Égalité femmes-hommes : où en sont les grandes écoles en 2021 ?

Violaine Cherrier, Dahvia Ouadia
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Égalité femmes-hommes : où en sont les grandes écoles en 2021 ?
La féminisation des effectifs et des personnels reste à améliorer dans les grandes écoles. // ©  LStockStudio/Adobe Stock
Alors que la question de l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur est toujours d’actualité, la CGE fait le point sur le sujet dans la 6e édition de son baromètre. Où en sont les grandes écoles en 2021 ? Décryptage.

La question de l’égalité femmes-hommes est toujours un enjeu dans le supérieur. Au sein des grandes écoles, il reste de taille notamment pour les écoles d’ingénieurs qui peinent à recruter des jeunes femmes. Dans son 6e baromètre égalité femmes-hommes, publié en février 2021, la CGE (Conférence des grandes écoles) fait le point sur la situation pour les grandes écoles.

Féminisation des effectifs : les écoles d’ingénieurs toujours à la traine

Premier constat : les écoles ne sont pas égales entre elles dans la féminisation de leurs effectifs étudiants. Ainsi, les écoles de commerce atteignent la parité avec 50% d’étudiantes (contre 48,9% en 2019). De leur côté, les écoles d’ingénieurs n’accueillent que 32,8% de jeunes femmes sur leurs bancs, soit un chiffre stable par rapport à 2019.

Autre facteur d’inégalité : la spécialité. Là aussi, les écoles d’ingénieurs présentent les variations les plus importantes avec des taux de féminisation compris entre 11,3% et 78,4% selon le cursus. Un écart important qui montre les progrès que ces écoles doivent encore fournir pour féminiser leurs formations.

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Salaire : les écarts de salaires moins importants dans les écoles d'ingénieurs

Les inégalités d'emploi et de salaire entre les femmes et les hommes se creusent dès la sortie de l’école, et ce quelle que soit la filière. En effet, le taux net d’emploi, la part de contrats à durée déterminée, l’accès au statut de cadre, et le niveau de salaire brut annuel moyen (avec ou sans prime) sont autant d’indicateurs qui témoignent d’un accès à l’emploi genré.

Sur ce dernier point, les jeunes diplômées managers sont moins bien loties que leurs homologues ingénieures. À la sortie d’une école de commerce, elles gagnent en moyenne 33.792 euros contre 35.885 euros soit 3.099 euros de moins que les jeunes hommes.

A l’inverse, en école d’ingénieurs l’écart est moindre : les jeunes ingénieurs touchent en moyenne 2.000 euros de moins que leurs homologues masculins – soit 35.338 euros pour les femmes contre 38.437 euros.

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Mixité du personnel : une égalité contrastée

La mixité des établissements est aussi un objectif des plans égalité des établissements membres de la CGE. Et sur ce point, la réalité est contrastée. Déjà entre établissements publics ou privés, la part des femmes et des hommes n'est pas la même. Ainsi, si dans les établissements publics, les hommes sont majoritaires (53,4%), les femmes sont majoritaires dans les établissements privés (57%).

Les femmes restent par ailleurs majoritairement minoritaires dans les instances de direction, toutes écoles confondues. Le taux de féminisation moyen est de 31% dans les conseils d'administration, de 37% dans les comités exécutifs et de 35% dans les comités de direction.

Les inégalités sur les bancs des écoles restent encore très marquées et tendent à se reproduire une fois diplômés. Toutefois, les établissements membres de la CGE se sont emparés de la question et luttent activement en vue de réduire les inégalités professionnelles liées au genre.

Les actions en faveur de l’égalité
Près de la moitié des établissements (46,8%) ont formalisé une stratégie pour l’égalité femmes-hommes dans leur établissement… Parmi les actions mises en place figurent notamment le mentoring et le coaching notamment à destination des étudiants. La lutte contre le sexisme et les violences sexuelles est aussi au centre de nombreuses initiatives. Deux tiers (66,2%) des établissements disposent ainsi d'une cellule dédiée aux situations de harcèlement sexuel ou de comportements sexistes.


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