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Frédérique Vidal aux écoles d'ingénieurs : "vous avez une forte responsabilité dans les politiques de site"

Laura Makary  |  Publié le

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Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation
Frédérique Vidal a rassuré les écoles d'ingénieurs sur leur autonomie. // © Patrice NORMAND/Leextra pour l'Etudiant

Conviée par les écoles d’ingénieurs lors de l'assemblée générale de rentrée, vendredi 22 septembre 2017, Frédérique Vidal les a rassurés sur leur place dans les politiques de site et a précisé le cadre des prochaines expérimentations. Des précisions bienvenues, après sa décision de ne pas reconduire Arnaud Poitou à la tête de Centrale Nantes.

Les écoles d'ingénieurs l'attendaient de pied ferme. Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, a répondu présente à l'assemblée générale de rentrée de la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs), le vendredi 22 septembre 017, à Paris.

Parmi les thématiques les plus attendues par les directeurs : la place des écoles d'ingénieurs dans la structuration de l'enseignement supérieur. "Vous avez dans la construction de ces politiques de site une forte responsabilité. Vous êtes de ceux dont on ne peut se passer, vous êtes même de ceux sur lesquels on compte", assène la ministre.

Des expÉrimentations sur dix ans

Favorable depuis sa prise de fonctions sur les expérimentations de regroupements, Frédérique Vidal revient sur le projet de loi d’habilitation, en cours de préparation, permettant au gouvernement d’injecter plus de souplesse dans la politique de regroupement d’établissements. "J'ai vu à quel point il était compliqué de faire entrer des gens et des projets dans des boîtes. L'objectif de cet article, c'est de dire à l'ensemble des sites qu'ils peuvent organiser la gouvernance strictement comme ils l'entendent", détaille-t-elle.

J'ai vu à quel point il était compliqué de faire entrer des gens et des projets dans des boîtes.

"Vous aurez dix ans pour trouver votre point d'équilibre et lorsque vous l'atteignez, le projet et la gouvernance que vous aurez choisis deviennent votre boîte. Je crois que c'est la seule façon de passer dans une culture du 'construire ensemble'. Je sais d'expérience que la seule question à ne pas poser est 'qui est le chef ?' Dès que vous vous posez cette question, on se demande qui est le plus gros, le plus agile, le plus excellent, tout est fini, car on ne parle plus du projet et on se demande seulement qui est le chef", estime Frédérique Vidal.

Un "état bienveillant mais exigeant"

La ministre n'a pas esquivé le sujet de Centrale Nantes pour autant. Interpellée sur le sujet par la Cdefi par un communiqué de presse le 13 septembre 2017, Frédérique Vidal est ainsi revenue sur la décision du ministère de ne pas reconduire Arnaud Poitou à la tête de Centrale Nantes, malgré le soutien apporté au directeur sortant par le conseil d'administration de l'école.

"J'ai pris la décision de tirer les conséquences de choix faits par un établissement de revenir sur son engagement et de mettre à mal une stratégie de site dont la résonance et la pertinence avaient été labellisées par le programme d'investissement d'avenir", déclare-t-elle, revenant ainsi sans la nommer sur la décision de Centrale de sortir du projet de rapprochement avec l'université de Nantes.

"Loin de moi l'idée de réfuter l'autonomie de chacun. Mais loin de moi aussi l'idée de ne pas jouer mon rôle, celui d'un état facilitateur, stimulateur et accompagnateur en cas de difficultés, mais aussi celui d'un État garant des équilibres, qui mettent parfois des mois, voire des années, à être trouvés. Il y a des stratégies, qui, une fois couronnées de succès, ne doivent pas être immédiatement requestionnées. En faisant cela, j'estime que je suis à ma place, celui d'un État bienveillant, mais exigeant", poursuit-elle.

Un discours qui a visiblement trouvé écho auprès de la Cdefi. "La ministre nous a rassurés sur la capacité d'expérimenter et l'autonomie des écoles d'ingénieurs, souligne Jacques Fayolle, président de la Cdefi et directeur de Télécom Saint-Étienne, à l'issue de l'assemblée générale. Elle a été très claire : elle veut laisser les projets se construire, en faisant confiance à leurs porteurs." Une confiance retrouvée.

Une concertation interministérielle sur l'apprentissage
Les écoles d'ingénieurs affichent un bilan positif en matière d'apprentissage. "15 % des ingénieurs diplômés le sont via la voie de l'apprentissage. Le nombre d'élèves ingénieurs apprentis a été multiplié par dix en une décennie", égrène Jacques Fayolle, président de la Cdefi. Et les écoles veulent aller plus loin. La CTI (Commission des titres d'ingénieurs) se prépare ainsi à lancer, mi-octobre, pour la première fois, une expérimentation de formation comportant deux années d'apprentissage et une en formation sous statut étudiant.

"Nous travaillons sur cette question en interministériel, avec les ministères de l'Éducation nationale et du Travail, à partir d'octobre, pour une loi prévue avant l'été. Nous voulons être en capacité de revaloriser l'apprentissage, ainsi que la professionnalisation, qui, dans l'enseignement secondaire, ont une connotation parfois négative. Nous y sommes tous bien entendu très attentifs", déclare la ministre sur ce sujet.

Laura Makary  |  Publié le

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