnel 2014, a suscité de vives protestations de la part des étudiants de Sciences po.

Le projet de la direction de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris d’augmenter les frais d’inscriptions de 3% en moyenne pour la rentrée 2014, mobilise les étudiants de Sciences po. Le projet annoncé dans le cadre du budget prévisionnel, doit être examiné en conseil de direction le 9 décembre 2013.

Suite à une assemblée générale des étudiants le 28 novembre, une lettre ouverte a été rédigée par les étudiants de l'Unef à l’attention du directeur de l’établissement, Frédéric Mion, et un rassemblement est annoncé pour le lundi 2 décembre. "L’augmentation de 3% représente 650.000€ supplémentaires, c’est une goutte d’eau dans le budget de 160 millions de Sciences po, mais cela pèse très fort sur les familles et les étudiants", dénonce Paul Bernardet, le président de l’Unef de l'établissement, qui s’alarme du désengagement de l’Etat. Le syndicat étudiant souhaite d’ailleurs une remise à plat du système des frais d’inscription.

Avec le système de frais différenciés, plus l’établissement se démocratise, et plus la part des frais issus de familles aisées diminue (P.Bernardet, Unef)

Situation inextricable 

"Avec le système de frais différenciés, plus l’établissement se démocratise, et plus la part des frais issus de familles aisées diminue. On se retrouve dans une situation inextricable due au manque à gagner du fait de la démocratisation, c’est une fuite en avant", juge le président de l’Unef. Selon ce dernier, la part des étudiants boursiers (exonérés de frais de scolarité) s’établit à 33% parmi les premières années (contre environ 27% les années précédentes). 

Selon la direction de l'établissement, "cette augmentation ne concerne ni les boursiers ni les bas revenus". Par ailleurs, "pour les élèves dont les parents gagnent moins de 130.000€ de revenus, la hausse sera équivalente à l'inflation entre 2012 et 2014 soit 2,6 %." Le droit moyen est de 4.210 € pour le collège universitaire et de 4.780 € pour le niveau master. 30% des élèves étant exemptés de droits de scolarité.

Un système qui fait des émules en région

La mise en place de frais de scolarité différenciés en fonction des revenus des familles se développe dans les IEP : cinq des huit instituts de région l'appliquent déjà. A l'IEP de Toulouse, où la réforme doit s'appliquer à la rentrée prochaine, un conseil d'administration autour du prochain budget a été perturbé, le 28 novembre, par un blocage d'étudiants, provoquant la suspension de la séance et le report du vote du budget.


Mathieu Oui | Publié le

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