Satisfaite du retour en présentiel, la CPU pointe les enjeux liés aux masters et aux études de santé

Amélie Petitdemange
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Satisfaite du retour en présentiel, la CPU pointe les enjeux liés aux masters et aux études de santé
A l'université de Nantes, la rentrée de septembre s'est effectué en présentiel et sans jauge dans les amphithéâtres. // ©  université de Nantes
La Conférence des présidents d’université (CPU) a tenu sa conférence de rentrée, le 15 septembre 2021. Elle se réjouit de la reprise en présentiel mais reste vigilante quant à la crise sanitaire et plaide pour un meilleur encadrement des études de santé. La conférence réfléchit par ailleurs à des solutions pour les étudiants refusés en master.

Depuis la rentrée, les universités ont repris à 100% en présentiel. Un motif d'enthousiasme pour le président de la Conférence des présidents d’université (CPU), Manuel Tunon de Lara qui reste cependant prudent et estime que "les conditions sanitaires restent fragiles", lors d'une conférence de presse de la CPU, le 15 septembre.

Le spectre de la crise sanitaire toujours présent

Les universités ont anticipé une éventuelle reprise épidémique avec la préparation de différents scénarios entre présentiel et distanciel. Mais au-delà de ces scénarios, les universités misent essentiellement sur la vaccination. "Fin août, nous étions à 80% d’étudiants avec une dose et 60% avec deux doses. Nous visons 90 voire 100% de vaccination", espère Manuel Tunon de Lara.

Fin août, nous étions à 80% d’étudiants avec une dose et 60% avec deux doses. Nous visons 90 voire 100% de vaccination (M. Tunon de Lara)

Manuel Tunon de Lara est revenu sur l'impact de la crise sanitaire sur les étudiants en termes de précarité et sur leur réussite. La CPU a d'ailleurs mené une enquête qui révèle que le taux de présence aux partiels du second semestre s’apparente quasiment à celui hors crise. "Il n’y a donc pas de raison qu’il y ait un impact sur la réussite, sauf un peu en fin de diplôme de licence et de master. Mais il n’y a pas de décrochage massif", a affirmé Manuel Tunon de Lara. Le président nuance cependant ces résultats, qui doivent encore être consolidés.

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Articuler sélection et droit à la poursuite d’études

Autre défi de cette rentrée 2021 : les universités font face à une hausse des candidatures dans quasiment toutes les universités en master. "Les saisines sont stables mais restent élevées, environ 7.000. La tension s’accroît notamment en droit", a pointé Guillaume Gellé, vice-président de la CPU.

Mais pour lui, la qualité des formations de master prime sur la quantité : "Nous sommes attachés à la qualité des masters, à l’adossement à la recherche et à l’insertion professionnelle, il est donc plus difficile de créer des places en master qu'en licence". Il a rappelé que la CPU soutient toujours la réforme de la sélection en master. "Le problème, c’est qu’il faut articuler la sélection et le droit à la poursuite d’études".

Une des solutions consiste selon lui à travailler sur une meilleure optimisation des places. "C’est ce que nous faisons avec Trouvermonmaster, car à la fin il reste des places en master", souligne-t-il. Pour autant, tous les étudiants n’ont pas vocation à poursuivre leurs études. "On ne peut pas avoir une société de diplômés de master, il faut aussi une adéquation avec le marché de l’emploi."

Nous sommes attachés à la qualité des masters, à l’adossement à la recherche et à l’insertion professionnelle, il est donc plus difficile de créer des places en master qu'en licence (G. Gellé)

La CPU réfléchit par conséquent à des solutions comme le développement des licences pro et de l’apprentissage. "Il faut travailler sur la professionnalisation des étudiants, sur la formation tout au long de la vie, et sur une licence générale après laquelle l’étudiant pourrait s’insérer. Les compétences acquises en licence sont facilement applicables en entreprise mais il faut changer le regard sur les formations universitaires", a affirmé Guillaume Gellé.

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Encadrer davantage les études de santé

La CPU alerte par ailleurs sur l’encadrement des études de santé. "Les réformes demandent une grande vigilance et un encadrement supérieur. Nous avons à la fois un changement quantitatif avec un volume d’étudiants plus important, plus de parcours, des contrôles de connaissances différents…", souligne Manuel Tunon de Lara. "Les établissements ont fourni un immense effort pour augmenter le numérus apertus de 20% mais on ne pourra pas faire ça chaque année", a prévenu Guillaume Gellé.

Les établissements ont fourni un immense effort pour augmenter le numérus apertus de 20% mais on ne pourra pas faire ça chaque année (G. Gellé)

Enfin, cette année sera particulièrement politique pour la CPU : il s’agit de la dernière année académique du quinquennat. "Nous avons travaillé sur des propositions pour la présidentielle pendant notre université d’été. La CPU souhaite que l’université fasse l’objet d’une discussion collective avec les citoyens et les candidats à l’élection présidentielle. Nous sommes très attentifs à la façon dont l’université pourra s’inviter dans ces discussions politiques", a souligné Manuel Tunon de Lara.


Amélie Petitdemange | Publié le