S. Lavigne : "J’ai pour ambition que TBS retrouve sa place dans le top 10 des écoles de management"

Dahvia Ouadia
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Toulouse Business School
Toulouse Business School et sa nouvelle directrice affichent ses nouvelles ambitions.
Stéphanie Lavigne est à la tête de Toulouse Business School depuis septembre 2019. Elle succède à François Bonvalet. Une femme de plus dans un univers particulièrement masculin. Stéphanie Lavigne évoque son arrivée à cette fonction, ses projets et ambitions.

Toulouse BS a connu une perte d’attractivité et des places dans différents classements nationaux. Comment souhaitez-vous redresser la barre ?

En 2016–2017, TBS était classé dans le top 10, à la septième ou la huitième place, mais depuis quelques années, nous sommes sortis de ce top. J’ai pour ambition de retrouver notre place et pour cela nous devons progresser et valoriser ce que nous faisons au niveau académique notamment.

Depuis 2014, j’étais doyenne du corps professoral. Aujourd’hui nous avons 80% de professeurs étrangers c’est une évolution importante, mais il faut du temps avant que cela se traduise dans les faits.

F. Bonvalet : directeur de TBS : "Je voulais partir avec une école sur les rails, c'est chose faite."

Nous allons aussi analyser rigoureusement les données des écoles qui sont devant nous pour comprendre les leviers sur lesquels nous pouvons jouer.

TBS a aussi perdu des places au Sigem, souhaitez-vous maintenir un fort recrutement en classe préparatoire ?

Oui, bien sûr. Nous sommes fortement engagés sur le continuum prépa/PGE. Nous travaillons notamment avec l’APHEC sur ces aspects. Je crois profondément au modèle de la prépa qui est une spécificité du modèle français. La prépa donne des compétences fortes et une valeur de travail réelle. Nous constatons que ceux qui viennent d’une prépa ont une trajectoire de carrière plus rapide.

On observe un assèchement des petites écoles qui peuvent finir par sortir du spectre des "grandes écoles".

Cependant, nous avons aussi nos recrutements en AST que nous souhaitons maintenir et valoriser et c’est ce qui permet d’avoir une vraie diversité de profils. Les deux sont complémentaires.

L’ESC Pau a choisi de sortir de l’ensemble des banques de concours notamment parce qu’elle n’attirait plus de candidats. Pensez-vous que d’autres écoles vont suivre ce mouvement ?

J’observe cette tendance d’un œil attentif. Aujourd’hui, il y a dix grandes écoles qui recrutent principalement des élèves de prépa, tandis que les autres recrutent de plus en plus en AST. On observe un assèchement des petites écoles qui peuvent finir par sortir du spectre des "grandes écoles".

Nous devons travailler sur la valorisation des filières prépa aux lycées. Nous devons aussi travailler au continuum entre la prépa et le PGE. Aujourd’hui il y a un réel fossé qu’il faut combler.

Comment TBS le comble, justement ?

Nous ne proposons pas par exemple des cours de culture générale mais nous introduisons beaucoup de lectures d’articles de nos professeurs en contrôle continu. Certains cours, comme le certificat RSE ou celui sur les soft skills sont obligatoires pour tous les étudiants. Cela permet d’interroger les étudiants sur le management soutenable.

Quels sont aujourd’hui les atouts de TBS ?

Nous avons mis au cœur de notre stratégie l’écologie avec un campus éco-responsable et la mise en place de plusieurs actions fortes en faveur de la diversité et de l’égalité femme-homme. Aujourd’hui quand nous interrogeons nos étudiants et étudiantes pour savoir quel salaire ils souhaitent avoir à la sortie de l’école, nous constatons un écart de 20% !

Cet écart semble correspondre aux inégalités qui existent dans la société…

Dans le monde professionnel, il est clair que l’ascension professionnelle des femmes arrive plus tard, souvent davantage autour de 40 ans que de 30. La maternité, la volonté d’équilibrer sa vie professionnelle et personnelle peuvent mettre un frein dans une évolution de carrière temporairement.

Par ailleurs, dans des positions de pouvoir, les femmes doivent souvent se justifier et justifier leur place pour qu’on les prenne au sérieux !

Au sein de l’école avez-vous mis en place des actions pour favoriser l’égalité femmes-hommes ?

Oui, nous avons créé il y a quatre ans le programme Equal.Id dont l’objectif est de montrer aux jeunes femmes qu’elles peuvent être ambitieuses. Il s’agit d’un programme de mentoring : 180 étudiantes du programme grande école sont coachées par des chefs d’entreprise, des cadres supérieures, etc. Elles échangent, discutent, entre elles.

Sigem 2019 : inquiétudes sur la diversité de l'écosystème des business schools

Nous avons ouvert ce programme aux étudiants et chefs d’entreprises hommes pour ouvrir la réflexion.

Quels sont vos grands enjeux avec cette récente prise de fonction ?

Nous avons trois-quatre mois pour travailler avec le comité de direction et définir ensemble un plan stratégique pour l’école. Nous misons beaucoup sur l’internationalisation. Toulouse BS a plusieurs campus à l’étranger, notamment à Barcelone et Casablanca. Nous voulons favoriser la mobilité sur nos campus. Nous avons aussi le projet de développer davantage le campus de Casablanca.

Au-delà de nos campus, je souhaite aussi développer des partenariats académiques forts avec des établissements de grande qualité et ce afin de mieux nous positionner dans l’excellence académique.

J’ai aussi l’ambition de renforcer le corps professoral et la recherche en lien avec la formation. Nous travaillons actuellement à plusieurs actions pour que les enseignants-chercheurs aient un temps de recherche alloué plus important. Nous avons une nouvelle directrice de la recherche qui travaille pour augmenter notre qualité académique et l'impact de nos publications. Mais nous veillons aussi à disséminer ces recherches auprès de nos étudiants.

Vous avez également développé des clusters. Quel est l’enjeu ?

Nous avons effectivement déjà conçu deux clusters thématiques autour de l’aérospatial et de l’intelligence artificielle. Sur l’aérospatial, nous avons plusieurs partenaires territoriaux comme l’ENAC et les Mines d'Albi. Côté IA, nous avons été labellisés par le gouvernement. Nous croyons beaucoup à ce qui va se passer autour de la donnée. Les clusters sont un moyen de se positionner sur des enjeux de taille.

Les Bachelors pourront prétendre au grade de licence

Nous prévoyons par ailleurs de lancer prochainement un cluster autour de la RSE.

Avez-vous les mêmes ambitions en matière de pédagogie ?

L’école travaille depuis deux ans à l’amélioration de l’expérience étudiante. Nous procédons par l’expérientiel pour faire évoluer nos méthodes avec des phases d’essai ou d'erreur et des protocoles qui comprennent de nouvelles méthodologies pour faire évoluer nos processus.

Nous voulons aussi réaffirmer nos autres formations en dehors du PGE. Nous avons un bachelor qui est très bien positionné à l’échelle régionale. Par ailleurs, les étudiants de cette formation demandent en grande partie à intégrer le programme grande école. Avec l’arrivée prochaine du grade licence, je pense que ce bachelor sera conforté dans sa position.

Vous avez aussi un projet de campus à Toulouse même…

Tout à fait. Nous finalisons actuellement le compromis de vente du terrain. La construction du campus est prévue pour septembre 2023. Nous voulons que le lieu ait un sens et que nos communautés (étudiants, personnels, entreprises et acteurs du quartier) soient en phase avec le projet. Nous menons une concertation avec des séminaires et des ateliers pour avancer de concert sur ce projet.

Lire la biographie de Stéphanie Lavigne


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