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Des départements universitaires pour accueillir les sciences infirmières

Martin Rhodes
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Vers la généralisation de la création d'un département de sciences infirmières pour sceller la collaboration IFSI-université.
Vers la généralisation de la création d'un département de sciences infirmières pour sceller la collaboration IFSI-université. // ©  plainpicture-Kai Peters
Afin de coordonner et développer leur partenariat avec les IFSI (instituts de formation en soins infirmiers), des universités ont créé les premiers départements en sciences infirmières. Une initiative qui devrait s'étendre dans le cadre de l’universitarisation des formations paramédicales et de maïeutique.

La création d’un département entièrement dédié à une discipline longtemps absente de l’université n’arrive pas tous les jours. L’UFR (unité de formation et de recherche) santé d’Angers créera son DUSI (département universitaire de sciences infirmières) avant la fin du mois de novembre, suivant ainsi l’exemple des universités Aix-Marseille, Paris-Diderot et Paris-Descartes, qui se sont respectivement lancées dans l’aventure en 2011, 2012 et 2014.

Cette structure pédagogique et administrative coordonnera les trois IFSI que compte le département du Maine-et-Loire, à savoir ceux de Cholet, Angers et Saumur. Elle s’inscrira dans la continuité d’un partenariat entamé en 2009, année depuis laquelle les écoles d’infirmiers doivent obligatoirement passer une convention avec la région et une université pour pouvoir délivrer le diplôme d’État valant grade de licence.

Dans le cadre du rapprochement en discussion des deux universités implantées dans la Région Pays de la Loire, les deux IFSI aujourd’hui rattachés à l’université du Mans (ceux de Sarthe et Mayenne) pourraient, à terme, eux aussi intégrer le DUSI angevin.

Partage des ressources pédagogiques

Pourquoi les UFR santé créent-elles de tels départements, attendu que les IFSI sont, et a priori resteront, les principaux lieux de formation des infirmiers ? "La mise en place d’une structure à la fois physique et officielle, s’est très vite révélée indispensable pour faire travailler ensemble pas moins de dix instituts franciliens géographiquement éloignés les uns des autres, et jusqu’alors autonomes", confie Martine Novic, directrice de l’IFSI d’Argenteuil, et directrice-adjointe du DUSIR Paris-Diderot ["R" pour rééducation, car le département intègre les formations de pédicure-podologue et masseur-kinésithérapeute].

"Les IFSI et l’université mutualisent plus facilement leurs ressources et leurs savoir-faire pédagogiques au sein d’un département commun", ajoute Nicolas Lerolle, le doyen de la faculté de santé d’Angers. La convention qui préfigure l’élaboration du DUSI a ainsi permis de recruter, pour l’ensemble des instituts, un ingénieur pédagogique chargé de l’offre de formation en ligne.

Lire aussi. Se réinventer ou disparaître, le défi des prépas santé

Pour Philippe Berbis, le vice-doyen en charge de l'universitarisation des professions paramédicales à la faculté de médecine de Marseille, le DUSI (16 IFSI à Marseille) a aussi pour objectif de "développer la complémentarité des futurs soignants, au travers de rencontres ou de cours communs". Outre le service sanitaire, la mission de prévention et de promotion de la santé commune aux étudiants de la filière, les départements en sciences infirmières participent à la mise en place d’exercices de simulation (une ponction lombaire réalisée par un binôme infirmier-médecin, par exemple).

"L’objectif de ces jeux de rôle est de former des médecins qui reconnaissent les spécificités des infirmiers, et inversement. Il y a encore beaucoup de travail à faire en termes de reconnaissance mutuelle des professionnels de santé", précise Nicolas Lerolle. Pour le doyen de la faculté d’Angers, ce changement de mentalité ne pourra s’opérer que si les équipes pédagogiques des IFSI et des universités se montrent elles-mêmes capables de collaborer.

Les premiers maîtres de conférence en sciences infirmières

Dans le cadre de l’universitarisation des formations paramédicales et de maïeutique, d’autres projets similaires à ceux des universités Paris-Diderot et Aix-Marseille devraient voir le jour dans les mois et les années à venir. Les doyens avec lesquels nous avons pu échanger tiennent toutefois à préciser que la création d’une telle entité n’est pas toujours évidente.

Les acteurs impliqués sont nombreux (centres hospitaliers gestionnaires des IFSI, agence régionale de santé, université et conseil régional), et les intérêts parfois divergents. "Les IFSI doivent s’entendre entre eux, puis avec une université. La région peut également rechigner à perdre un peu de son influence sur les instituts qu’elle subventionne", observe Nicolas Lerolle, le doyen d’Angers.

Les universités à l'initiative de ce mouvement comptent bien poursuivre leur petit bonhomme de chemin. Angers et Paris-Diderot, par exemple, projettent toutes deux de recruter, d’ici à 2020, les premiers maîtres de conférence en sciences infirmières.

Cette discipline – ainsi que la "maïeutique" et les "sciences de la réadaptation" – devrait très prochainement être ajoutée, par arrêté du ministère de l’Enseignement supérieur, à la liste des sections du Conseil national des universités (instance chargée de faire concourir les candidats aux postes d’enseignant-chercheur). De nouvelles perspectives s’offriront ainsi aux étudiants en soins infirmiers, à savoir un doctorat, puis l’enseignement et la recherche.


Martin Rhodes | Publié le

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