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Rentrée : les universités doivent pousser leurs murs

Guillaume Mollaret, Laura Taillandier
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Université Paul Valéry Montpellier 3 - ©C.Stromboni - avril 2014 (7)
Avec moins de 2 m2 par étudiant, les universités Paul-Valéry et Panthéon Sorbonne cherchent de nouveaux locaux. // ©  C.Stromboni
Avec la hausse du nombre d'étudiants, les universités doivent trouver de nouveaux locaux. Comme Panthéon-Sorbonne ou Paul-Valéry à Montpellier qui entre dans la phase pratique de l’opération Campus avec quelque 80 millions d'euros de crédit à investir dans son patrimoine.

Avec un ratio de 1,5 m2 de locaux par étudiant, les 21.000 apprenants, et 2.500 professionnels intervenants à l’université Paul-Valéry (Montpellier 3), sont quelque peu à l’étroit sur leur campus. Et ce ne sont pas les dernières données d’inscription en première année de licence qui vont arranger les choses…

"Au 31 août, nous comptions 5.840 inscrits en première année contre 5.520 en 2017. Par ailleurs, nos masters enregistrent une hausse des demandes d’inscription de 20 à 25 %”, illustre Patrick Gilli, le président de cette université spécialisée dans les lettres et les sciences humaines, lors de la conférence de presse de rentrée le 13 septembre 2018.

Des universités "sous-dotées"

Ainsi, Montpellier 3 se satisfait "sans triomphalisme, du geste politique fort de ne pas avoir pratiqué de politique sélective à l’entrée puisque l’ensemble des étudiants ayant émis le souhait de s’inscrire chez nous ont pu le faire". En effet, dans l’académie de Montpellier – qui compte quatre universités – moins de 60 bacheliers n’ont pas trouvé d’affectation.

La rentrée est-elle pour autant pleinement satisfaisante à Paul-Valéry ? Pas vraiment, à écouter son président. "Du point de vue des locaux partagés, cela reste tendu car nous sommes sous-dotés en espace construit", reconnaît Patrick Gilli, qui envisage de loger certains cours dans des préfabriqués.

Du point de vue des locaux partagés, cela reste tendu car nous sommes sous-dotés en espace construit.
(P. Gilli)

Pour pallier ces difficultés, l’université va bientôt engager des chantiers qui doivent augmenter son patrimoine immobilier. "Les premiers travaux liés à l’opération Campus [pour laquelle l’université dispose de financements d’environ 80 millions d’euros] vont bientôt entrer dans leur phase pratique. Cependant, pour avoir des salles de cours en plus, il faudra attendre 2023 et le déménagement de l’actuelle bibliothèque universitaire pour récupérer ses 11.000 m2 et les convertir en espaces d’enseignement", détaille Pascal Chevalier, le vice-président en charge du patrimoine.

Lire aussi. Première rentrée post-Parcoursup : une année test dans les universités

Autre université, même constat. Lors de la conférence de presse de rentrée, vendredi 14 septembre, le président de l'établissement Panthéon-Sorbonne Georges Haddad pointe ainsi "le défi de Paris 1", qui a ouvert 680 nouvelles places en L1 pour répondre aux 100.000 candidatures sur Parcoursup.

Si des scénarios avaient été envisagés pour accepter un plus grand nombre d'étudiants, "les contraintes immobilières et financières, mais aussi d'encadrement humain entravent aujourd'hui fortement les possibilités d'accueil. Nous sommes l'université la moins bien dotée, avec moins de 2 m2 par étudiant", affirme son président.

Avec 25 sites répartis dans Paris intramuros et en Île-de-France, l'université se dit en "quête de nouveaux espaces". Deux ouvertures de sites sont prévues : la première au Campus Condorcet en juin 2019 à Aubervilliers et la seconde au Campus de Lourcine pour la rentrée 2019, une ancienne caserne réhabilitée pour un coût global de 33,42 millions d’euros, dont 27 millions financés par l’État au titre du Plan Campus Paris et 6,42 millions par la région Île-de-France. "Je compte sur l'État", glisse le président de l'université, qui entend "fongibiliser" le moins possible.

Blocage : les réparations effectuées

Les deux universités ont également été confrontées aux réparations des locaux qui avaient été dégradés au cours des blocages ayant eu lieu pendant les manifestations anti-loi ORE. Même si celles-ci ont été prises en charge par l'État. À hauteur de 1,7 million d'euros à Paris-1 – pour prendre en compte les frais de délocalisation des examens, de gardiennage, de primes aux personnels et de sécurisation de la salle informatique –, et de 750.000 euros à Paul-Valéry.

"Cette prise en charge concerne uniquement les coûts directs car malheureusement, certaines conséquences en termes d’image ou vis-à-vis de personnes en reprises d’études ne sont pas encore mesurées ou mesurables", affirme Patrick Gilli. Sa vice-présidente chargée des relations internationales, Anne-Marie Motard, se veut rassurante : "Grâce à une information permanente de nos partenaires internationaux, le nombre d’étudiants en mobilité internationale n’a pas baissé."

Et pour cette nouvelle année de mise en œuvre de la réforme, l'université Paris-1 se dit, elle aussi, confiante. "Nous avons un an pour appliquer l'arrêté licence. Cette fois, l'espace de temps sera suffisant pour mener la concertation avec les étudiants, travailler avec eux, relève Alice Le Flanchec, la vice-présidente formation. Rien n'est encore acté."


Guillaume Mollaret, Laura Taillandier | Publié le

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mal_pensant.

En fait il faudrait des universités avec des murs élastiques, car les effectifs des étudiants présents s'étiolent rapidement au cours du premier semestre...

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