International : comment évolue la mobilité étudiante vers la France ?

Séverine Mermilliod
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L'accueil des étudiants étrangers à la cité universitaire de Paris.
L'accueil des étudiants étrangers à la cité universitaire de Paris. // ©  Nicolas Tavernier/REA
INFOGRAPHIES - Campus France a publié cet été un rapport sur la mobilité étudiante dans le monde et en France. Dans un contexte de pandémie, cette dernière a finalement peu baissé dans l’Hexagone. Le pays accueille surtout des étudiants du Maroc, d’Algérie, de Chine, d’Italie et du Sénégal.

L'Union européenne est la première région d’accueil des étudiants en mobilité, selon le dernier rapport de Campus France sur la mobilité étudiante. Les principaux pays d’accueil, eux, sont les Etats-Unis, l’Australie, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Russie, le Canada et la France en septième position.

Une baisse contenue des mobilités pendant la crise sanitaire

Dans un contexte de pandémie, le nombre d’étudiants arrivant en mobilité en France a baissé entre 2019 et 2020 ; mais cette baisse est restée contenue, –1% seulement entre 2021 et 2019.

De plus, le nombre de visas pour études délivrés en 2021 est même supérieur à 2019 de 3%. Au total, le nombre d’étudiants étrangers inscrits en France atteint 365.000, soit 18% de plus qu’il y a cinq ans. Avec cette augmentation, 13 étudiants sur 100 en France sont désormais des étudiants en mobilité.

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Origine des étudiants étrangers inscrits en France

En cinq ans, le nombre d'étudiants venus d’Afrique subsaharienne a fortement augmenté (+41%) : il s'agit "principalement d'étudiants sénégalais (+62%), ivoiriens (+65%) et congolais (+62%)", note Campus France.

Le nombre d'étudiants qui a le plus baissé concerne le Japon (-41%), pays d'ailleurs toujours en grande partie fermé aux touristes. Dans le détail, les principaux pays de provenance des étudiants étrangers en France sont le Maroc, l’Algérie, la Chine, l’Italie et le Sénégal.

La Chine passe derrière l’Algérie, probablement en raison de la pandémie, "tandis que la Tunisie perd deux places et se retrouve 6e", présente le rapport.

Derrière la zone "Afrique du Nord/Moyen-Orient", les étudiants provenant de l'Union européenne représentent quant à eux un quart de l'effectif. Parmi eux, ce sont les Portugais (plus du double en cinq ans), les Italiens (près du double) et les Espagnols (+32%) dont le nombre progresse le plus.

Les mobilités d'étudiants bulgares sont celles qui diminuent le plus (-34%), devant celles d'Allemagne et de Pologne (-18% et –17%). Sans doute en raison du Brexit, le Royaume-Uni envoie aussi moins d'étudiants, passant de la 20e à la 30e place des pays qui envoient le plus d'étudiants en France entre 2015 et aujourd'hui.

Quand la mobilité internationale devient virtuelle

L'université accueille 66% des étudiants internationaux

Les deux tiers des étudiants étrangers qui viennent suivre un cursus en France sont inscrits à l’université (66%). Le tiers restant étudie en écoles de commerce (13%, mais en très forte progression depuis cinq ans), en écoles d’ingénieurs (8%) ou sont en formation dans des lycées (notamment en prépas, 5%).

Les étudiants internationaux sont aussi surreprésentés en doctorat par rapport aux étudiants français (9% des étudiants étrangers sont doctorants contre 2% des étudiants français).

Quant aux filières les plus attractives pour les étudiants étrangers, elles sont avant tout scientifiques (33%), juste devant les humanités (arts, lettres, langues, et sciences sociales (30%). Les filières de santé sont celles qui attirent le moins (7% des étudiants étrangers).

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Certaines régions plus attractives

Enfin, les étudiants étrangers qui viennent suivre un cursus en France semblent privilégier certaines régions. Le top 5 est composé de l’Île-de-France (34%), l’Auvergne-Rhône-Alpes (12%), l’Occitanie (9%), le Grand-Est (9%) et les Hauts-de-France (7%). Le Centre-Val-de-Loire est la région qui en accueille le moins.

Répartition des étudiants étrangers par région.  // © Campus France
Répartition des étudiants étrangers par région. // © Campus France

Côté académies, les progressions les plus importantes sont constatées dans les académies de Reims (+40%), Versailles (+37%), Aix-Marseille (+33%), Rennes (+30%) et Clermont-Ferrand (+30%). Les académies qui semblent moins attirer sont celles de Poitiers (+1%), Paris (+5%) et Lyon (+9%).


Séverine Mermilliod | Publié le