Gouvernement : Nicole Belloubet nommée ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse

Agnès Millet Publié le
Gouvernement :  Nicole Belloubet nommée ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse
Nicole Belloubet, a été nommée ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse le 8 février. // ©  Romain GAILLARD/REA
Le 8 février 2024, Nicole Belloubet est nommée ministre de l'Éducation nationale, à l'occasion d'un remaniement ministériel, complétant celui du 11 janvier. Amélie Oudéa-Castéra laisse donc son portefeuille après un mois seulement passé rue de Grenelle.

Après quelques semaines difficiles et deux manifestations nationales des enseignants, Amélie Oudéa-Castéra n'est donc plus ministre de l'Éducation nationale. Alors que le gouvernement devait être complété depuis les nominations annoncées le 11 janvier, l'exécutif a choisi de modifier la donne côté Education nationale.

Désormais, c'est donc Nicole Belloubet, ancienne garde des Sceaux d'Emmanuel Macron (2017-2020) qui devient ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, tandis qu'Amélie Oudéa-Castera conserve son portefeuille de ministre des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques.

Une annonce qui pourra – peut-être – apaiser quelque peu la communauté éducative, insatisfaite du précédent portefeuille trop large accordé à Amélie Oudéa-Castéra, en pleine année olympique, puis irritée par des déclarations de la ministre et des révélations dans les médias sur la scolarité de ses enfants dans le privé.

Nicole Belloubet, ancienne professeure des universités et rectrice, au ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse

La nomination de Nicole Belloubet n'était pas attendue. Un temps, la rumeur se faisait l'écho de l'arrivée de François Bayrou qui a fait savoir qu'il ne souhaitait pas rejoindre le gouvernement en raison de désaccords avec la majorité.

Titulaire d'un doctorat (université Panthéon-Sorbonne) et agrégée en droit, Nicole Belloubet a exercé comme professeure de droit. Elle a également été rectrice de l'académie de Limoges de 1997 à 2000, puis de celle de Toulouse entre 2000 et 2005.

Elle est entrée en politique par un engagement local, en étant première adjointe au maire de Toulouse, de 2008 à 2010, puis conseillère régionale de Midi-Pyrénées et première vice-présidente du conseil régional de Midi-Pyrénées (2010-2013).

À cette date, elle est nommée membre du Conseil constitutionnel et ce jusqu'en 2017, date à laquelle elle devient ministre de la Justice d'Emmanuel Macron, dans le gouvernement d’Édouard Philippe.

L'Education nationale, c'est mon milieu d'origine par vocation, par passion pour le plus noble des métiers, celui d'enseigner". N. Belloubet lors de sa prise de fonction

Lors de sa prise de fonction et de la passation avec Amélie Oudéa-Castéra, le 9 février, Nicole Belloubet souhaite mettre en avant sa connaissance profonde du sytème éducatif.

"L'Education nationale, c'est mon milieu naturel, mon milieu d'origine. Par ma profession, tout d'abord, puisque je suis professeure. Par les différentes fonctions que j'ai eu l'occasion d'exercer comme rectrice d'académie à Limoges et Toulouse et vice-présidente de la région Midi-Pyrénées où j'étais en charge de l'éducation pendant trois années. L'Education nationale, c'est mon milieu d'origine par vocation, par passion pour le plus noble des métiers, celui d'enseigner".

Sarah El Haïry et Frédéric Valletoux nommés ministres délégués

Ce 8 février, Sarah El Haïry est également nommée ministre déléguée chargée de l'Enfance, de la Jeunesse et des Familles, auprès de la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, de la ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse et du garde des Sceaux, ministre de la Justice.

Elle avait déjà occupé les fonctions de secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et du service national universel de 2022 à 2023, puis de secrétaire d'État chargée de la biodiversité, de 2022 à 2023.

De son côté, Frédéric Valletoux est nommé ministre délégué chargé de la Santé et de la Prévention, auprès de la ministre du Travail, de la santé et des solidarités. Il a donc la charge de seconder Catherine Vautrin sur cet important volet qui constitue, selon les gouvernements, un ministère de plein exercice. En 2023, alors député Horizons, Frédéric Valletoux a notamment été à l'origine d'une loi en faveur de l’hôpital public.

Les autres ministères liés à l'Education et à l'enseignement supérieur

En revanche, l'incertitude demeure quant à la fonction de ministre déléguée chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels. Le 8 février, en amont du second remaniement, Carole Grandjean annonçait quitter sa fonction.

Par ailleurs, d'autres confirmations concernent directement l'éducation nationale et l'enseignement supérieur. En effet, plusieurs grandes écoles et établissements sont placées sous la double tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche – pour lequel Sylvie Retailleau est de nouveau confirmée – et d'un autre ministère dit "technique".

Sont donc confirmés, après leur nomination le 11 janvier :

  • Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des Finances, de la Souveraineté industrielle et numérique.

    Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités.

    Marc Fesneau, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.

    Sébastien Lecornu, ministre des Armées.

    Rachida Dati, ministre de la Culture.

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