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ESR : l’entrepreneuriat fait toujours recette

Éléonore de Vaumas
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ESR : l’entrepreneuriat fait toujours recette
Comme à emlyon, 79% des écoles de management et 56% des écoles d'ingénieurs possèdent au moins un incubateur. // ©  Stephane AUDRAS/REA
En quelques années, les incubateurs de l’enseignement supérieur sont devenus des fondamentaux du processus de décision des étudiants pour choisir une formation. Les établissements ont tout intérêt à varier leur accompagnement pour attirer les meilleurs éléments.

Un simple coup d’œil sur le site d’emlyon business school suffit pour prendre la mesure de l’importance donnée à l’entrepreneuriat étudiant. Très loin d’être un cas isolé, l’école de management lyonnaise assume ce choix stratégique. "Notre capacité à accompagner les porteurs de projet fait partie de notre ADN. Quelle image renverrions-nous si nous ne mettions pas en avant nos compétences en la matière auprès de nos étudiants ?", arraisonne Alexander Bell, directeur de l’incubateur rattaché à l’école.

Comme emlyon, 79% des écoles de management et 56% des écoles d’ingénieurs en France possèdent au moins un incubateur. Et pour le valoriser, elles ne sont pas les dernières. "C’est indéniablement un argument important en termes de communication, confirme Sébastien Tran, directeur de l’EMLV. Cela nous permet de mettre en avant des success story d’étudiants et ainsi d’apporter la preuve concrète de notre valeur ajoutée."

Des étudiants exigeants

Véritable vitrine pour les écoles, les incubateurs légitiment leur positionnement dans un marché de plus en plus compétitif. "Face à la concurrence, ce sont les services offerts en matière d’entrepreneuriat qui peuvent déclencher le choix d’un établissement plutôt qu’un autre, et les étudiants le savent puisqu’ils n’hésitent pas à scruter et analyser la performance des incubateurs rattachés à l’ESR", reconnaît le directeur de l’incubateur d’emlyon.

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"Certaines écoles ont accès à des services qui n’ont rien à envier à ceux proposés à des entreprises dans d’autres pépinières, estime, pour sa part, Anne Lichtenberger, animatrice du groupe de travail Entrepreneuriat et innovation de la CGE. Elles ont donc tout intérêt à surfer dessus pour attirer les candidats." Il faut reconnaître en effet que le taux de pérennité de leurs entreprises incubées, qui frôle 80% à trois ans selon les résultats de la dernière enquête de la CGE en 2017, leur est particulièrement favorable.

L’incubateur : une excellente école

Ce n’est toutefois pas sur ce chiffre ni sur le pourcentage d’étudiants susceptibles de créer leur entreprise en sortie d’études (5,3%, toujours selon la CGE) qu’elles concentrent leurs efforts d’attractivité, mais bien sur l’ensemble d’une génération qui a pris conscience de la nécessité d’intégrer le fait entrepreneurial comme une composante de sa carrière. Pour rester à la page, les écoles et les universités doivent donc être en mesure d’offrir à tous la possibilité d’expérimenter la démarche entrepreneuriale. Un créneau que les incubateurs universitaires ont investi à 100%. "Quelle que soit l’issue de l’accompagnement, les élèves auront acquis un maximum de nouvelles compétences entrepreneuriales – les fameuses soft skills –, qu’ils pourront valoriser sur un CV tout au long de leur parcours professionnel. L’incubateur est une excellente école", prêche Alexandre Savin, responsable du Ubeelab à l’Université de Bordeaux.

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Entreprendre toujours plus tôt

Une excellente école, certes, mais qui doit toutefois composer avec une autre tendance forte, à savoir un public d’étudiants désireux d’entreprendre de plus en plus tôt. "Il y a encore deux ou trois ans, les personnes qui voulaient se lancer dans un projet de création d’entreprise le faisaient à partir de la quatrième ou cinquième année d’études. Or, désormais, ils arrivent à l’école avec un projet en tête qu’ils veulent pouvoir tester en parallèle de leur cursus. Il faut donc des gens capables d’adapter les contenus et les séminaires pour les accompagner", observe Sébastien Tran, directeur de l’EMLV.

De son côté, la CGE s’organise pour tenter de valoriser cette activité dans les grandes écoles. Elle a ainsi été à l’origine, depuis 2017, d’une étude, d’une cartographie et d’un tableau de bord dédiés à cette problématique. Quant à établir des classements spécifiquement dédiés aux incubateurs académiques, si d’autres s’y sont risqués, Anne Lichtenberger, responsable de l’incubateur des Mines d’Alès, le déconseille fortement : "Nous évoluons dans des contextes territoriaux radicalement différents, avec des typologies d’activités qui nous sont propres. On ne peut pas comparer ce qui n’est pas comparable."


Éléonore de Vaumas | Publié le

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dossou dahvaudou.

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