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L'Université Paris-Saclay veut prouver que sa construction avance

Laura Makary  |  Publié le

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Malgré les tensions politiques, l'Université Paris Saclay poursuit sa construction.
Malgré les tensions politiques, l'Université Paris Saclay poursuit sa construction. // © Laurent Grandguillot/REA

Lancement d'un fonds d'amorçage, séminaire du conseil académique, remise des premiers masters estampillés Université Paris-Saclay... Le regroupement fait feu de tout bois pour convaincre le jury Idex à l'automne 2017. Sur le front de la gouvernance, un cercle restreint à sept membres travaille à une intégration plus poussée.

Au-delà de la gouvernance, les projets. C'est le signal qu'a voulu envoyer l'Université Paris Saclay en ce début d'année. Jeudi 19 janvier, le conseil académique de la Comue a organisé pour la première fois sur le campus de Jouy-en-Josas (Yvelines) une journée de séminaire en invitant la communauté au sens large de la Comue. Parmi les intervenants des sept tables rondes : Peter Todd, directeur général de HEC, venu introduire le séminaire, Philippe Van de Maele, directeur général de l'Établissement public Paris-Saclay, ou encore Hervé Biausser, directeur de CentraleSupélec.

"Cette journée a rassemblé 200 participants issus de l'écosystème de Saclay, pour réfléchir ensemble sur l'enseignement, la recherche, les entreprises et l'innovation sur notre plateau", explique Nathalie Popiolek, économiste au CEA et vice-présidente du CAC (Conseil académique de la Comue), à l'origine de cette journée. Une synthèse et une série de recommandations doivent être adressées par la suite au conseil d'administration de Saclay.

Pour la Comue, l'enjeu était de taille : montrer que le CAC, organe consultatif composé de membres de la communauté saclaysienne, est au travail. "C'est une belle mobilisation. Nous voyons ainsi les attentes et les expériences de nos collègues et des industriels", commente Gilles Bloch, président de l'Université Paris-Saclay.

Quelques jours auparavant, le 16 janvier, c'était le fonds d'amorçage de la Comue qui était inauguré par les membres de l'UPS dont Polytechnique. Le "Seed Fund" soutiendra 50 start-up, avec un budget de 50 millions d'euros. Parmi les partenaires du fonds : BNP Paribas, Chanel, Cisco, Groupama et EDF. "Tous ces projets montrent que, malgré quelques complications au niveau institutionnel, la construction de Saclay se poursuit", assure Gilles Bloch.

Des premiers masters "Université Paris-Saclay"

Sur le front de la formation également, le regroupement entend montrer que la construction de l'Université Paris-Saclay progresse. Les premiers masters labellisés Saclay s'apprêtent ainsi à diplômer leur toute première promotion d'étudiants. "Il nous a fallu deux années de préparation pour remaquetter les masters, mais désormais, ces diplômés porteront les couleurs de Saclay. Nous imprimons en ce moment les 4.400 diplômes de master qui seront remis lors des cérémonies, fin janvier", détaille Gilles Bloch, enthousiaste.

Autre grand chantier académique : la création d'un cycle licence. "Un énorme chantier", pour le président, qui précise que les premières expérimentations pourraient avoir lieu dès la rentrée 2017 ou 2018, avec une création officielle prévue pour 2020.

La construction physique, elle aussi, se poursuit. Alors que l'Ensae ParisTech débute son déménagement sur le plateau, effectif à la rentrée 2017, de même, CentraleSupélec investit de nouveaux bâtiments. Deux chantiers d'équipements collectifs viennent également d'être lancés : un learning center et un complexe sportif, pour un budget de 40 millions d'euros chacun.

Un groupe de travail pour préparer l'intégration

Sur l'épineuse question de la gouvernance, toujours source de tensions, l'Université Paris-Saclay avance pas à pas. "Le volet institutionnel est le plus compliqué, c'est là que se polarisent les crispations. Cependant, un certain nombre d'établissements souhaite bien continuer à avancer vers une structuration et une intégration plus poussées", souligne le président de la Comue. Le gouvernement a en effet tranché en décembre, permettant aux membres qui le souhaitent d'aller vers l'intégration, et aux autres de rester dans "un deuxième cercle", pour reprendre l'expression de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense.

Il est plus simple de travailler à sept qu'à 18.
(G. Bloch)

Un groupe de travail a ainsi été créé pour travailler sur ce premier cercle, celui des établissements intéressés par l'intégration. "Il est plus simple de travailler à sept qu'à 18. Nous nous voyons toutes les semaines pour balayer l'ensemble des sujets. Nous essayons de stabiliser un groupe avec une diversité de points de vue, afin de définir la relation de l'établissement avec l'ensemble de ses membres", ajoute Gilles Bloch. En dehors des écoles sous la tutelle du ministère de la Défense, dont l'X et l'Ensta ParisTech à Saclay, les autres ne sont a priori pas fermées à l'idée d'une intégration.

Ce groupe de travail rassemble Alain Fuchs, président du CNRS, Vincent Berger, directeur de la recherche fondamentale du CEA, Philippe Mauguin, PDG de l'Inra, Sylvie Retailleau, présidente de l'Université Paris Sud, Hervé Biausser, directeur général de CentraleSupélec, Pierre-Paul Zalio, président de l'ENS Paris-Saclay et Julien Pouget, directeur de l'Ensae ParisTech. Il rendra ses premières conclusions courant mars ou avril 2017. Il restera ensuite six mois à l'Université Paris-Saclay pour formaliser cette partie du projet avant la fin de la période probatoire de l'Idex.

Une enquête lancée par le conseil académique pour sonder la communauté
Le conseil académique a entrepris une vaste consultation de l'ensemble de la communauté de l'Université Paris-Saclay. "Nous avons envoyé le questionnaire à tous les membres, dont les étudiants. Il est composé de deux volets : un QCM, pour faire ressortir ce qui importe et les points qui inquiètent les répondants, et des questions ouvertes, pour qu'ils puissent s'exprimer. Cela leur permet de prendre du temps pour réfléchir sur Saclay", déclare Guy Wormser, président du conseil académique.

Pour le moment, 1.500 personnes ont répondu. "Nous voulons le plus possible de réponses, pour avoir une image claire du ressenti des membres de la communauté", ajoute le président. Les résultats de cette enquête seront connus courant mars.

Laura Makary  |  Publié le

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