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Cdefi : Armel de la Bourdonnaye, unique candidat pour la présidence

Laura Makary
Publié le
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L'école des ponts ParisTech a vu passer ses droits de scolarité de 1.300 € à 2.660 € en quatre ans.
Armel de la Bourdonnaye dirige l'École des Ponts ParisTech depuis août 2012. Il était vice-président de la Cdefi depuis février 2015. // ©  Florence Levillain pour L'Étudiant
Pas de suspense pour le 16 juin 2017, date des élections pour la présidence de la Cdefi. Un seul directeur d'école d'ingénieurs s'est proposé comme candidat : Armel de la Bourdonnaye (Ponts ParisTech), auparavant vice-président de la Conférence. Il succédera à François Cansell, à la tête de l'association depuis février 2015.

Armel de la Bourdonnaye, directeur de l'école nationale des ponts et chaussées, président de la commission recherche de la CdefiPourquoi êtes-vous candidat à la présidence de la Cdefi ?

Participant à l'action de la Cdefi (Conférence des directeurs d'écoles françaises d'ingénieurs) depuis déjà plusieurs années, d'abord à la tête de la commission recherche, puis en tant que vice-président auprès de François Cansell lors de son mandat, j'ai acquis la conviction que l'action de la Cdefi est utile et bénéfique pour les écoles et pour la société.

C'est bien sûr le cas en termes de représentation envers le ministère de l'Enseignement supérieur et l'État, mais aussi dans son rôle de promotion de la richesse de la diversité des écoles, au service de la diversité des étudiants et des entreprises. Cela m'intéresse de porter ces valeurs, au bénéfice de mon pays. Ma candidature se place dans la continuité de ce que j'ai réalisé auparavant.

Avez-vous déjà constitué votre bureau de vice-présidents ?

Tout à fait. Ce bureau rassemblera Jacques Fayolle, directeur de Télécom Saint-Étienne, Élisabeth Crépon, directrice de l'Ensta ParisTech, et Marc Renner, directeur de l'Insa Strasbourg. Les deux premiers étaient déjà vice-présidents avec moi durant le mandat de François Cansell. Nous nous inscrivons dans une logique de capitalisation de notre action passée pour aller plus loin au service du développement économique de notre pays et du développement humain des étudiantes et des étudiants confiés à nos écoles.

Quels seront vos principaux axes de développement pour ce mandat ?

Je souhaite positionner la Cdefi comme le représentant des écoles d'ingénieurs auprès de l'État, mais aussi auprès des acteurs du développement économique de la France. Tout d'abord, en m'assurant que toutes les écoles soient bien représentées dans la Conférence et respectées par l'État : les écoles publiques internes et externes, mais aussi les privées, notamment celles reconnues d'intérêt public sous le label Eespig.

Je souhaite amplifier et renforcer les liens entre la formation, la recherche, l'innovation et l'entrepreneuriat qui sont intégrés au sein des écoles d'ingénieurs, et mettre en avant les doctorants dans nos établissements. Nous travaillerons aussi à assurer une juste intégration de nos écoles dans les politiques de site, afin que ce lien formation-recherche-innovation-entrepreneuriat, animé dans les gouvernances agiles et ouvertes sur l’extérieur qui caractérisent nos écoles, soit conforté, au service des jeunes et des entreprises des territoires.

Il est également essentiel de promouvoir le rôle social et économique de nos écoles, qui participent à la construction de citoyens, formés par les sciences, et résistants aux croyances. Nos établissements, par la formation et la recherche, doivent également travailler sur les grands enjeux pour la planète, qu'ils soient sociaux, démographiques, alimentaires, écologiques. Il faut enfin rappeler que les écoles d'ingénieurs ont un rôle d'inclusion sociale, en permettant que chaque jeune qui le mérite puisse y suivre une formation et trouver sa place dans la société. Il faut relancer l'ascenseur social. Nous continuerons aussi à travailler sur la place des femmes dans l'ingénierie, et au sein de nos écoles notamment, en poursuivant l'opération "Ingénieuses", de soutenir les actions sur l'accueil des migrants, sur lequel il faut s'engager collectivement, et de renforcer l'apprentissage.

Lors de ses propositions pour les présidentielles, la Cdefi a demandé plus de moyens, pour former davantage de jeunes ingénieurs (jusqu'à 50.000 par an). Comment vous positionnez-vous sur cette question ?

Nous devons demeurer vigilants aux moyens attribués à l'enseignement supérieur et à la recherche. Les écoles d'ingénieurs doivent augmenter leurs effectifs, car cela est très important pour l'économie, afin de travailler sur les futurs grands chantiers des transitions à venir. Ces chantiers sont de grandes opportunités. Mais l'augmentation des effectifs signifie aussi hausse des moyens. notamment en provenance de l'État. D'autant qu'il est de plus nécessaire de viser un réarmement des écoles sur le plan technologique. Je serai donc attentif à la question des moyens, que ce soit pour la croissance des effectifs ou l'amélioration au niveau technologique. Nous en avons besoin pour proposer des formations de qualité.

Quid du Bachelor, très discuté au sein des écoles d'ingénieurs depuis quelques années ?

C'est en effet une question importante. Les écoles d'ingénieurs doivent se sentir concernées par les formations de niveau licence. Nous devons travailler sur des filières techniques postbac, tout en permettant à leurs étudiants de pouvoir disposer de passerelles. Nous devons apporter notre culture de formation sur ce secteur, avec notre accompagnement des étudiants, pour que tous trouvent une voie de réussite. Pour les écoles d'ingénieurs, cela signifie participer à la création de filières technologiques courtes pour des jeunes motivés. Dans mon établissement, nous travaillons justement sur un programme de premier cycle, en partenariat avec l'université Paris-Est-Marne-la-Vallée, l'ESIEE et les autres établissements du site.


Laura Makary | Publié le

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