Sciences po Paris : trois candidats présélectionnés pour la succession de Frédéric Mion

Dahvia Ouadia
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Sciences po Paris, entrée rue Saint-Guillaume, octobre 2012
Sciences po Paris, entrée rue Saint-Guillaume, octobre 2012 // ©  l'Etudiant
Sciences po recherche son futur directeur depuis la démission de Frédéric Mion en février 2020. Une succession longue qui devrait bientôt aboutir. Trois candidats figurent sur la short list, parmi les 23 postulants. Bénédicte Durand, actuelle administratrice provisoire n’y figure pas… Le point sur leurs profils et leurs grands projets pour l'institution.

Il n’en reste plus que trois. Sur les 23 candidats à la direction de Sciences po, les trois personnalités sélectionnées qui figurent sur la short-list sont : Olivier Faron, Christine Musselin et Mathias Vicherat. "La commission a choisi parmi des candidatures d’extrême qualité" indiquent Laurence Bertrand Dorléac, présidente de la FNSP et Jeanne Lazarus, présidente du conseil de l’IEP. À noter que Bénédicte Durand, actuelle administratrice provisoire, ne figure pas dans la liste des candidats présélectionnés.

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Deux candidats du supérieur et de la recherche

Parmi les trois profils retenus, deux sont des experts du supérieur. Olivier Faron est universitaire et administrateur général du CNAM depuis 2013. Dans son projet pour Sciences po, Olivier Faron évoque "deux axes névralgiques : le bien commun et les responsabilités assumées". Il souhaite faire du bachelor de Sciences po "l’une des meilleures formations post-bac mondial". Il souhaite aussi développer une vie étudiante "de grande qualité".

Au-delà des premières années de formation, Olivier Faron mise aussi sur le renforcement des écoles internes spécialisées mais il souhaite aussi faire de Sciences po un leader des "executive programs". L’école doit aussi conforter sa place comme principal vivier de la haute fonction publique notamment avec la création de l’INSP. Son ambition pour l’établissement : "construire durablement sa place parmi les 20 universités mondiales les plus reconnues scientifiquement".

À la suite des différents problèmes auxquels l’administration de Sciences po a été confrontée, l’administrateur du Cnam souhaite mettre en place "une administration exemplaire". Il estime qu'"aucun acte répréhensible pour autrui ou pour les valeurs fondatrices de l’institution n’est acceptable et la vigilance doit être extrême."

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Christine Musselin est de son côté une sociologue française. Elle a notamment dirigé le centre de sociologie des organisations, une unité mixte de recherche rattachée à Sciences po et au CNRS puis a été directrice scientifique de Sciences po. Elle propose un projet autour de la recherche en SHS comme pilier de l’institution. Côté institutionnel, elle souhaite "redonner de la confiance et récréer du collectif". Elle envisage ainsi d’organiser un temps d’échange avec l’ensemble de la communauté pour "tirer les leçons de la crise" et trouver des solutions. Au-delà de ces aspects, elle souhaite axer l’établissement parisien sur la RSE et son autonomie notamment financière.

Pour l’établissement, Christine Musselin souhaite également "parachever la transformation de Sciences po en université de recherche internationale" en donnant plus de visibilité à l’école de recherche ; en modifiant le rapport entre le bachelor et les masters "en réduisant les effectifs du premier et en accroissant ceux des seconds afin d’atteindre rapidement une répartition de 40/60 puis de viser un objectif d’un tiers/deux tiers". Elle souhaite également faire de Sciences po une université de recherche en SHS en augmentant notamment le nombre d’enseignants.

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Un candidat extérieur, haut fonctionnaire

Enfin, Mathias Vicherat est le troisième candidat en lice pour la direction de Sciences po. Contrairement aux deux autres profils, ce haut fonctionnaire a notamment été sous-préfet d’arrondissement de Bobigny puis directeur de cabinet de Bertrand Delanoë et d’Anne Hidalgo. Il a aussi été directeur adjoint du groupe SNCF et secrétaire général de Danone. Dans son projet, il souhaite notamment "démocratiser, amplifier l’inclusion et la promotion de l’égalité des chances". Il prévoit ainsi de doubler le nombre de convention de partenariat CEP pour atteindre 200.

Il souhaite lui aussi renforcer "l’effort en faveur de la recherche en SHS" et "conforter l’internationalisation" de l’établissement. Côté formation, il entend mieux articuler les différents sites de Sciences po notamment à l’échelle du bachelor, et travailler sur les écoles internes pour favoriser le lien entre recherche et enseignement.

Verdict les 9 et 10 novembre 2021

Les trois candidats seront départagés les 9 et 10 novembre prochains, dates auxquelles le conseil de l’IEP et le conseil d’administration de la FNSP se prononceront respectivement. "En cas d’accord entre les conseils, ces derniers transmettront le 10 novembre à la ministre de l’Enseignement supérieur leur proposition", précise Sciences po. La sortie de crise se rapproche…


Dahvia Ouadia | Publié le