En ce momentSebastian Stride : "Les classements mondiaux ne sont fondamentaux que pour une minorité d'établissements"
On en parlePalmarès 2018 : les écoles d'ingénieurs en mouvement
Actu | Formations

Burgundy School of Business de plus en plus lyonnaise

Cécile Peltier  |  Publié le

9

BBS (Burgundy School of business) a transformé son ancienne médiathèque en un learning lab dernier cri.
BBS (Burgundy School of business) a transformé son ancienne médiathèque en un learning lab dernier cri. // © Cécile Peltier

Après plusieurs années de croissance "soutenue" et l'inauguration de locaux tout neufs à Dijon, qui devient la vitrine académique, Burgundy School of Business cherche des relais de croissance à Lyon. Et planche sur un campus à l'étranger.

La grue a disparu, les marteaux-piqueurs se sont tus. Après quatorze mois et 7,5 millions d'euros de travaux, les étudiants de BSB (Burgundy School of Business, ex ESC-Dijon) ont retrouvé, en septembre 2017, leur campus tout beau, tout neuf. Avec davantage de salles de classe et des espaces mieux adaptés aux nouvelles pédagogies, susceptibles d'améliorer leur "expérience étudiante". Et visiblement, ça marche : en ce jeudi 16 novembre 2017, le Learning lab (voir encadré), qui a remplacé l'ancienne médiathèque, ne désemplit pas.

Avec sa porte historique, ses six mètres de hauteur sous plafond et ses lustres design, cet espace mariant avec élégance les époques et les fonctions est une belle carte de visite pour la business school, qui rêve de devenir LA "référence mondiale" en matière du management du vin et des spiritueux.

Alors que nombre d'établissements se sont éloignés des centres-villes, l'école de 2.500 étudiants, qui a hérité de ses locaux au moment de son passage au statut d'EESC (établissement d'enseignement supérieur consulaire), fin 2016, a fait le choix d'y rester.

"Avant de mettre un bien en vente, les agents immobiliers nous passent un coup de fil. Ils savent que nous cherchons progressivement à racheter les bâtiments aux alentours", s'amuse le directeur général, Stephan Bourcieu, en désignant le TEG (The Entrepreneurial Garden), le nouvel incubateur installé de l'autre côté de la rue.

Dijon, le cœur du réacteur académique

Après cinq années d'une croissance soutenue, ce qui a compensé la disparition progressive des fonds publics – ils représentaient 30 % du budget en 2012, contre seulement 2,5 % en 2017 –, le campus dijonnais ne devrait pas voir ses effectifs étudiants augmenter.

En revanche, il doit devenir le cœur du réacteur en matière académique. "Ces dix dernières années, nous avons mis l'accent sur la recherche, l'objectif est maintenant de se concentrer sur des pôles d'expertise", énonce Stephan Bourcieu.

Sur le modèle de la School of Wine & Spirits Business, lancée en 2012, l'école va créer plusieurs "centres d'excellence académique", dans les secteurs de la finance, du management des arts et de la culture, de l'entreprenariat, ou encore de l'économie comportementale. Chacun de ces pôles sera construit autour d'une équipe de recherche, d'un programme d'excellence – comme le MBA Wine business, accrédité Amba, dans le cas du management du vin et des spiritueux – et un lieu emblématique.

Pour cela, l'école devra recruter des enseignants permanents, afin de faire passer son corps professoral de 65 à 90 personnes d'ici 2022. Stephan Bourcieu défend l'importance d'une "formation par la recherche" : "Face à la complexité du mode, nos élèves doivent être capables de problématiser, d'analyser et de formuler des hypothèses."

Labellisée équipe d'accueil par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, l'école espère, d'ici à deux ans, intégrer prochainement l'école doctorale de la Comue Bourgogne — Franche-Comté, dont elle est membre fondateur.

À LYON, le campus s'étoffe

Le sixième pôle d'excellence en "digital business", sera, lui, situé à Lyon, où BSB a installé son Bachelor depuis 2012. "Nous allons monter une nouvelle école de A à Z, avec un corps professoral sur cette thématique. Le marché dijonnais est couvert, mais le bassin lyonnais recèle encore beaucoup d'opportunités", assure Stephan Bourcieu.

D'ici à 2022, les effectifs lyonnais de l'école devraient passer de 200 à 700 étudiants grâce au développement du programme Bachelor et au déploiement du programme grande école, essentiellement sous forme de contrats de professionnalisation. "La richesse et la densité du territoire lyonnais permettent d'effectuer son alternance en restant sur place", précise Stephan Bourcieu.

Le marché dijonnais est couvert, mais le bassin lyonnais recèle encore beaucoup d'opportunités.
(S. Bourcieu)

Pour l'instant, ils sont logés dans les locaux du quotidien régional "Le Progrès", dans le quartier Confluences. Demain, BSB ne s'interdit rien : "Louer, acheter, nous ne sommes pas fixés, la seule idée que nous ayons abandonnée, c'est de construire dans Lyon", prévient le directeur de BSB.

Visiblement, l'EM Lyon ne prend pas trop mal la chose. "En 2012, le directeur de l'époque, Philippe Courtier et la chambre [de commerce et d'industrie de Lyon] nous avaient donné leur bénédiction. Bernard Belletante, que j'ai prévenu à son arrivée à la tête de l'EM Lyon, m'a répondu : 'Vas-y, vous prendrez ceux dont on n'a pas voulu'. Et c'est vrai, c'est comme ça que cela se passe et c'est très bien ainsi !" rapporte Stephan Bourcieu. 

UNE IMPLANTATION EN PROPRE A L'ÉTRANGER à l'étude

Avec 3.500 élèves et 35 millions d'euros de budget en 2022 (contre 22 millions d'euros aujourd'hui), BSB restera "une petite école". Petite mais ambitieuse. Après l'abandon de son alliance avec Oxford Brooks, l'école réfléchit en parallèle à une implantation en propre à l'international sous forme de joint-venture, qui lui permette de répondre à la demande croissance de mobilité de ses étudiants, pas toujours au point en anglais. "Quand on est accrédité, on doit augmenter la qualité de nos partenaires académiques, qui exigent un bon niveau de nos étudiants. Ce campus leur permettrait de se perfectionner avant de partir en échange."

Plusieurs scénarios sont à l'étude, dont la Californie et Hong Kong, qui présentent le double intérêt d'être anglophones et des zones de production et de diffusion du vin. De quoi développer une activité d'executive éducation dans le domaine... et ainsi asseoir son expertise.

Cécile Peltier  |  Publié le

9

9 commentaires
afficher plus de résultats
Laissez un commentaire :