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P. Ray : "L’industrie du futur est au cœur de notre stratégie d’établissement"

Clément Rocher
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P. Ray : "L’industrie du futur est au cœur de notre stratégie d’établissement"
Les écoles d'ingénieurs, comme l'IMT St-Etienne, cherche à s'orienter vers l'industrie du futur. // ©  Alexis Chézières/IMT St-Etienne
L’École des Mines de Saint-Étienne s'engage dans une stratégie de développement tournée vers l'industrie du futur. Pascal Ray, son directeur, nous en détaille les objectifs : accompagner les petites entreprises face aux enjeux du numérique et des nouvelles technologies, et améliorer l'ancrage territorial de l'établissement au niveau national.

L'Ecole des Mines de Saint-Etienne cherche à se positionner sur les nouveaux enjeux liés à l'industrie du futur. Qu'est-ce que cela représente pour vous ?

 // © Alexis Chézière

Il est effectivement important de caractériser l'industrie du futur. Elle se définit autour de quatre volets : la technologie, l'économie, l'humain, et le développement durable/la responsabilité sociétale.

Cette révolution 4.0 se met en place autour de l'intelligence artificielle, de la robotique, de l'impression 3D, de toutes ces nouvelles technologies… Ainsi, l’École des Mines de Saint-Étienne porte plusieurs grands projets dans le cadre de l'industrie du futur.

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L'objectif pour notre établissement est de voir comment nous allons accompagner la transformation numérique des entreprises, notamment les PME et PMI qui sont moins armées vis-à-vis du numérique. En France, on constate que 37% des petites entreprises ne sont pas prêtes à se diriger vers cette démarche de l'industrie du futur. Il faut les sensibiliser et les écouter pour arriver à mettre de l'agilité dans leurs organisations.

Dans quelle mesure votre école d'ingénieurs va amplifier son ancrage territorial ?

Le premier projet est voulu par l'Institut Mines-Télécom et par notre ministère de tutelle : il s'agit d'une implantation dans la ville de Lyon sur le campus Région du numérique. Nous allons faire des choses complémentaires et articulées autour de l'industrie du futur. La région veut développer de très fortes compétences autour du numérique. Le campus est en cours de construction et sera livré en septembre 2020.

Nous allons mettre en place la plateforme DIWII (Digital Intelligence Way for Industry Institute) afin d'accompagner la formation initiale et continue. Et nous allons conduire des activités de recherche partenariale notamment au travers de chaires industrielles. Nous avons par exemple un projet qui est en cours de mise en œuvre autour de la 5G et de l'entreprise.

L'école va également développer de nouvelles plateformes technologiques…

Tout à fait, c'est notre deuxième projet. Nous sommes en train de rénover une friche industrielle sur laquelle nous aurons des plateformes technologiques autour de l'industrie du futur. L'une sera spécialisée dans la fabrication additive métallique. Nous allons également transférer nos plateformes déjà existantes dont IT’m Factory qui va nous permettre de montrer toutes les nouvelles technologies.

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Nous sommes aussi en recherche de financement pour une plateforme autour de la fabrication additive de poudre céramique. Nous avons déjà conduit des travaux pendant une dizaine d'années sur cette nouvelle technologie.

En quoi consiste le projet ID Fab ?

Il s'agit d'un projet dédié à la microélectronique et à l'informatique au sein du campus Georges Charpak Provence. Nous portons le projet ID Fab : il porte sur des plateformes permettant de travailler sur des objets connectés et des interfaces sensitives. Cela s'inscrit dans le cadre du Campus des métiers et des qualifications – Industrie du futur sud. Labellisé campus d'excellence, il rassemble l'ensemble des filières de microélectronique et d'informatique de la région Sud.

Votre établissement s'est également positionné autour de la santé du futur. Pourquoi cette thématique ?

Nous travaillons beaucoup dans le secteur de la biomécanique, sur de nouveaux textiles dans le médical, mais aussi sur le maintien à domicile des personnes fragiles dans le cadre d'un partenariat avec le groupe AÉSIO.

Nos étudiants participent à de nombreux projets : notamment des développements informatiques autour de la science des données. Nous travaillons en simulation de flux sur la gestion des urgences par exemple.

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Quels sont vos partenaires pour mettre en place cette stratégie ?

Nous travaillons régulièrement avec des partenaires publics et privés pour mieux répondre aux attentes des entreprises. Comme avec l'école d'ingénieurs Sigma Clermont qui est spécialisée dans le champ de la robotique et apporte des compétences différentes. Ou bien le Centre technique des industries mécaniques (CETIM) concernant l'accompagnement des entreprises sur le thème de la relation client.

Nous allons chercher d'autres compétences au sein des écoles de l'Institut Mines-Télécom. Mais nous travaillons aussi avec un certain nombre de partenaires académiques que nous avons sur les territoires de Lyon et de Saint-Étienne. L'idée est d'aller plus loin et nous allons renforcer nos collaborations autour de nos thématiques réciproques et complémentaires pour répondre à des problématiques d'entreprises ou de formation.

Cette stratégie de développement autour de l'industrie du futur est de l'ordre de 10 millions d'euros. Les conseils régionaux, les métropoles d'Aix-Marseille et de Saint-Étienne nous ont bien accompagnés financièrement. Nous avons un plein soutien des collectivités territoriales et de notre ministère de tutelle dans cette démarche.

Quels sont les objectifs que vous souhaitez atteindre à l'horizon 2023 ?

Nous voulons nous positionner sur les champs thématiques que nous connaissons et que maîtrisons. Nous avons affiché un objectif de 2.350 étudiants en 2023. L'idée est de mieux former les élèves-ingénieurs aux nouveaux métiers associés à l'industrie du futur.

Quelles sont les conséquences de la période de confinement liée à l'épidémie de Coronavirus pour votre établissement ?

Nous étions préparés à l'éventualité d'une période de confinement et nous avons pu organiser le fonctionnement des services à distance. Sur le volet formation, c'était le point le plus compliqué. Nous faisons un peu de formation à distance mais nous n'étions pas armés pour démarrer à 100%. Nous devrions être totalement opérationnels très rapidement. Concernant les étudiants qui devaient partir à l'étranger ou en stage, la période de confinement ne doit pas avoir de conséquence sur la scolarité de nos élèves. Nous avons la possibilité de réduire les périodes en entreprise et à l'international. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle.

L'École des Mines de Saint-Étienne est membre de l’Institut Mines-Télécom, premier groupe français de grandes écoles d’ingénieurs et de management. Elle compte actuellement près de 2.100 élèves-ingénieurs, répartis sur deux campus. L'établissement délivre six diplômes d'ingénieurs dont quatre par la voie de l'apprentissage et qui sont opérés par l'Institut supérieur des techniques de la performance. L'école détient également 14 diplômes de mastères dont huit en anglais afin d'accueillir les étudiants étrangers.


Clément Rocher | Publié le

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Frida.

Le recrutement en 2020 ça risque d'être folklo tout de même. Bon courage