S. Retailleau précise les contours de la plateforme unique de candidature en master

Amélie Petitdemange
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S. Retailleau précise les contours de la plateforme unique de candidature en master
// ©  Amélie Petitdemange/Educpros
Lors de sa première conférence de presse de rentrée, Sylvie Retailleau annonce l'ouverture de la plateforme unique de candidature en master pour février 2023. Elle espère fluidifier les demandes et avoir une meilleure visibilité sur le nombre de places au niveau national.

Le Parcoursup des masters va enfin voir le jour ! La ministre de l’Enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, a annoncé jeudi 15 septembre l’ouverture d’une plateforme unique de candidature en master prévue pour février 2023.

Les contours de ce nouvel outil ont été affinés lors d’une concertation menée en juillet avec les organisations syndicales et étudiantes, les présidents des conférences de doyens, les CFVU (Commission de la formation et de la vie universitaire) et France Universités.

Les universités ajouteront leurs formations sur la plateforme à partir de février 2023, pour un dépôt des candidatures en mars. "Ce sera un guichet unique de dépôt des dossiers de candidatures, de consultation des propositions d’admission, d’allocation des places et de réponses des candidats", a expliqué la ministre lors de sa conférence de presse de rentrée.

Un calendrier national unique

Objectif : centraliser les demandes des étudiants et faciliter les missions des personnels des établissements dans les commissions de recrutement. La plateforme reposera sur un calendrier national unique.

Testé cette année, le calendrier commun permettra selon la ministre de fluidifier les demandes. "Le taux de saisine des rectorats a diminué cette année de 33%. Il y a eu 7.000 saisines, cela représente moins de 5% des étudiants", a-t-elle précisé.

Le taux de saisine des rectorats a diminué cette année de 33%. Il y a eu 7.000 saisines, cela représente moins de 5% des étudiants. (S. Retailleau)

Les universités examineront les candidatures de début avril à mi-juin afin "d’optimiser l’attribution des places en master avant les congés". La phase d’admission se déroulera de mi-juin à mi-juillet 2023, avec une réattribution des dernières places vacantes de mi-juillet à la rentrée.

Une exception sera faite pour les formations en alternance. Elles pourront communiquer leur classement dès le mois d’avril afin de laisser du temps aux étudiants pour chercher un contrat.

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Une phase complémentaire en réflexion

La création d’une phase complémentaire est en discussion. Il serait question de la mettre en place l’année suivante. L’Unef regrette que le ministère ne puisse pas s’engager sur sa mise en place dès 2023. "Concrètement, cela signifie que la fin mars serait la date limite pour toutes les candidatures en M1, quand actuellement celles-ci peuvent s’étendre jusqu’à septembre dans certains établissements", pointe le syndicat étudiant dans un communiqué publié ce vendredi.

S’il n’y a pas de phase complémentaire cette année, les étudiants pourront faire 15 vœux de mention en formation initiale et 15 vœux de mention en alternance. Si finalement une phase complémentaire est en place dès cette année, le nombre de vœux serait de 10 en formation initiale et 10 en alternance.

Pas de hiérarchisation des vœux

La ministre a par ailleurs annoncé qu'il n’y aura pas de hiérarchisation des candidatures "pour que les étudiants ne s’autocensurent pas et gardent la main tout au long du processus".

Echaudée par les critiques sur Parcoursup, Sylvie Retailleau a souligné la différence avec la plateforme post-bac. "Ce n’est pas Parcoursup, car les dossiers ne sont pas homogènes. Il n’y aura donc pas d’outil d’aide à la décision de la même façon. Aucune consigne de sélection ou quotas ne sera ainsi imposée, tout du moins cette année."

Aucune consigne de sélection ou quotas ne sera ainsi imposée, tout du moins cette année. (S. Retailleau)

"Ce sont les commissions internes aux établissements qui feront le recrutement, comme cela a été de tout temps", a-t-elle assuré. "Le rôle de la plateforme consistera seulement à redistribuer les places des candidats ayant accepté une autre proposition" afin de faciliter "la rencontre entre l’offre et la demande".

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Une meilleure visibilité sur le nombre de places

Selon la ministre, cette nouvelle plateforme permettra une meilleure visibilité sur le nombre de candidats réellement inscrits dans les formations, notamment à cause de "places prises fictivement et qui se révèlent vides à la rentrée". Elle vise ainsi à une meilleure connaissance du nombre de places vacantes au niveau national. Un état des lieux qui pourrait préciser le besoin de places en master.

Pour l’Unef, "le ministère fait le choix d’une réforme des candidatures, quand l’urgence est à l’investissement et la création de places massives". Le syndicat regrette par ailleurs que certaines de leurs propositions n’aient pas été prises en compte : une hiérarchisation des vœux, une limitation du nombre de pièces exigées pour les candidatures, et un élargissement des critères de saisine du rectorat.

Le ministère fait le choix d’une réforme des candidatures, quand l’urgence est à l’investissement et la création de places massives. (Unef)

Enfin, le ministère prévoit la création d'un comité éthique et scientifique sera créé pour surveiller la plateforme et la sélection opérée par les universités. Il pourra émettre des rapports sur les critères des commissions.

A la fin de la première année, le ministère dressera le bilan de la plateforme. Il pourra ensuite la faire évoluer en conséquence.

Les autres dossiers prioritaires du ministère

Former les étudiants à la transition écologique

"La transition écologique irriguera l’ensemble des chantiers que nous allons mener : recherche, innovation, formation et usages. C’est une attente de la société et des étudiants", a assuré la ministre.

Une réflexion est en cours concernant un bloc commun de connaissances et de compétences socles à développer dans les formations dès 2023. "Il faut donner les clés de compréhension à tous les étudiants dans les premières années d’études", a-t-elle affirmé.

Réformer le système de bourses sur critères sociaux

Une concertation nationale sur la réforme des bourses sera lancée début octobre. Elle sera menée "avec l’ensemble des personnalités et organisations impliquées dans la vie étudiante". Cette concertation analysera les limites du modèle actuel et étudiera les systèmes internationaux pour construire un nouveau modèle. Elle prendra également en compte l’hétérogénéité des situations selon le lieu d’études.

Un premier point d’étape sera fait en janvier 2023 afin de voir si une partie de la réforme peut être mise en œuvre dès la rentrée 2023. La date de la réforme complète dépendra de son modèle, qui sera défini d’ici juin 2023. Selon l’ampleur de la réforme, elle sera pleinement mise en œuvre à la rentrée 2024 ou 2025.

Mener un dialogue au niveau territorial

Un échange au niveau territorial sur la vie étudiante et la formation sera également lancé en octobre. Ce dialogue sera mené avec les rectorats et les représentants étudiants, notamment pour définir les attentes des établissements en termes de formation et d’insertion. Un retour sur les schémas territoriaux sera fait en juin 2023.


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