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Thierry Mandon réaliste face aux écoles d’ingénieurs

Céline Authemayou
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Thierry Mandon s'est montré très ferme sur la non-augmentation des droits d'inscription dans les écoles d'ingénieurs publiques.
Thierry Mandon s'est montré très ferme sur la non-augmentation des droits d'inscription dans les écoles d'ingénieurs publiques. // ©  Nicolas Tavernier / R.E.A

Thierry Mandon a rencontré les écoles d'ingénieurs lors de l'assemblée générale de la Cdefi, le 18 septembre 2015. Rassurant quant à sa volonté de les soutenir, le secrétaire d'État s'est néanmoins voulu réaliste, à l'heure des négociations budgétaires. Et n'a pas exclu de nouvelles ponctions sur les fonds de roulement.

Après plusieurs mois de questionnements et de tensions budgétaires, ils étaient nombreux à avoir fait le déplacement pour rencontrer le secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur à l’assemblée générale de la Cdefi, vendredi 18 septembre 2015. Face aux 80 directrices et directeurs d’écoles d’ingénieurs, Thierry Mandon a tenu à rassurer les troupes.

"Le climat change. C'est une évidence pour l'État qu'il faille renforcer le financement de l'enseignement supérieur. Je crois fermement au rôle que vous jouez au sein de la société. Aujourd'hui, j'attends comme vous la fumée blanche". Allusion faite aux discussions budgétaires en cours.

Sur la question du budget, Thierry Mandon a de nouveau affiché clairement sa volonté : ce dernier doit être préservé, comme l'a assuré la veille François Hollande, en visite sur le plateau de Saclay. "Nous sommes dans un système sous tension démographique, avec un nombre croissant d'étudiants. Ce système a plus que jamais besoin d'être soutenu par l’État", défend-il.

20 millions à trouver

Un soutien plus que jamais nécessaire, dans un contexte marqué par la baisse des recettes issues de la taxe d'apprentissage. "Nous avons fait nos calculs : la baisse des recettes issues du hors-quota [hors formations par apprentissage] est cette année de 32% pour l'ensemble des écoles d'ingénieurs, détaille Marc Renner, directeur de l'Insa Strasbourg et président de la commission budget de la Cdefi. Ce qui représente un manque à gagner de 20 millions d'euros..."

Conscient du "choc terrible" provoqué par la réforme de la taxe induite par la nouvelle loi sur la formation professionnelle, le secrétaire d'État a avoué ne pas avoir de recette miracle pour mettre la main sur ces 20 millions. "Il faut sans tarder se mettre au boulot, et voir comment relancer la machine."

La solution prônée ? Continuer de développer la formation continue dans les écoles. Dès cette année, huit à dix établissements d'enseignement supérieur (universités comme écoles d'ingénieurs) expérimenteront des initiatives sur le sujet.

Je ne peux rien promettre.
(T. Mandon)

De nouvelles coupes ne sont pas à exclure

Si bon nombre de constats sont partagés, Thierry Mandon a fait face à une assemblée particulièrement inquiète, marquée par une année tendue sur le plan budgétaire. "Les prévisions de budget des établissements pour  2016 laissent apparaître des besoins équivalents, voire supérieurs à ceux de l'an passé, alerte Romuald Boné, directeur de l'Eni Brest. Nous sommes donc très inquiets et craignons un nouveau prélèvement sur les fonds de roulement". Lors de la première ponction, en avril 2015, les écoles d’ingénieurs avaient été mises à contribution : sur les 100 millions d’euros prélevés, près d’un quart provenait de ces établissements.

Loin de démentir cette hypothèse, le secrétaire d'État s'est contenté de rappeler ses propos. "J'ai précisé que je ne trouvais pas cette stratégie 'terrible', ce qui laisse tout de même sous-entendre que je n'y suis pas attaché. Mais l'arbitrage définitif sera rendu en fin de mois. Je ne peux rien promettre."

fin de non-recevoir sur les droits d'inscription

Autre point de crispation, celui des droits d'inscription. Quelques minutes à peine après son arrivée, Thierry Mandon a rappelé que ces droits ne "pouvaient être un levier de consolidation du modèle économique des écoles". Face à des directeurs d'écoles publiques militant fermement depuis plusieurs mois pour un peu plus de souplesse, son message a été très clair : pas d'augmentation à l'ordre du jour.

"Nous sommes d'accord avec vous sur le fond du problème, a tenu à préciser François Cansell, président de la Cdefi. En revanche, nous assistons à une situation complexe à gérer, avec le cas de CentraleSupélec [dont les droits d'inscription ont augmenté fortement], qui a instauré une concurrence déloyale envers les autres écoles du groupe..."

Et Thierry Mandon de balayer rapidement le sujet, en rappelant que ce cas particulier est lié à l'histoire même des deux écoles fusionnées en janvier 2015. Une façon pour le secrétaire d’État de marteler que, jusqu’à preuve du contraire, c’est au ministère de l’Enseignement supérieur que revient la décision d’augmenter les droits des établissements placés sous sa tutelle.


Céline Authemayou | Publié le

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Philippe S.

Il n'y a pas assez d'ingénieurs formés... sachant qu'ils sont rarement au chômage n'est-ce pas là qu'il faut mettre des moyens?

Frida.

Il y a trop d'écoles d'ingénieurs ...