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T. Toury : "Nous nous posons la question de la place de l'Europe dans la technologie."

Clément Rocher
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Un projet d'université de technologie européenne est en cours d'élaboration à l'Université de Technologie de Troyes.
Un projet d'université de technologie européenne est en cours d'élaboration à l'Université de Technologie de Troyes. // ©  Clément Rocher
L’Université de Technologie de Troyes s'est lancée avec plusieurs partenaires européens dans le projet d’université de technologie européenne. Entretien avec Timothée Toury, enseignant-chercheur à l’UTT et délégué général du projet, qui constitue un nouvel horizon de développement pour l'établissement.

En quoi consiste exactement ce projet d’université de technologie européenne ?

L’université de technologie européenne est un projet confédératif de sept établissements à l'échelle européenne. L’objectif est d’arriver à fonctionner comme un système multi-campus. Nous répondons très fortement à une demande des étudiants.

A l'heure actuelle, nous avons d’un côté une technologie américaine centrée sur le profit et le business, et d’un autre côté une technologie chinoise basée sur le contrôle de la population. Nous nous posons évidemment la question de la place de l'Europe dans la technologie.

Comment ce projet d’université de technologie européenne va se mettre en place ?

Nous allons mettre en place un certain nombre d'actions très concrètes, notamment des cursus d'ingénieurs européens qui permettent à l’étudiant de changer de site. On ne parle pas de mobilité internationale qui est un système relativement dérogatoire par rapport au cursus standard, mais plutôt d'une mobilité au sein d'un système multi-campus dans lequel l'étudiant est tout à fait libre de ses déplacements.

Un autre point sur lequel nous allons aussi avancer, c’est la question de l'interopérabilité de nos systèmes d'information. Nous allons devoir gérer à grande échelle des flux d'étudiants et d'informations. Si un étudiant change de campus, toutes les informations qui le concernent doivent le suivre dans la seconde. L’objectif est d’arriver à une harmonisation dans nos processus de fonctionnement qui permettent une plus grande fluidité.

Lire aussi : Universités européennes : tour d'horizon des établissements français lauréats

Du côté de la recherche, au-delà de l'activité de recherche conjointe, nous sommes en train de mettre sur pied tout ce qui va préfigurer un laboratoire de recherche sur les questions de nanotechnologie à l'échelle pan-européenne. Il y a une manière de regarder la technologie qui est différente d'un pays à l'autre, il s'agit de travailler ensemble sur ces questions-là et de dépasser le cadre simplement technique.

Les formations qui existent au sein de l’UTT vont-elles être modifiées dans le cadre de ce projet ?

Il y aura naturellement des ajustements de l’ordre technique, mais qui ne seront pas si importants. Dans ce domaine, nous sommes prêts avant l'heure. Nous avons à l’UTT des systèmes de cursus qui sont extrêmement modulaires et qui permettent une souplesse d'ajustement dans les parcours des étudiants. Construire leur parcours, c'est une chance pour eux.

Comment les autres établissements européens ont-ils rejoint ce projet ?

L'axe central de ce projet d’université européenne est historiquement Troyes-Dublin. Nous étions les premiers à vraiment échanger là-dessus, mais maintenant tout le monde est sur un pied d'égalité. En Europe, nous échangeons des étudiants avec presque tous les établissements. Ensuite, la question était de partir d’une convergence de vues. Nous n’avons pas choisi les partenaires avec qui nous travaillons le plus, mais ceux avec qui nous voulons aller dans la même direction et avec qui nous avons une belle complémentarité.

Comment ce projet d’université européenne va renforcer la présence de l'UTT à l'international ?

L'UTT est très largement présente à l'international : plus de 80% des étudiants diplômés ont passé au moins un semestre à l'étranger. Nous allons basculer sur un système différent avec l’université de technologie européenne. Les étudiants auront ce sentiment d'appartenir un espace plus vaste, plus coopératif dans la structure internationale.

Nous avons choisi les partenaires avec qui nous voulons aller dans la même direction et avec qui nous avons une belle complémentarité.

Ce qui va changer c'est aussi une reconnaissance depuis l'international, notre capacité à être plus visible à travers ce projet. Nous souhaitons que cette visibilité soit portée sur l'établissement et sa réflexion autour d'une technologie européenne.

Quelle suite allez-vous donner à ce projet ?

Ce projet d’université de technologie européenne s’inscrit dans le cadre d’un appel à projet européen qui finance des trajectoires expérimentales. Au niveau de la commission européenne, à l'heure actuelle, ils n'ont pas la volonté de déterminer ce que serait une université européenne. Ils veulent une diversité de modèles et voir dans ces modèles lesquels sont les plus pertinents en étant très ouverts. Nous avons choisi volontairement une voie très inclusive.

Nous allons bientôt signer les conventions avec des entreprises qui ont annoncé qu’elles nous suivaient. Certaines entreprises veulent développer un certain nombre d’éléments et aller vers l’international, elles voient l’UTT comme un tremplin, un fer de lance.

Voici la liste des six autres établissements partenaires de ce projet d'université de technologie européenne : l'Université de technologie de Darmstadt (Allemagne), l'Université technique de Sofia (Bulgarie), l'Université Polytechnique de Valence (Espagne), l'Institut de technologie de Dublin (Irlande), l'Université technique de Riga (Lettonie) et l'Université technique de Cluj-Napoca (Roumanie).


Clément Rocher | Publié le

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Oscar Avila.

La question est toujours ouverte, quelle est la place de l'Europe dans la technologie?