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Rennes 2 : la fusion des universités enterrée

Camille Stromboni
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Université Rennes 2 - Campus - étudiants
Université Rennes 2 - Campus - étudiants // ©  S.Boyer - service communication université Rennes 2

La communauté universitaire de Rennes 2 va élire ses conseils les 24 et 25 mars 2015, après la crise qui a vu la majorité du conseil d’administration démissionner en janvier 2015. Pour les deux candidats à la présidence de l’université, la fusion de Rennes 2 avec sa consœur Rennes 1, qui a cristallisé les tensions, n’est plus à l’ordre du jour.

La fusion entre les universités Rennes 1 et Rennes 2 retourne aux oubliettes. Les deux candidats à la présidence de Rennes 2 se sont en effet clairement positionnés contre ce processus fusionnel, engagé il y a quelques mois. La fusion est à l’origine de la crise de janvier 2015, durant laquelle la majorité du conseil d’administration a démissionné, provoquant des élections pour une nouvelle gouvernance les 24 et 25 mars 2015.

"Nous sommes pour l’arrêt définitif du processus, clame Olivier David, candidat soutenu notamment par le Snesup et le Snasub. Nous y sommes opposés depuis le début : dans le cadre légal actuel, les sciences humaines et sociales ne peuvent trouver leur place dans un grand ensemble comme celui-ci."

Olivier David - université Rennes 2

"Faire de Rennes 2 la quatrième faculté d'une grande université de Rennes [à côté du droit-éco-gestion, de la médecine et des sciences dures, ndlr], quand on voit la sous-dotation dont nous souffrons, c'était un risque évident pour nos moyens et nos postes, ajoute le professeur de géographie. Et l’argument d’atteindre une taille critique ne tient pas, personne n’est capable aujourd’hui de vous le démontrer."

Dans le cadre légal actuel, les sciences humaines et sociales ne peuvent trouver leur place dans un grand ensemble comme celui-ci. (O. David)

Catherine Loneux - université Rennes 2

En face, Catherine Loneux défend elle aussi une ligne antifusion, bien qu'elle ait porté ce processus avec Rennes 1 auparavant. La professeur en sciences de l'information et de la communication, soutenue par le Sgen-CFDT, était en effet première vice-présidente du conseil d’administration, chargée des Ressources humaines et des finances, au sein de l’équipe précédente, jusqu'à sa démission en janvier 2015.

"J’ai cru à la fusion et je l’ai soutenue, explique-t-elle. Nous avons eu le courage d’essayer, mais nous n’avons pas réussi à obtenir un juste équilibre de gouvernance dans la future université. Depuis novembre [2014], cela s’est grippé. J’étais en opposition avec mon propre président et avec Rennes 1."

Nous n’avons pas réussi à obtenir un juste équilibre de gouvernance dans la future université. (C. Loneux)

Désormais, la priorité est de défendre Rennes 2 et les ALLSHS (arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales) au sein de la Comue Bretagne-Loire, avance-t-elle. Quant au site rennais, l’enseignante veut développer les collaborations, coaccréditations et conventions avec l’ensemble des établissements de la métropole bretonne. 

Une position similaire à celle de son adversaire à la présidence. "La démarche de structuration du pôle rennais était engagée mais tout s’est arrêté du jour au lendemain, avec la décision de fusion", regrette Olivier David.

Aller plus loin
Les professions de foi :
- SGEN-CFDT
- Snasub -FSU (personnel Biatss)
- FERC-SUP-CGT
- SNPTES
- Snesup (personnel enseignants)

Fusion, association, communauté : la nouvelle carte de France des universités (juillet 2014)

A noter le 23 mars 2015 : une émission spéciale "Élections" sur Radio Campus Rennes (88.4) de 17h00 à 19h00.
Résultat : les listes soutenant Olivier David arrivent en tête

Une majorité en faveur des listes d'Olivier David se dessine dans les conseils de Rennes 2, d'après les résultats du scrutin publiés le 25 mars 2015. L'élection du président de l'université est prévue lors du conseil d'administration du 17 avril, après la désignation des personnalités extérieures organisée une semaine plus tôt.
Lire aussi :  Université Rennes 2. Le géographe Olivier David futur président (Ouest France)

Camille Stromboni | Publié le - Mis à jour le

Vos commentaires (1)

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Sirius.

Quel gâchis ! C'est le drame des universités qui n'en sont pas vraiment. Rennes 2, comme Montpellier 3 ou Paris 2 sont juridiquement des universités alors que dans les faits ce sont des grosses facultés (de lettres et sciences humaines ou de droit). Dans les rapprochements elles découvrent que leurs partenaires les considèrent pour ce qu'elles sont et pas pour ce qu'elles croient être. Et elles se cramponnent à leur statut d'université autonome. La Comue Loire-Bretagne étant un monstre ingouvernable, Rennes 2 peut survivre assez longtemps. C'est la voie lente du déclin.