Soutien au plan de relance : l’ESR veut asseoir son rôle

Éléonore de Vaumas
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Soutien au plan de relance : l’ESR veut asseoir son rôle
Les présidents d'université et les directeurs d'écoles d'ingénieurs réfléchissent aux dispositifs d'après-crise. // ©  kasto/Adobe Stock
À l’aune d’un plan de relance national - qui devrait voir le jour dans le courant du mois de septembre -, la CPU et la Cdefi veulent entamer une réflexion globale sur l’avenir, et positionnent le supérieur comme levier de la relance économique du pays.

À peine sorti du confinement, l’ESR tire déjà les premières leçons des répercussions de la crise du Covid-19. Dès la mi-avril, la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs) et la CPU (Conférence des présidents d'université) ont mis en place des groupes de réflexion sur l’avenir, dont les propositions ont été dévoilées début juin.

Être des leviers de reprise

Des propositions à travers lesquelles les directeurs des écoles d’ingénieurs et présidents d’universités n’ont eu qu’un souhait : replacer les établissements de l’enseignement supérieur et de recherche au cœur de la relance économique et de l’emploi. "Nous sommes convaincus que la formation et la recherche sont des leviers de reprise. L’idée de formuler des propositions s’est imposée avec le souhait que la CPU, la CGE, nos entreprises partenaires et nos ministères de tutelle s’en saisissent pour travailler ensemble sur un nouveau modèle", décrypte Jacques Fayolle, président de la Cdefi et directeur de Télécom Saint-Etienne.

La situation a montré que nous étions capables de nous adapter rapidement. (O. Laboux)

Changer de paradigme, c’est aussi ce qu’appelle de ses vœux Olivier Laboux, vice-président de la CPU et ancien président de l’université de Nantes : "Si l’on risque de payer le prix fort de cette crise, la situation a montré que nous étions capables de nous adapter rapidement. Proposer d’autres modes d’action, agir sur notre impact environnemental, améliorer nos pratiques ne s’improvisent pas, mais les universités veulent s’engager sur cette transition et s’insérer dans un monde différent."

Lire aussi : Crise sanitaire : les établissements se préparent à de multiples changements

Des lendemains plus green et connectés

Les propositions formulées sont nombreuses, et de nature très différente. Cdefi et CPU s’accordent en revanche sur le fait que la transformation de l’enseignement supérieur doit passer par une série de travaux d’envergure. L’enjeu est de "libérer les contraintes d’espace et de temps pour favoriser la réussite dans [nos] formations", comme l’indique la Cdefi dans sa contribution. La conférence souhaiterait aussi "se voir attribuer dès maintenant une subvention de transformation numérique par étudiant", sans pour autant en préciser le montant.

La CPU suggère aussi d’entamer une rénovation massive des bâtiments pour répondre aussi bien aux enjeux énergétiques que sanitaires ou numériques. Elle se dit prête à lancer un programme de rénovation d’une partie de son patrimoine immobilier "en moins de trois mois". "Cette opération permet de donner un coup de pouce au secteur du BTP, levier de reprise économique, mais c’est aussi le moyen de répondre à un objectif de réduction drastique de l’impact carbone de nos bâtis", révèle Olivier Laboux.

Former aux métiers de demain

A la nécessaire hybridation des formations, la CPU demande à ce que soit construit un "plan pour la formation et la transition des métiers". Un dispositif qui s’inspirerait du crédit d’impôt formation et qui pourrait concerner en priorité les secteurs dont l’activité a été perturbée par la crise sanitaire.

"Il faut pour cela insister sur la qualification des métiers par rapport aux besoins et travailler avec les entreprises pour qualifier les métiers qui n’existent pas encore", détaille le vice-président de la CPU. Une coopération avec les entreprises que la Cdefi tient également à soutenir, pour favoriser "l’adéquation formation-emploi-innovation". Pour cela, elle veut miser entre autres sur l’accélération de la dynamique d’alternance, la valorisation de l’acquisition de compétences tout au long de la vie et de la recherche, et le renforcement de l’accompagnement à l’entrepreneuriat.

Lire aussi : Les écoles d'ingénieurs tirent les premiers enseignements de la crise du Covid-19

Investir pour l’emploi et la recherche

Au-delà de la formation, pour soutenir l’emploi des jeunes diplômés, Cdefi et CPU demandent l’exonération des charges patronales et salariales en CDI, la prolongation des conventions de stage, le report des mensualités de remboursement de prêts étudiants ou encore le rétablissement de l’ARPE (Aide à la recherche du premier emploi).

On a tout à gagner à favoriser la réindustrialisation de la France. (J. Fayolle)

Relancer l’emploi passe également, selon la Cdefi, par la relocalisation d’activités industrielles. "On a tout à gagner à favoriser la réindustrialisation de la France : on empêche ainsi la fuite des cerveaux à l’étranger, et on renforce la souveraineté économique de la France au cœur de la dynamique européenne", synthétise Jacques Fayolle. Cette souveraineté doit être renforcée à travers l’attribution de moyens en faveur de la recherche et de l’innovation, selon les conférences.

"Nous voulons profiter des discussions autour de la LPPR et du plan de relance européen pour mettre les questions de souveraineté nationale et le chantier autour de la recherche sur la table", poursuit Jacques Fayolle. Reste à déterminer à combien s’élèvera le chiffrage de telles ambitions. Pour le moment, la CPU comme la Cdefi refusent de se prononcer sur un montant.


Éléonore de Vaumas | Publié le

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Toutain.

Bon article. Mais si on peut éviter le green et parler en français ce serait bien.