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Parcoursup, étudiants étrangers, recherche : en 2019, Frédérique Vidal maintient le cap

Étienne Gless
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"Nos universités peuvent et doivent tenir leur place dans le grand débat qui s'ouvre". Frédérique Vidal lors de ses vœux à la communauté de l'enseignement supérieur, de la recherche le 22 janvier 2019
"Nos universités peuvent et doivent tenir leur place dans le grand débat qui s'ouvre". Frédérique Vidal lors de ses vœux à la communauté de l'enseignement supérieur, de la recherche le 22 janvier 2019 // ©  Etienne Gless
Lors de ses vœux à la communauté de l'enseignement supérieur et de la recherche, la ministre a notamment défendu la plate-forme Parcoursup et la nouvelle stratégie d'accueil des étudiants internationaux. Elle a invité les établissements à s'impliquer davantage dans l'innovation et les programmes européens.

Cadre insolite et timing calculé. Pour ses vœux, Frédérique Vidal avait choisi la grande galerie de l’évolution du Muséum national d’histoire naturelle et le 22 janvier 2019, date d’ouverture de la plate-forme Parcoursup.

La ministre n’a pas manqué de défendre la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur : "Bien sûr nous pouvons faire mieux encore, car tout n’est pas achevé en l’espace de dix-huit mois, mais avec Parcoursup, nous disposons d'un outil lisible et transparent."

Si, en 2018, la plate-forme a permis de démultiplier les propositions faites aux candidats, pour 2019, la ministre souhaite en faire un outil de lutte contre l’autocensure.

"Dans le prolongement des travaux du sénateur Lafon et du comité éthique et scientifique, j'ai tenu, en notamment en Île-de-France, à faire tomber la barrière du périphérique et à affirmer l’égale vocation des futurs franciliens à poursuivre leurs études dans toute la région", s'est-elle réjouie.

Dans les semaines à venir, les taux minimums de boursiers dans chaque formation seront fixés, avec les présidents d’université, les directeurs d’établissement, ainsi que les recteurs d'académie.

Un accès aux études facilité et personnalisé

Pour rendre possible la mobilité des bacheliers qui souhaitent étudier hors de leur académie d’origine, Frédérique Vidal a rappelé la récente création du fonds mobilité, doté de 30 millions d’euros. Quid des futurs bacheliers habitant à deux heures de la fac la plus proche ? "S’ils ne viennent pas à l’université, c’est à l’université de venir à eux", estime la ministre, misant sur les technologies numériques et l'innovation pédagogique.

Après avoir salué l’implication des enseignants-chercheurs et des équipes pédagogiques pour la réussite en licence, dont témoignent notamment les nouveaux cursus universitaires, Frédérique Vidal a annoncé que la réforme des formations en santé se concrétiserait prochainement, en coopération avec Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Le projet de loi supprimant le "numerus clausus" devrait ainsi être discuté au parlement avant l’été.

La ministre a invité les acteurs du supérieur à proposer des cursus de formation plus courts, plus professionnalisants, et plus ouverts sur l'entrepreneuriat. À EducPros, Frédérique Vidal a déclaré vouloir s’inspirer des propositions du récent rapport sur l’évaluation du plan Pepite en faveur de l’entrepreneuriat étudiant "pour changer d’échelle".

Des moyens pour la recherche à trouver au niveau européen

Les moyens accordés à la recherche "n’ont pas toujours été à la hauteur", concède Frédérique Vidal, rappelant les efforts engagés, en particulier la remise à niveau des crédits de l’ANR (Agence nationale de la recherche), qui financent la recherche sur projets.

Dans le budget 2019, les crédits de paiement de l’ANR ont en effet été augmentés de 220 millions d’euros et les autorisations d’engagements de 65 millions d’euros sur deux ans. Les taux de sélectivité étaient tels que nombre de chercheurs se détournaient des appels à projets de l’agence. Un effort budgétaire "qui devra être nécessairement poursuivi".

La seconde condition du développement de la recherche ? "L’ouverture à l’Europe et au monde", selon la ministre, qui invite les établissements à se saisir des opportunités créées par la Commission de soutenir non plus six, mais douze projets pilotes d’universités européennes.

180 établissements intéressés par "Bienvenue en France"

Frédérique Vidal a également pris la défense de la très critiquée stratégie d’accueil des étudiants internationaux "Bienvenue en France", annoncée par le Premier ministre, Édouard Philippe, le 19 novembre 2018.

"Cela suscite des interrogations, de l’émotion, parfois de l’opposition. J’entends ces réactions. Néanmoins, la mise en place de ces frais différenciés s’accompagne comme partout dans le monde d’une politique volontariste de bourses et d‘exonérations", a-t-elle déclaré.

Près de 180 grandes écoles et universités ont déjà manifesté de l’intérêt pour le label "Bienvenue en France" alors que la première campagne de labellisation de Campus France sera lancée dès la semaine prochaine.

Priorité à la science ouverte et à l'innovation

La ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation a terminé son allocution en plaidant pour une ouverture encore plus grande de la diffusion de la culture scientifique et technologique au sein de la société.

"La recherche publique a d’immenses forces à faire valoir sur le terrain de l’innovation", a-t-elle souligné, appelant à changer d’échelle en matière de création de start-up issues des laboratoires et de recherche partenariale, d’ici à la fin du premier trimestre, la feuille de route devant être construite pour une mise en œuvre "immédiate".


Étienne Gless | Publié le

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