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Classement du Times Higher Education 2020 : un bon cru pour la France

Amélie Petitdemange
Publié le
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Classement du Times Higher Education 2020 : un bon cru pour la France
L'université PSL (Paris Sciences et Lettres) conserve la première place française au classement du Times Higher Education. // ©  PSL
Le classement mondial des universités du Times Higher Education est révélé ce mercredi 11 septembre 2019. Cinq nouveaux établissements français entrent au classement, dont le regroupement Université de Paris qui se hisse dans le top 200.

Le classement des meilleures universités au monde réalisé par le Times Higher Education parait ce mercredi 11 septembre pour la seizième année consécutive. 1.396 établissements dans 92 pays ont été classés selon la qualité de leur enseignement (l’environnement d’apprentissage), leur recherche (volume, revenus et réputation), leurs citations (influence des recherches), leurs subventions de l’industrie (transfert des connaissances) et leur internationalisation (personnel, corps étudiant, recherche).

La France opère cette année une belle progression avec 38 établissements cités. Cinq universités et écoles font leur première apparition au classement : l’université de Paris, Télécom Paris, l’école des Mines de Saint-Etienne, l’université Lumière-Lyon 2 et l’université de Tours.

Le regroupement Université de Paris entre au classement

L’université de Paris est le nouvel entrant le plus performant, se hissant directement à la 130e place. Cette apparition éclair dans le classement s’explique par la toute nouvelle création de l’établissement, qui regroupe à la fois l’université Paris-Diderot, classée 194e ex æquo l’année dernière, l’université Paris-Descartes et l’Institut de physique du globe de Paris. L’institution obtient un excellent score en fréquence de citation, bien qu’elle soit à la traîne en termes d’internationalisation.

Lire aussi : Classement mondial des universités : la France tire son épingle du jeu

Télécom Paris (ex-Telecom ParisTech) entre au classement à la 188e place avec d’excellents scores en matière d’internationalisation et de subventions de l’industrie. L’École Polytechnique gagne quant à elle 15 places pour atteindre la 93e position, réintégrant le top 100 pour la première fois depuis 2015. L’école se distingue notamment par son score d’internationalisation.

L’université PSL en tête dans l’Hexagone

Pour la troisième année consécutive, l’institution française la mieux classée est l'université Paris Sciences et Lettres (PSL), même si l’établissement perd quatre places pour finir 45e ex æquo. PSL regroupe notamment Mines ParisTech, Chimie ParisTech, Normale Sup et Dauphine.

"Contrairement à des classements comme celui de Shanghai, le Times Higher Education ne s’attache pas à des données accumulées au fil des années mais aux performances actuelles. Pour une université qui a moins de 10 ans et 17.000 étudiants comme PSL, leurs critères sont favorables. Ils prennent en compte la réputation en recherche, les citations et la qualité de l’enseignement. Or nous sommes une université où la recherche est prépondérante, avec de nombreux enseignants-chercheurs (4.500, NDLR)", explique Alain Fuchs, président de PSL.

Le Times Higher Education ne s'attache pas à des données accumulées au fil des années mais aux performances actuelles.
(A. Fuchs)

Le président de PSL n’a cependant "pas d’objectif vis-à-vis des autres universités françaises". "Nos concurrents sont au-delà des frontières", souligne-t-il. Pour lui, l’ambition doit être nationale, afin de porter le maximum d’universités françaises à ses côtés dans le top 50. "Elles ont vocation à progresser et nous rejoindre. C’est une question de visibilité et d’attractivité : sur les plus de 1.300 établissements classés, les étudiants étrangers regardent les 50 premiers".

Accroître la visibilité internationale

Les regroupements comme celui qui a donné naissance à l’Université de Paris ont notamment été réalisés avec un objectif de visibilité internationale. Telecom Paris a ainsi rejoint la nouvelle entité Institut Polytechnique de Paris (IP Paris) avec Polytechnique, l’Ensae, l’Ensta et Télécom SudParis et comme membre associé, HEC Paris.

L’Université PSL résulte également du regroupement de neuf établissements-composantes. Bien que le décret soit prévu pour les semaines à venir, Times Higher Education a accepté de prendre en compte la nouvelle structure pour son classement.

Ces regroupements en cascade, qui ne sont pas encore pris en compte pour le classement de Shanghai, expliquent en grande partie la remontée de la France dans celui du Times Higher Education. Alors que plusieurs nouveaux regroupements vont être opérés dans les mois à venir, la France devrait progresser davantage dans les prochains classements.

Il faudra ensuite garder ces places, face à des universités internationales de plus en plus performantes, notamment en Asie. "Quand quatre ou cinq universités se seront stabilisées dans les 50 premiers, ce sera un très beau succès. Surtout que nos ressources financières ne sont pas à la hauteur des premières places", souligne le président de PSL.

L'épineuse question des budgets

Selon lui, le cercle vertueux consiste à identifier le potentiel des universités françaises, qui réside notamment dans la recherche. Il faut ensuite attirer de bons étudiants et chercheurs étrangers afin d'accroître la visibilité. Pour mettre en place cette attractivité, "pas de mystère, nous devons augmenter nos ressources", affirme le président de PSL.

Il place bon espoir dans la loi de programmation pluriannuelle de la recherche qui "devrait permettre de résister au décrochage de la science française". Cette loi sera débattue par les parlementaires début 2020 pour une entrée en application début 2021.


Amélie Petitdemange | Publié le

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Gaspard.

" Il faut ensuite attirer de bons étudiants et chercheurs étrangers afin d'accroître la visibilité" Avant de chercher à capter des chercheurs étrangers, il faudrait déjà être capable de retenir les doctorants français, ce qui loin mais alors très très loin d'être le cas. Nombre de postes ouverts beaucoup trop faible et salaires ridicules pour le niveau d'étude. J'ai du mal à voir comment la France pourra rester une grande puissance avec un budget de recherche aussi ridicule.

bruno_bd.

S'il fallait une preuve de l'inutilité de ces classements, elle est donnée ici : les regroupements permettent d'y progresser mais ils ne changent pas d'un iota l'employabilité et la qualité des formations et/ou de la recherche qui sont menés dans les établissements... si tant est même qu'ils ne les dégradent pas.

Frida.

Et l'Université Paris-Saclay ? Notre Silly-Con Vallée à la française ??!