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Edhec : Emmanuel Métais vise le "top 10 européen"

Cécile Peltier
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Accueil admissibles 2017 sur le campus de l'Edhec à Lille.
Pour le plan stratégique 2017-2020, l'Edehec mettra l'accent sur l'"expérience étudiante". // ©  Cécile Peltier
Innovation pédagogique, entrepreneuriat et international. Tels seront les trois grands axes du futur plan stratégique d'Emmanuel Métais, qui prendra officiellement la direction générale de l'Edhec le 1er août 2017. Il succédera à cette fonction à Olivier Oger.

Je suis content de passer le relais. Emmanuel [Métais] a été choisi parce qu'il était le meilleur [...] au terme d'un processus concurrentiel, ce qui renforce sa position. C'est une fierté : cela prouve aussi qu'il y a des talents en interne", s'est félicité Olivier Oger, en introduisant, jeudi 29 juin 2017, celui qui prendra officiellement sa suite à la direction générale de l'Edhec à compter du 1er août.

Malgré cette confiance, Emmanuel Métais a bien conscience qu'il faut "un petit grain de folie" pour accepter ce poste. "La succession ne sera pas facile : l'école est en bonne santé et il faudra trouver des moyens de progresser", a plaisanté le futur directeur général, dans la maison Edhec depuis vingt ans.

Pour l'instant, du moins, il n'est pas question de tuer le père. Emmmanuel Métais s'appuiera sur les recettes ayant fait la réussite de l'école sous le mandat d'Olivier Oger – une recherche au service des entreprises (Edhec for business) et un portefeuille de programmes diversifiés progressivement ouvert à la formation continue – pour continuer de développer l'école dans un "monde en plein bouleversement".

"Nous sommes en train de passer d'un enseignement type 'théâtre classique', avec une unité de temps, de lieu et d'action à un 'enseignement Nintendo', omnicanal et omnimodal, où l'on apprend partout et tout le temps, avec sa tête, mais aussi avec son corps, son cœur..." analyse Emmanuel Métais.

10 millions pour l'expérience étudiante

Pour prendre ce tournant, dans le cadre de son prochain plan stratégique 2017-2020 élaboré à partir de l'automne, l'Edhec mettra l'accent sur "l'expérience étudiante", déterminante sur un marché hyperconcurrentiel. Objectif notamment : "structurer" et "canaliser" l'innovation pédagogique. Une direction dédiée, pilotée par Anne Zuccarelli, actuelle directrice des relations entreprises et carrières de l'école, réunira l'ensemble des services aux étudiants (vie étudiante, carrière, laboratoire d'innovation pédagogique...).

L'école de management investira 10 millions d'euros en trois ans pour rénover ses salles de classe, s'équiper en matériel (plate-forme d'apprentissage...) et développer son laboratoire d'innovation pédagogique. "Nous l'avons incubé, maintenant, il doit passer au stade industriel", résume Emmanuel Métais. 

Nous sommes en train de passer d'un enseignement type 'théâtre classique', avec une unité de temps, de lieu et d'action à un 'enseignement Nintendo', omnicanal et omnimodal.
(E. Métais)

En parallèle, l'Edhec renforcera son action en faveur de l'entrepreneuriat et de l'innovation. Un secteur-clé pour l'établissement. L'école, qui a incubé 150 entreprises depuis la création de son incubateur et qui emménagera dans les prochains jours à la Station F, devrait annoncer à la rentrée "un investissement assez lourd en partenariat avec une grande entreprise française". 

Intégrer le top 10 des business schools européennes

Il s'agit enfin de passer à la vitesse supérieure en matière d'internationalisation. "Nous sommes l'une des seules écoles françaises dont le cycle master est 100 % en anglais, ce qui nous a déjà permis d'accueillir environ 40 % d'étudiants étrangers", note Emmanuel Métais.

Tous programmes confondus, l'Edhec vise 50 % des étudiants internationaux d'ici à trois ans. Ces dernières années, l'établissement multicampus a investi dans un réseau d'ambassadeurs à l'international. La nouvelle direction internationale, dirigée par Richard Perrin, aura notamment pour mission d'étendre ce réseau.

Elle devra également trouver un partenaire académique de renom au Global MBA, sur le modèle des liens noués avec Berkeley dans le cadre du master grande école, ou de l'UCLA (Université de Californie, Los Angeles) pour le Global BBA.

Pour des raisons pédagogiques et économiques, Olivier Oger n'était pas favorable à l'envoi d'étudiants sur ses campus étrangers (Londres et Singapour), réservés à la recherche ou la formation continue. Une ligne qui n'a pas vocation à bouger pour le moment.

Avec ce plan, l'idée est de se hisser d'ici cinq à sept ans dans le top 10 européen du classement général du "Financial Times" : "Si on continue sur la trajectoire de succès d'Olivier Oger, il n'y a pas de raison de ne pas y arriver", souligne Emmanuel Métais.

Pas d'augmentation des frais de scolarité cette année

Même si Olivier Oger estime cette performance accessible sans un saut important en matière de budget, ce dernier devrait croître dans les années qui viennent. La nouvelle équipe jouera-t-elle sur les frais de scolarité qui représentent aujourd'hui un peu plus de la moitié de ce budget ?

"Lorsque nous avions pris la décision, il y a deux ans, d'augmenter nos frais de scolarité, nous nous étions engagés à ne pas y toucher pendant trois ans. Après, on avisera en fonction de la concurrence, mais nous avons appris à vivre sans subvention", répond Emmanuel Métais.

Lorsque nous avions pris la décision, il y a deux ans, d'augmenter nos frais de scolarité, on s'était engagé à ne pas y toucher pendant trois ans.
(E. Métais)

"Garder Olivier [Oger] pas loin"

Le passage de flambeau et la réorganisation des services se sont accompagnés d'un jeu de chaises musicales. Alessia Di Domenico, responsable du career centre du BBA Edhec, a récemment succédé à Olivier Oger à la tête du programme. Michelle Sisto, qui dirigeait depuis 2015 le Global MBA de l'école, a quant à elle remplacé Emmanuel Métais en tant que directrice de la grande école et des Masters of Science.

Enfin, si Emmanuel Métais prend officiellement son poste le 1er août, Olivier Oger restera salarié de l'école jusqu'au 31 décembre, afin d'assurer la passation des dossiers. "Après cette date, nous essayerons de garder Olivier pas loin, mais il ne le sait pas encore..." sourit Emmanuel Métais.

"Les concours traditionnels à la française sont dépassés"
Alors qu'il s'apprête à donner les clés de la maison à Emmanuel Métais, Olivier Oger se fait plus direct : "Les concours traditionnels à la française sont dépassés", a ainsi lâché le patron de l'Edhec à l'occasion de la conférence de presse de présentation de successeur, le 29 juin 2017.

C'est notamment cette conviction qui a conduit la modernisation à l'automne dernier, du recrutement du concours Pass (Kedge, Neoma, Edhec, Inseec). Le traditionnel dossier papier a été remplacé par un dossier en ligne, avec vidéos intégrées. Une expérience concluante assure l'Edhec, qui observe une montée en gamme des dossiers, malgré une légère diminution du nombre de candidatures par rapport à l'année passée."Le candidat doit raconter sa vie, faire des petites vidéos, c'est plus compliqué et a peut-être découragé les candidats les moins motivés", conclut Olivier Oger.

Reste à voir si finalement, ces candidats qui pourraient aussi être attirés par des prépas ou d'autres écoles de commerce postbac, choisiront le BBA Edhec.

Cécile Peltier | Publié le

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