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Écoles d'ingénieurs : la Défense fixe la stratégie de ses troupes pour 2021

Laura Makary
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© B.Desprez
L'ENSTA ParisTech prévoit une hausse de ses effectifs durant les cinq prochaines années. // ©  B.Desprez
L'École polytechnique, l'ENSTA ParisTech, l'ENSTA Bretagne et ISAE-Supaero, les quatre écoles sous la tutelle du ministère de la Défense, ainsi que l'Onera, ont signé leurs contrats d'objectifs et de performance 2017-2021. Ces documents fixent les grandes orientations pour les cinq années à venir.

Quatre écoles et un organisme de recherche, tous sous la tutelle du ministère de la Défense, ont signé conjointement leurs COP (contrats d'objectifs et de performance), mercredi 14 décembre 2016, en présence du ministre, Jean-Yves Le Drian. Tous s'engagent ainsi sur de grandes orientations stratégiques pour la période 2017-2021.

Le ministre l'a précisé, une telle signature simultanée est "une première". Il a profité de l'occasion pour féliciter ses établissements, quant aux bons chiffres d'insertion de leurs diplômés : "À vous cinq, vous représentez 4.000 emplois et une subvention de 250 millions d'euros par an. Au-delà des chiffres, ce qui vous rassemble, c'est votre contribution à la recherche et à l'enseignement supérieur."

Le ministre est également revenu sur "le besoin de soutien des alumni et des partenaires industriels." "Pour exister face à leurs concurrents internationaux, elles doivent disposer des mêmes armes et cela inclut la contribution des alumni, essentielle pour la notoriété de la marque, par l'exemple qu'ils incarnent, par leur travail au quotidien pour l'école et par leur soutien financier", a détaillé Jean-Yves Le Drian.

Polytechnique : de nouveaux cursus 

Dans le contrat d'objectifs de l'École polytechnique, figurent de nombreux éléments déjà présentés en décembre 2015 par Jean-Yves Le Drian, dans la foulée du rapport Attali : l'ouverture de nouveaux cursus, dont le Bachelor, qui démarrera à la rentrée 2017 ; le recrutement d'enseignants-chercheurs internationaux ; le développement de chaires d'entreprises, avec un objectif de 30 chaires actives fin 2021, ou encore l'augmentation du nombre de projets incubés par l'école... Le tout soutenu par une dotation complémentaire de 60 millions d'euros sur cinq ans fournie par le ministère.

Parmi les nouvelles infrastructures, sont prévues la création d'un laboratoire de 6.000 m² regroupant les équipes de mécanique de l'X et de l'ENSTA ParisTech, ainsi que la construction d'un bâtiment mutualisé d'enseignement de 10.000 m², partagé "avec les autres écoles du quartier de l'École"et de logements sur le campus pour les étudiants du Bachelor (livraison prévue en 2019).

ISAE-supaéro : une fédération de recherche 

Le COP de l'ISAE-Supaero contient plusieurs grands axes stratégiques : des "investissements scientifiques importants" de l'ordre de 4 millions d'euros pour la recherche et l'enseignement, la création d'un espace dédié à l'innovation et d'un learning center ou encore la constitution d'une "nouvelle fédération de recherche pluridisciplinaire autour de l'ingénierie pour le transport aérien et les véhicules aérospatiaux". Il y a un an, l'école inaugurait son nouveau campus, financé à hauteur de 50 millions d'euros par sa tutelle.

Est également au programme le développement de la formation continue, dont les effectifs "augmenteront en proportion des besoins estimés de l'industrie, soit environ 4 % à 5 % par an." En janvier 2016, l'établissement signait une convention de partenariat avec l'X, devant permettre aux deux structures d'accroître leurs projets communs et leur coopération, notamment en matière de formation, recherche, entrepreneuriat et développement international.

Ensta bretagne : hausse des ressources propres

L'ENSTA Bretagne, quant à elle, travaillera durant ces cinq années sur "une croissance continue des effectifs pour atteindre les mille étudiants, notamment dans les cycles masters et mastères spécialisés", la valorisation de ses activités de recherche et l'accroissement de ses ressources propres via "les contrats de recherche, la mise en œuvre de plates-formes technologiques, l'exploitation des licences et brevets et des formations payantes".

L'école prévoit également de participer à un partenariat stratégique à travers "la création d'un pôle d'ingénierie d'excellence et de référence dans le grand Ouest". Le COP ne détaille pas plus le projet, qui sera dévoilé début 2017, mais trouve un écho particulier, à quelques jours de la fusion effective de deux autres écoles de la région : l'École des mines de Nantes et Télécom Bretagne.

Ensta paristech : un nouveau campus à l'étranger

L'ENSTA ParisTech, comme son homologue breton, prévoit une hausse de ses effectifs, pour atteindre les 1.000 étudiants en 2021. "Concernant les diplômés ingénieurs, l'objectif est de passer de 200 à 250 par an (+ 25 %)", précise l'établissement. L'école, associée à Polytechnique depuis mars 2015, ouvrira de plus de nouvelles formations. "Nous travaillons à la création d'un mastère spécialisé dédié au génie maritime", déclare Élisabeth Crépon, la directrice.

L'école développe également des projets à l'international, dont une nouvelle implantation au Maghreb (en Algérie ou au Maroc), qui se fondera sur le même modèle de campus déjà existant en Tunisie en collaboration avec l'ENI de Tunis.


Laura Makary | Publié le

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