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Universités : le bureau de la CPU fait son bilan de fin de mandat

Camille Stromboni
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CPU - Yvon Berland - Louis Vogel - Anne Fraïsse - décembre 2010
CPU - Yvon Berland - Louis Vogel - Anne Fraïsse - décembre 2010

A la tête de la CPU depuis deux ans, Louis Vogel, Yvon Berland et Anne Fraïsse ont dressé le bilan de leur action jeudi 6 décembre 2012, à deux semaines de l'élection de leurs successeurs. Un mandat marqué par le problème du manque de moyens des universités autonomes.

"Nous avons vécu deux années dans un contexte mouvementé", a retracé d'entrée Louis Vogel, président de la CPU (conférence des présidents d'université), lors d'une conférence de presse jeudi 6 décembre 2012, entouré de ses deux vice-présidents, Anne Fraïsse (présidente de Montpellier 3) et Yvon Berland (président de l'université d'Aix-Marseille). Un constat qui devient récurrent à la CPU.

Si les trois précédents dirigeants établissaient cette même observation en raison de la mise en place de la loi LRU dans les facs et de la mastérisation, ce sont d'autres bouleversements qui ont rythmé le mandat de l'équipe Vogel : la concrétisation de l'autonomie, avec les importantes difficultés budgétaires des universités ; le renouvellement des deux tiers des présidents d'université ; ou encore le changement de gouvernement, avec les Assises en vue d'une nouvelle loi.

Le coût de l'autonomie

L'ancien président de Paris 2 a dressé trois grands axes de progression qui ont eu lieu sous son mandat : le renforcement du positionnement institutionnel de la CPU, le développement d'événements et de manifestations lui donnant de la visibilité, ainsi que le développement de partenariats dans la communauté universitaire et à l'extérieur [lire le bilan complet des trois présidents (pdf)].

"Il est indéniable que les universités ont fait preuve d'un très fort dynamisme. Elles ont réalisé de nombreux efforts avec très peu de moyens", a-t-il insisté. La question du manque de moyens des universités constitue en effet le dossier clé qui a occupé le bureau entre 2011 et 2012, étant devenu prégnant avec la prise en main de l'autonomie, et de la masse salariale.

"Nous nous sommes battus sans arrêt pour défendre les moyens des universités, explique Louis Vogel, soulignant que les 15 millions d'euros de "rallonge" -bien qu'insuffisants- n'auraient pu être obtenus sinon. Mais le chantier reste brûlant, et inabouti. "Le ministère n'a pas compris que nous étions autonomes, avec les RCE (responsabilités et compétences élargies), ce qui nécessite de nous donner une visibilité budgétaire. Pour établir une stratégie et piloter nos établissements, nous avons besoin d'un engagement de l'Etat pluriannuel", souligne Yvon Berland. "L'autonomie est à double-sens. Elle donne aussi des responsabilités à l'Etat, qui a jusqu'ici montré qu'il était mauvais payeur", renchérit Anne Fraïsse.

Former et intégrer les nouveaux présidents

Seconde particularité de ce bureau : il a vécu le renouvellement inédit des membres de la CPU. "Nous avons eu deux tiers de nouveaux présidents à la tête des universités. Ce n'était pas facile. Nous avons mis en place des lieux de rencontre entre anciens et nouveaux, lors de l'université d'été de la CPU notamment", explique Louis Vogel, citant également les publications d'aide comme le guide juridique du président d'université, ou l'organisation de sessions de formations.

Avec un écueil à éviter en temps de crise : la division entre établissements, qui peuvent avoir des intérêts contraires. C'était l'ambition de départ du trio : assurer l'unité dans la diversité (voir leur programme en pdf), et il estime y être parvenu. "Nous avons réussi à préserver l'unité : la CPU a toujours porté une voix unanime. Evidemment les présidents ne sont pas forcément d'accord sur tous les sujets, mais notre dénominateur commun est resté très solide", a développé Anne Fraïsse.

Défendre les propositions de la CPU pour la future loi

Il est enfin un chantier qu'ils auront commencé, mais dont l'achèvement verra le jour sous le futur trio dirigeant : l'aboutissement des Assises avec une nouvelle loi d'orientation sur l'enseignement supérieur et la recherche. "Il y a tellement de choses qui sont sorties des Assises que le ministère peut faire à peu près ce qu'il veut. Il faudra défendre fortement nos propositions", note Louis Vogel.

"La future loi devra améliorer le système, mais surtout ne pas tout bouleverser de nouveau, prévient de son côté Yvon Berland. Nos partenaires n'auraient plus confiance en nous, et ce serait très dommageable pour les universités." "Nous avons besoin de calme pour bâtir, confirme Anne Fraïsse. Combien de réformes ont subies les universités ces dernières années ? Il faut arrêter de modifier sans arrêt les règles sans en maîtriser les conséquences."

Une vigilance qui reviendra à leurs successeurs. "Nous remarquons que les six candidats à la présidence de la CPU émanent du conseil d'administration de l'instance, ce qui constitue un gage de continuité", se réjouit justement Louis Vogel.

Un seul bémol concernant les deux trios candidats
Le bureau de la CPU a exprimé une seule critique vis-à-vis des deux trios candidats à la tête de l'instance, par la voix d'Anne Fraïsse. "Je déplore très fortement qu'il n'y ait aucune femme dans ces deux tickets de candidature. Quand on veut on peut", a-t-elle insisté.
Lire aussi
- La biographie de Louis Vogel
- La biographie d'Anne Fraïsse
- La biographie d'Yvon Berland

- L'interview de Louis Vogel lorsqu'il était candidat à la tête de la CPU (novembre 2010)

Camille Stromboni | Publié le

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