La CVEC, une contribution au service des étudiants… et des universités

Pauline Bluteau
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La CVEC, une contribution au service des étudiants… et des universités
Deux ans après sa création, la CVEC permet aux universités de repenser les projets pour améliorer la vie étudiante. // ©  Lydie Lecarpentier/REA
Deux ans après sa mise en œuvre, la contribution à la vie étudiante et de campus a su démontrer toute sa légitimité. Relais indispensable pour soutenir financièrement les étudiants pendant la crise sanitaire, la CVEC permet aussi aux établissements de repenser leurs projets et la gestion de leur budget "au service de leurs étudiants".

Encore perçue comme une dépense de plus pour les étudiants au profit des établissements, la contribution à la vie étudiante et de campus, autrement dit la CVEC, a pourtant fait partie des dispositifs indispensables pendant la crise sanitaire. D’après Christine Gangloff-Ziegler, vice-présidente de la CPU, "les universités ont su s’emparer de la CVEC en la mettant au service de leurs étudiants". Il aura donc fallu attendre deux ans après sa mise en place pour comprendre toute son importance.

Une mise en place hasardeuse

Instaurée par la loi ORE (relative à l’orientation et à la réussite des étudiants) en mars 2018, la CVEC a d’abord laissé les universités perplexes. "Nous avons attendu un an avant que les modalités liées à son utilisation soient précisées par le ministère de l’Enseignement supérieur", raconte la vice-présidente de la CPU.

Le budget de la CVEC, qui était encore assez flou jusqu’à l’été dernier, est désormais versé en deux fois aux établissements du supérieur, en décembre puis en juillet. C’est donc toute une acrobatie budgétaire qu’il a fallu appréhender. "Nous n’avions aucune visibilité pour l’année 2018–2019, chaque université a eu des positions différentes sur ses priorités. Le fait de pouvoir utiliser ces sommes pour des projets pluriannuels a ensuite permis à certains établissements de revoir leur stratégie."

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Un budget plus important consacré à la vie étudiante

Pour l’année 2018–2019, 68,5 millions d’euros ont été répartis entre les universités précise une note de la CPU : 44 millions d’euros ont été dépensés en 2019, environ 11 millions d’euros ont été engagés dans des actions pluriannuelles et 16 autres millions d’euros ont été reportés au budget 2020. "La CVEC nous permet d’avoir des financements supplémentaires pour la vie étudiante, rapporte Christine Gangloff-Ziegler. Rien que pour mon établissement (université de Haute-Alsace), nous avons augmenté nos recettes de 175.000 euros."

Un budget fléché qui permet surtout de rendre des "services collectifs" aux étudiants. En 2019, le premier poste de dépense est le FSDIE (Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes) (25% – 11 millions d’euros) suivi des actions dans le domaine sportif (24% – 10,6 millions d’euros) et de l’accompagnement médico-psycho-social (20% – 8,7 millions d’euros). "On implique les étudiants sur la répartition des montants et donc des projets à réaliser. C’est tout un panel de services qui est mis à leur disposition même si ce n’est pas toujours suffisant", insiste la vice-présidente. Les actions en faveur de l’accueil des étudiants et de la culture représentent également une partie importante du budget : 10 millions d’euros en 2019.

D’après la vice-présidente de la CPU, la CVEC a aussi encouragé les universités à repenser leurs projets. "Les actions pluriannuelles nous permettent ‘d’économiser’ une partie du budget pour pouvoir réaliser des projets de plus grande envergure dans l’avenir."

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Des fonds qui se sont d’ailleurs avérés plus qu’utiles pour gérer l’inattendu. Dès le 19 mars, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, invitait les universités à mobiliser les ressources de la CVEC pour soutenir les étudiants en difficulté lors de la crise sanitaire. Sans attendre le deuxième versement en juillet prochain pour l’année 2019–2020, les établissements ont déjà engagé 34 millions d’euros depuis le début de l’année dont 7 millions d’euros rien qu’en aides sociales (soit une augmentation de 180% par rapport à 2019). "Il y a eu une réorientation très claire des budgets pendant la crise sanitaire. On s’attend d’ailleurs à ce que les demandes et les besoins des étudiants se poursuivent à la rentrée et jusqu’en 2021, notamment pour ce qui est des supports numériques, nous devrons continuer à les équiper."

Pour la CPU, la crainte serait de devoir renoncer à des projets "plus structurants pour la vie étudiante" en faveur des aides sociales. "La crise aura forcément des impacts. Nous avons montré que nous pouvions faire face pendant la crise et la priorité restera celle des étudiants. Nous leur devons ces services essentiels." En juillet prochain, les universités devraient percevoir 54,6 millions d’euros, ce qui porte à 76 millions d’euros le budget 2019–2020 de la CVEC.

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