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Écoles d'ingénieurs et Bachelors : Najat Vallaud-Belkacem à l'écoute

Céline Authemayou
Publié le
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L'Ecole centrale de Lille réfléchit à un rapprochement avec l'Ensait et Chimie Lille.
Najat Vallaud-Belkacem s'est rendue à Centrale Lille pour l'assemblée générale de la Cdefi, jeudi 2 juin 2016. // ©  Centrale Lille
De passage à Lille au colloque annuel de la Cdefi, le 2 juin 2016, Najat Vallaud-Belkacem a rappelé aux directeurs d'écoles d'ingénieurs sa volonté de voir les établissements s'ouvrir davantage à la diversité. Elle les a également incités à poursuivre leur réflexion sur la question des Bachelors.

Plus de boursiers et plus d'étudiantes. Devant une centaine de directeurs et directrices d'écoles d'ingénieurs, réunis à Lille pour le colloque annuel de la Cdefi (Conférence des directeurs d'écoles françaises d'ingénieurs) le 2 juin 2016, Najat Vallaud-Belkacem a incité les établissements à aller plus loin en termes de démocratisation, sans pour autant "transiger sur la qualité et les exigences des formations délivrées".

La ministre a énoncé plusieurs pistes de réflexion, parmi lesquels la féminisation nécessaire des promotions, reconnaissant tout de même que "la cause de la faible proportion de filles dans les écoles provient des cursus antérieurs. Le ministère a un rôle à jouer pour aider les filles à se projeter dans les carrières scientifiques".

Autre volonté affichée : voir le nombre d'élèves boursiers augmenter de façon significative. "Vos écoles accueillent en moyenne 25 % de boursiers, a constaté Najat Vallaud-Belkacem. C'est bien, mais vous êtes en deçà de la moyenne nationale, qui s'établit à 35 %. La démocratisation exige des efforts."

La réflexion sur les bachelors doit se poursuivre

Najat Vallaud-Belkacem a profité de sa venue à Lille pour annoncer de façon très explicite son soutien aux directeurs sur le sujet plus fédérateur – au moins au sein des écoles d'ingénieurs – des Bachelors.

Alors que bon nombre d'établissements réfléchissent à la création d'un diplôme intermédiaire de niveau bac + 3, qu'une réflexion est en cours au sein de la Cdefi et de la CGE, la ministre a rappelé être "totalement à l'écoute" des directeurs sur ce sujet, à condition que les universités et les partenaires économiques participent aux réflexions.

"C'est un message que nous n'attendions pas", se satisfait Sophie Commereuc, administratrice provisoire de Sigma Clermont-Ferrand. L'école, en collaboration avec les établissements membres de la Fédération Gay-Lussac, vient de lancer une réflexion sur le sujet. Un groupe de travail a été créé pour réfléchir à un nouveau diplôme de niveau bac + 3, qui formerait des cadres intermédiaires dans le secteur de la chimie.

Loin de se réjouir de l'annonce de la ministre, François Cansell, président de la Cdefi, reste prudent : "Najat Vallaud-Belkacem note simplement qu'il y a une demande, que c'est un vrai projet pour les écoles. Elle a au moins le courage de ne pas pousser le sujet sous le tapis..."

Les directeurs plaident pour un maintien des dotations

Attendue par les directeurs sur la question complexe des moyens budgétaires, la ministre a préféré... éviter tout simplement le sujet. "Il n'y a plus d'argent dans les caisses", commente, cynique, un directeur.

"Nous ne demandons pas de voir nos dotations doubler, précise François Cansell. Mais il est essentiel pour nous d'avoir des subventions constantes, en rapport avec le nombre d'étudiants accueillis dans nos écoles. Alors que la jeunesse est une priorité du gouvernement, nous ne pouvons pas voir le nombre d'euros investis par étudiant diminuer."


Céline Authemayou | Publié le

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Sirius.

Autrement dit, la ministre a dit qu'elle "était à l'écoute", jusqu'en 2017.