Newsletter

Manifestation contre l’austérité à l’université : tous ensemble

Camille Stromboni
Publié le
Envoyer cet article à un ami
La manifestation parisienne des universitaires le 11 décembre s'est terminée au Panthéon, avec un mur de la précarité dressé par les étudiants, les enseignants et les chercheurs.
Une intersyndicale de l'enseignement supérieur et de la recherche appelle à une mobilisation le 16 octobre à Paris. // [Manifestation du 11 décembre 2014 devant le Panthéon] // ©  Camille Stromboni

Les organisations représentatives de la communauté universitaire, réunies en intersyndicale, appellent à manifester le 16 octobre, contre le manque de moyens dans l’enseignement supérieur et la recherche. Elles espèrent voir les présidents d'université s’engager à leurs côtés.

CGT, FSU, CFDT, SNPTES, Unsa, Sud, Unef, Fage, Solidaires, Sciences en marche… L’ensemble des syndicats et des collectifs de l’enseignement supérieur et de la recherche appelle à la mobilisation le 16 octobre 2015. Le mot d’ordre : en finir avec l’austérité qui touche le secteur, alors que le nombre d’étudiants sur les bancs des universités augmente, avec 40.000 jeunes de plus à la rentrée 2015. Des étudiants et des personnels se sont déjà mobilisés le 8 octobre, au sein des manifestations organisées pour défendre le service public.

CONVERGENCE

"Cette convergence des revendications est très importante, pointe Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen-CFDT. Tout le monde, même le secrétaire d'Etat, pose le même diagnostic et reconnaît qu’il faut des moyens en plus. Mais cela ne se traduit toujours pas dans les faits !" Les premières annonces sur le budget 2016 de l’enseignement supérieur et de la recherche ont en effet fortement déçu, et il s'agit désormais de "peser sur les discussions budgétaires en cours", souligne Daniel Steinmetz, secrétaire général du SNTRS (CGT).

"Les conditions d’études ne permettent ni la réussite ni la démocratisation de l’enseignement supérieur, dénonce Martin Bontemps, vice-président de l’Unef, qui a lancé le Tumblr MaSalledeCoursVaCraquer. Sans compter qu’une masse d’étudiants non négligeable ne trouve pas de places dans l’enseignement supérieur, ou bien pas dans les filières souhaitées. Il faut arrêter ce décalage entre les discours de Thierry Mandon et de François Hollande, qui se réjouissent de la progression du nombre d’étudiants et affirment qu’ils visent désormais 60% d’une classe d’âge diplômée, et ce budget totalement asséché !"

"La question dépasse 2016, ajoute Alexandre Leroy, président de la Fage. Il est temps de mettre un point de rupture à cette politique d’asphyxie. Cela ne va pas pouvoir continuer comme ça, l'avenir du service public de l'ESR est en jeu."

un appel aux PRÉSIDENTS

Un appel du pied a également été lancé par le Snesup (FSU) en direction des présidents d'université, pour qu'ils s'engagent et soutiennent, "par tous les moyens qu’ils estimeront utiles, les mobilisations en cours". En "initiant et facilitant l’adoption de motions dans les conseils centraux, en décrétant le 16 octobre 'Journée Facs mortes' ou en prenant des mesures afin de libérer les étudiants de leurs cours", propose le syndicat.

"Un effort de productivité immense a été consenti dans les établissements ces dernières années. Nous sommes arrivés au bout. Les présidents sont parties prenantes face à ces difficultés. Nous les invitons à faire du 16 octobre une grande journée de mobilisation", insiste Hervé Christofol, secrétaire général du Snesup.

La CPU (Conférence des présidents d’université) n'a pas souhaité réagir. "Manifester ou faire grève est une décision individuelle, ce n’est pas au président de décréter quoi que ce soit à la place des collègues, estime de son côté Anne Fraïsse, présidente de l’université Montpellier 3, qui envisage, elle, de participer à la marche parisienne.

De Jussieu à Bercy
La manifestation du 16 octobre se déroulera à Paris, avec un départ à 14 heures de Jussieu pour une arrivée à Bercy, où les syndicats espèrent être reçus au ministère.

L'intersyndicale réunit le Sntrs-CGT, le Snesup-FSU, le Sncs-FSU, le Snasub-FSU, le Snep-FSU, le Sgen-CFDT, le Sgen-CFDT Recherche EPST, le SNPTES, le Sup’Recherche-UNSA, l'UNSA ITRF-BI-O, SUD Recherche EPST, Sciences en Marche, l'Unef , Solidaires Etudiant-e-s, la Fage.

Aller plus loin
"Budget de l’enseignement supérieur et de la recherche : investir sans travestir !", la tribune de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. (Slate.fr)

Camille Stromboni | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires