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APB 2017 : les filières de droit et de Staps aux prises avec le tirage au sort

Natacha Lefauconnier, Aurore Abdoul-Maninroudine
Publié le
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Université Paris 2 - Assas - 2012
L'université Panthéon-Assas pourrait instaurer un tirage au sort à l'entrée de sa licence de droit. // ©  Camille Stromboni
Avec l’afflux d’étudiants supplémentaires sur APB et l’instauration de l'égalité de traitement entre étudiants en réorientation et néobacheliers, les tirages au sort en licence ne risquent pas de disparaître en 2017. Si les licences de Staps sont les principales formations concernées, cette pratique pourrait également toucher le droit, notamment à Paris 2-Panthéon-Assas.

J'ai la volonté de faire disparaître le tirage au sort à l'université", avait martelé Thierry Mandon, secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, dans une interview à EducPros, en février 2017.

L'instauration d'une procédure de vœux groupés sur APB (Admission postbac) avait effectivement contribué à la diminution du nombre de tirages au sort de 70 % l'an dernier et à sa disparition en droit. Mais les récents chiffres d'APB et l'égalité de traitement entre étudiants en réorientation et néobacheliers risquent pourtant de donner tort au secrétaire d'État. Du moins pour la session 2017. 

La plate-forme d'inscription dans l'enseignement supérieur a en effet enregistré 40.000 inscrits supplémentaires cette année, dont 14.000 étudiants en réorientation, les licences représentant toujours 38 % des vœux 1. À la rentrée 2016 déjà, il y avait 32.000 étudiants de plus sur les bancs de l'université.

vers un tirage au sort en droit à Paris 2

À Panthéon-Assas, "il est plus que vraisemblable qu'il y ait un tirage au sort à l'entrée de la licence de droit cette année", annonce à EducPros Guillaume Leyte, président de l'établissement. "Avec 1.242 vœux 1 de candidats prioritaires (bacheliers parisiens, réorientés domiciliés à Paris et bacheliers des établissements français à l'étranger), contre 690 l'an dernier, le nombre de vœux 1 pour la licence de droit a été multiplié par deux et est très supérieur à notre capacité d’accueil (1.000 places)", détaille Pierre Crocq, responsable du plan Licence de l'université.

Ce différentiel peut néanmoins encore bouger, puisque les étudiants pourront modifier l'ordre de leurs vœux jusqu'au 31 mai 2017. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'"il faut regarder avec beaucoup de distance les premiers chiffres et ne pas s'affoler tout de suite", nuance de son côté François Germinet, président de l'université de Cergy-Pontoise, également à la tête de la commission formation de la CPU (Conférence des présidents d'université).

S'il est encore trop tôt pour savoir si le cas d'Assas est isolé et lié à son attractivité, la situation dans l'académie voisine est rassurante. "Le nombre de vœux 1 pour la licence de droit est stable et nous pourrons tous les satisfaire comme nous l'avons toujours fait", fait savoir Sandrine Clavel, doyen de droit et de sciences politiques à l'université de Versailles-Saint-Quentin.

staps : 980 places en moins

Au niveau national, les Staps demeurent les formations les plus concernées par le tirage au sort. Sur l'ensemble du territoire, seuls cinq UFR n’indiquent pas de capacité limitée sur APB, et les universités proposent cette année 14.500 places, soit un chiffre inférieur de 980 places par rapport à la rentrée précédente. Une diminution, qui témoigne peut-être de la volonté des doyens de se laisser une marge de manœuvre avant la pression des rectorats pour augmenter les capacités d'accueil, une fois les vœux stabilisés.  

Parallèlement, cette filière recueille pour l'instant 25.000 vœux 1, avec "une estimation finale, après hiérarchisation, à 32.000 vœux 1, contre 28.000 l'an dernier", avance Didier Delignières, directeur de l’UFR à l'université de Montpellier et président de la Conférence des directeurs et doyens d’UFR Staps. Dans son académie, les composantes Staps vont faire face à une hausse d’environ 22 % : "On devrait atteindre 1.000 à 1.100 vœux 1 pour 670 places", détaille-t-il.

