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Mines Albi : Alain-Louis Schmitt tire son bilan... et sa révérence

Natacha Lefauconnier
Publié le
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L'école des Mines Albi-Carmaux veut attirer plus d'étudiants étrangers en créant une International Graduate School.
Mines Albi, école interne à l'Institut Mines-Télécom, entend développer l'entrepreneuriat durant les cinq prochaines années. // ©  Studio Tchiz
Avant de quitter la direction des Mines Albi-Carmaux, Alain-Louis Schmitt a fait le bilan des cinq années écoulées le 20 avril 2017. Il laisse à son successeur les axes stratégiques du prochain quinquennat : accueillir plus d’étudiants, notamment internationaux, et mettre l’accent sur l’entrepreneuriat.

Un dernier bilan et puis s'en va. À la tête de l'école d'ingénieurs des Mines Albi-Carmaux depuis 2012, Alain-Louis Schmitt a profité de la conférence de presse organisée le 20 avril 2017 pour annoncer officiellement son départ. Il quitte la région toulousaine pour diriger une autre école interne à l'Institut Mines-Télécom : l'IMT Lille-Douai.

Avant de passer les rênes de l'école à Narendra Jussien, actuel directeur délégué de l'IMT Lille-Douai, Alain-Louis Schmitt a tenu à dresser le bilan de ses cinq années passées à Mines Albi, marquées notamment par une hausse des effectifs étudiants (près de 200 élèves en plus). Mais il en a surtout profité pour lister les chantiers à venir. "Face à la baisse des dotations publiques, la stratégie des Mines Albi pour les cinq prochaines années est de continuer d'augmenter le nombre d'étudiants, tout en développant la part des ressources propres de l'école", a-t-il annoncé.

Plus d’étudiants et d’alternants

Entre 2012 et 2016, l'effectif des étudiants de l’école est donc passé de 678 à 835 (dont 37 % de femmes), notamment grâce à la création de six masters internationaux. "L’objectif est d’accueillir 1.000 étudiants en 2020, tout en maintenant le niveau de sélection du concours, conformément aux attentes des entreprises qui recrutent des ingénieurs", détaille le directeur.

Le nombre d’alternants, lui aussi, a augmenté de 50 % durant cette période. "Cela correspond à une stratégie de l’établissement de faire financer les formations par les entreprises", décrypte Alain-Louis Schmitt, précisant qu'en cinq ans les ressources propres tirées de la taxe d’apprentissage ont augmenté. Un point de satisfaction pour l'école, quand cette enveloppe budgétaire s'est amoindrie dans de nouveaux établissements.

davantage de candidats étrangers

L’école souhaite également diversifier les profils de ses élèves en attirant davantage de candidats étrangers. "Nous avons actuellement 16 % d’étudiants internationaux : nous visons 25 %”, annonce Alain-Louis Schmitt. Comment ? En créant une "International Graduate School", en internationalisant les parcours du cursus ingénieur, mais aussi en proposant – et c’est déjà le cas – des formations uniquement en anglais. "Nos masters en anglais sont pour le moment un avantage concurrentiel… mais beaucoup d’écoles y viennent, il faut donc aller vite !", commente le directeur des Mines Albi.

Mais accueillir plus d’étudiants nécessite d’anticiper la question du logement. "Nous avons créé pour la rentrée 2016 un nouveau bâtiment de 60 studios, et un autre suivra bientôt", promet Alain-Louis Schmitt, qui précise, pour l’anecdote, que ce bâtiment innovant en matière d’isolation et de ventilation sert de travaux pratiques aux étudiants, qui peuvent en "évaluer les valeurs thermiques".

Nos masters en anglais sont pour le moment un avantage concurrentiel… mais beaucoup d’écoles y viennent, il faut donc aller vite !
(A.-L. Schmitt) 

développement de l'entrepreneuriat 

Au cours des prochaines années, l’école des Mines Albi devrait poursuivre la sensibilisation de ses étudiants à l’entrepreneuriat, à travers différentes initiatives et grâce notamment à l'incubateur maison. "Notre incubateur est ouvert aux élèves d’autres formations, sous réserve qu’ils traitent de thématiques sur lesquelles nous pouvons apporter nos compétences scientifiques", souligne le directeur de l’établissement.

Parmi ses anciens, l'école compte quelques belles réussites, à l'image du parcours d'Alban Leymarie, diplômé 2012, qui a créé en 2011 avec un autre élève ingénieur de l’école, la société Leyfa Measurement. "Nous avons pu poursuivre notre formation tout en développant notre activité de recherche dans l’incubateur de l’école", témoigne Alban Leymarie, qui emploie aujourd’hui une trentaine de salariés.

L’entreprise s’est positionnée sur une niche technologique, le mesurage de la géométrie des voies ferrées. Seul opérateur économique en Europe sur cette thématique, Leyfa est devenu le partenaire stratégique de SNCF Réseau. "Notre avance technologique est protégée par des brevets, et nous innovons de manière coordonnée avec le tissu industriel de la région", ajoute le jeune ingénieur-entrepreneur, qui a tiré les leçons de son passage aux Mines, notamment en matière de protection et de valorisation de l'innovation.

Des ressources propres accrues

Pour financer son développement, Mines Albi a augmenté ses ressources propres : de 6 millions d'euros en 2012, elles sont passées à 8 millions en 2016. "Outre les 500.000 euros supplémentaires de taxe d'apprentissage, nous avons récolté 400.000 euros de plus en droits de scolarité, 500.000 euros avec la création d'une chaire et de six masters, tiré 400.000 euros de l'accroissement d'activité contractuelle de recherche, et enfin 200.000 euros provenant de la location du campus pendant la saison estivale", énumère Alain-Louis Schmitt. Son successeur devra tabler sur une augmentation de 0,3 % des ressources propres en 2017, selon les prévisions de l'école.


Natacha Lefauconnier | Publié le