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Baromètre EducPros 2014. La réussite étudiante aux oubliettes ?

Sophie Blitman, avec Camille Stromboni et Baptiste Legout
Publié le
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Baromètre EducPros 2014. Absence de reconnaissance de l'investissement envers les étudiants © Hervé Pinel
Baromètre EducPros 2014. Absence de reconnaissance de l'investissement envers les étudiants © Hervé Pinel

Alors que la réussite étudiante est affichée, depuis le début du quinquennat Hollande, comme une priorité de Geneviève Fioraso, les enseignants et personnels administratifs se sentent peu soutenus pour les actions qu'ils mettent en place en ce sens. L'engagement au sein de projets de recherche est un peu plus valorisé, d'après les résultats de notre baromètre EducPros 2014 du moral des professionnels de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Les enseignants-chercheurs n'ont pas l'impression que la réussite étudiante est une priorité reconnue dans leur établissement : voilà ce qui ressort du baromètre EducPros 2014 du moral des professionnels de l'ESR. Plus de la moitié d'entre eux (54%) ne se sentent pas soutenus dans leur investissement auprès des étudiants. Un résultat inquiétant pour Geneviève Fioraso qui a fait de la réussite étudiante l'une de ses priorités, sous la mandature du "président de la jeunesse".

Ce résultat global reflète surtout le malaise dans les universités puisque c'est là où moins d'un enseignant sur deux (46%) estime que sa mission pédagogique est soutenue par l'établissement, alors que cette proportion, sans atteindre des sommets, gagne tout de même 10 points de plus dans les écoles.

Les personnels administratifs se sentent un peu plus soutenus, à 58% (52% dans les universités, 67% ans les écoles). Mais avec une exception notable : les bibliothécaires.

L'investissement dans des projets de recherche un peu plus valorisé

Côté recherche, une petite majorité (52%) des enseignants et enseignants-chercheurs se dit soutenue par son établissement dans ses projets. Une proportion qui tombe à 47% dans les universités, contre 58% dans les écoles.

Quant aux chercheurs purs, déchargés de toute mission d'enseignement, ils se disent globalement soutenus pour les trois quarts d'entre eux dans leurs activités de recherche. Mais tout dépend là aussi de l'établissement où ils exercent : s'ils sont 80% dans ce cas dans les organismes de recherche, le taux n'atteint que 58% dans les écoles, et même 47% dans les universités, alors même que la recherche constitue leur principale mission.

PAROLES DE PROS (témoignages recueillis au cours de notre enquête)
"Dans le système actuel, seule la recherche est valorisée pour les promotions, l'investissement sans les activités pédagogiques n'est pas reconnu. La course aux accréditations nationales et internationales fait parfois oublier aux acteurs de l'ESR, notamment dans l'administration publique du MESR, que public ou privé, nous avons une mission essentielle auprès des jeunes : celle de leur assurer un avenir par le développement de compétences professionnelles tout autant qu'académiques."

"Dans mon université, la mission dont je m'occupe, à savoir l'aide à l'insertion professionnelle, vient loin, très loin dans les objectifs et les préoccupations des dirigeants et des enseignants-chercheurs. Tant que cette prise de conscience ne sera pas intégrée là-haut, il n'y aura pas de valorisation des projets que je porte."

"La compétence et l'efficacité professionnelle ne sont ni identifiées, ni récompensées."

"Aucune reconnaissance de l'engagement des enseignants auprès des étudiants. La direction de l'université ne se résume plus qu'à un exercice d'équilibre comptable de plus en plus hasardeux sans qu'aucune valeur pédagogique ne puisse être à l'ordre du jour."


Sophie Blitman, avec Camille Stromboni et Baptiste Legout | Publié le

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