À Poitiers également, un tirage au sort sera "inévitable", regrette Aurélien Pichon, doyen de l'UFR. Au regard des places disponibles (400 places pour 780 vœux 1 de l'académie), seule une candidature sur deux sera retenue !

Nous nous demandons si en communiquant autant sur notre licence, nous n'attirons pas malgré nous des candidats supplémentaires.
(A. Pichon)

Des campagnes d'information inefficaces ?

Face à cet afflux d'étudiants, les doyens se disent "démunis", d'autant plus qu'ils s'exposent à des recours administratifs puisque le projet de décret visant à légaliser le tirage au sort avait été retiré de l'ordre du jour du Cneser en début d'année. "On n'a plus de marge de manœuvre, se désole Didier Delignières. Il n'y a qu'à voir le mouvement social de l'UFR Staps de Caen depuis février 2017, ou celui de Toulouse, à l'automne 2016, qui dénoncent des conditions de travail lamentables."

Quant aux campagnes d'information et d'orientation active, ils en viennent à douter de leur efficacité : "Nous nous demandons si en communiquant autant sur notre licence, nous n'attirons pas malgré nous des candidats supplémentaires, qui ne prennent pas au sérieux nos mises en garde sur les exigences requises", témoigne Aurélien Pichon.

"On s'épuise avec l'information des lycéens !" renchérit Didier Delignières avant de confier qu'avec ses collègues, ils discutent "beaucoup" de l’instauration de prérequis à l’entrée de la licence. Même son de cloche du côté de Jean-Luc Dubois-Randé, président de la Conférence des doyens de médecine, qui dit réfléchir à "une sélection a minima, liée à la filière du bac". La situation est en effet particulièrement tendue en Île-de-France, même si, selon le ministère, les candidats à la Paces devraient échapper au tirage au sort cette année.

Des discussions d'autant plus intenses que la mise en œuvre de ces prérequis figure dans les programmes de plusieurs candidats à l'élection présidentielle.


Natacha Lefauconnier, Aurore Abdoul-Maninroudine | Publié le

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Christine.

EnvL c'est la même chose ma fille ainsi que beaucoup de ses camarades sont sur liste d'attente (que les 6 facs qu'elle a demandé)...avec en option métiers de l'image..accademie de Grenoble pour nous

CANER.

Bonjour, notre fils est désespéré il n'a pas obtenu de place lors du 1er tirage et se retrouve sur liste d'attente en STAPS sur ses 3 premiers choix . En effet il m'interroge sur le fait de se donner autant pour ne pas pouvoir prendre l'orientation que l on souhaite? Même si tout n'es pas perdu, les résultats post BAC arrivent à mon avis à une mauvaise période. En effet quelques jours avant le BAC ne me semble pas la période la plus propice, les étudiants qui n'ont pas été satisfaits prenne un coup au moral, alors qu' ils étaient déjà en stress à l'approche de leur examen !

DIDIER LE NOUVEL.

Mon fils et 3 de ses copains de terminale se retrouvent dans une situation analogue (cf ouest france Honfleur Albert Sorel ). quel recours est il désormais possible d'envisager. quelle mobilisation pour rétablir ce choix inacceptable . il semble que la prochaine échéance d'affectation est le 26 Juin. et finalement (après les résultats au bac le 14 juillet) Seule une mobilisation peut faire échec à ce mode de recrutement.

colyso.

De nombreux étudiants ont effectivement postulé en Staps comme ma fille élève en Terminale S avec des résultats plus qu'honorables. Elle se retrouve en liste d'attente sur ce choix placé en 1ere position et dans son académie, alors que nous savons que des élèves passant un Bac Pro ou Bac Art et Lettres sont admis. Il faut se mobiliser si nos enfants sont victimes cette année, faire un maximum pour les étudiants de l'année prochaine ne subissent pas le même sort. Mon fils est en L3 Staps, heureusement il n'a pas été victime à l’époque de ce tirage au sort. Il est évident que des étudiants n'ayant pas fait par exemple, de SVT depuis des années, ne seront pas aptes à suivre en Staps. C'est impossible de récupérer autant de lacunes, d’avoir une capacité de travail suffisante ! Le niveau scolaire est un premier palier à passer, vient également le niveau sportif évidemment, mais qui est, pour moi, secondaire puisqu'il est possible de s'orienter dans des filières E.M notamment pour devenir professeur des écoles…etc La formation Staps est victime de sa notoriété en tant que formation qui reste malgré tout généraliste si on regarde les débouchés possibles suivant les diverses filières, il faut augmenter le nombre de places disponibles tout en maintenant des conditions de travail correctes. Ces conditions ne sont pas respectées actuellement par manque de moyens, pas de professeurs, pas de salles disponibles… les élèves se retrouvent parfois à ne pas savoir à 10 minutes de l’heure du cours dans quelle salle ils doivent se rendre, parfois les professeurs sont dans une salle différente de celle des élèves, les plannings sont sans cesse modifiés au dernier moment, certains jours les étudiants ont plus de 10h de cours pour ne rien avoir le jour suivant !!! Merci l’éducation nationale pour toute cette organisation LAMENTABLE à tous niveaux Faut-il rappeler que l’avenir de nos enfants est en jeu, et que de traiter leur orientation comme cela leur donne un bel exemple de la société! Travaillez, investissez-vous, l’aléatoire décidera de votre vie future !

nigou.

je partage totalement vos avis Pourquoi ne pas réaliser des entretiens avec des épreuves sportives pour l'entrée en STAPS comme avant et tenir des comptes des résultats sportifs à STAPS ils ont fini les cours fin avril, les profs peuvent organiser des entretiens et des épreuves .............. ce tirage au sport est totalement injuste

Lepelley.

Mon fils a 17/20 de moyenne générale en terminale S. Il veut faire STAPS avec un ambitieux projet universitaire et professionnel. Parallèlement, il joue au handball au niveau National au sein du club de Granville dans la Manche. L'algorithme diabolique d'APB ne lui accorde aucun des STAPS sur lesquels il avait postulé alors que des élèves, qui ont mis STAPS en deuxième voire troisième choix, eux, ont une place. Comment comprendre que tous ses efforts pour maintenir un niveau d'excellence de la 6eme à la Terminale se solde par un tirage au sort ? INADMISSIBLE ! Quand est-ce qu'on privilégiera, au moins, en filiale STAPS les étudiants qui font du sport de haut niveau ? Certains ont une place alors qu'il ne font même pas de sport !! VIVE LA FRANCE.

Merlino.

Bonjour, Je répond à votre mécontentement. Je suis moi même athlète professionnel de Longboard (3 sponsors) j'ai été jusqu'en démi final des championnat du monde, j'ai pratiqué beaucoup d'autres sports et je suis moi même très motivé à vouloir faire STAPS pour m'orienter par la suite dans l'événementiel sportif et j'ai malheureusement pas été prit dans aucune facs de staps. Je suis pourtant un élève motivé mais en filière L. Peut être que ca joue aussi mais je suis du même avis que vous que le tirage au sort ne met pas en valeur les vrais étudiants motivés.

guillaume.

Tirage au sort aussi negatif . Eleve de terminale svt, sport etudes, et rien sur 10 staps. Comment savez vous que des rangs 2 ont été choisis ? Car normalement c etait uniquement des rangs 1. Si c'est le cas, nous porterons l affaire devant les tribunaux

Michel.

Comme certains mon fils est élève en Terminale S option SVT, sportifs associé (et non partenaire d'entrainement..)d'un pole France judo et que des réponses négatives pour entrer en STAPS Le tirage au sort va lui faire intégrer des jeunes qui ne pratiquent pas de sport et qui n'auront pas le niveau en SVT pour suivre ... Vive le tirage au sort au nom de l'égalité des chances.;; Par contre ceux qui veulent l'égalité la veulent ils aussi pour les médecin ou préfèrent ils ceux qui ont fini sen tête des sélection pour les soigner????