1. Présidentielle : cette journaliste partage des apéros politiques avec les 18-30 ans
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Présidentielle : cette journaliste partage des apéros politiques avec les 18-30 ans

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Nina Guérineau de Lamérie se rêve porte-voix politique de sa génération. // © Photo fournie par le témoin
Nina Guérineau de Lamérie se rêve porte-voix politique de sa génération. // © Photo fournie par le témoin

ELLE VA FAIRE LA UNE. Jeune journaliste, Nina Guérineau de Lamérie, 23 ans, se lance dans son premier projet au long cours. Elle part à la rencontre des jeunes Français, dans toute leur diversité, pour mieux comprendre ce qu’ils attendent de l'élection présidentielle de 2017.

C'est au détour d'un apéro avec des amis de promo que Nina Guérineau de Lamérie a eu cette idée : organiser "le Verre Politique", un rendez-vous d'une heure pendant lequel elle interroge de jeunes Français sur leurs attentes de la présidentielle. Le tout est filmé et diffusé sur le site tour-de-France-presidentielle-2017.fr.

La jeune journaliste de 23 ans explique : "En juin 2016, j'étais sur le point de finir mes études à l'ESJ Pro de Montpellier. Les élections de 2017 s'annonçaient et, avec elles, le besoin de couvrir la situation de la jeunesse. On dit sans cesse que les 18-30 ans se désintéressent de la politique, mais ce n'est pas vrai ! Ils la commentent ! Et puis, autour d'un verre, les gens se lâchent un peu plus".

Faire remonter les idées des 18-30 ans

En novembre 2016, le projet est lancé : la journaliste parcourra 24 villes de France pour y récolter les idées des jeunes. "On parle toujours de cette "masse", comme s'il n'y avait qu'une seule jeunesse, souligne-t-elle. Mais celle-ci n'existe pas." Nina entend le prouver en donnant la parole aux habitants "de villes qui ont une actualité ou un intérêt politique". Elle passera donc par Calais, Béziers, Grenoble, mais aussi par La Souterraine, en Creuse, "pour y faire parler ceux que l'on entend trop peu". Un itinéraire visiblement réfléchi pour dresser une carte aussi exhaustive que possible des attentes de cette population diverse.

"Mon but ultime, c'est que les 18-30 ans réfléchissent à leur propre condition." Ce que chacun fait, à son échelle, et lui dévoile au cours des apéritifs qu'elle organise à chaque étape. Au bout de six semaines, l'expérience est déjà positive : "J'ai rencontré tellement de profils différents ! Il y a ceux qui travaillent, ceux qui étudient, ceux qui réfléchissent à de nouveaux modèles de société, ceux qui s'investissent dans des projets alternatifs..." L'écologie, rapporte-t-elle, "tient une bonne place dans les préoccupations".

Test : Êtes-vous fait(e) pour être journaliste ?

Des tas d'histoires à raconter

24 semaines et autant d'apéros politiques filmés, des "rencontres de rue" dont elle profite pour tendre son micro aux jeunes. "Je fais tout moi-même", explique Nina.

"Après une licence d'info-com à Avignon, j'ai étudié pendant deux ans à l'ESJ Pro, tout en étant en contrat de professionnalisation au "Dauphiné Libéré". Cela m'a permis de travailler à tous les postes pendant que je me formais au multimédia à l'école." Et pour financer le tout, elle fait comme les jeunes de sa génération : "de la débrouille !". En général, elle emmène des voyageurs sur sa route grâce au site de covoiturage Blablacar et utilise le couchsurfing pour se loger. "J'adore le métier de journaliste. Il me permet de rencontrer quantité des gens, de faire entendre les idées de chacun, de recueillir des tas d'histoires différentes."

Mais quid de l'après présidentielle ? Nina l'admet, comme une bonne partie des personnes qu'elle interviewe, elle est un peu perdue. "Je souffre de désillusion envers ce système de buzz, cette cacophonie ambiante qui peut régner dans les médias." Elle dit avoir du mal à "entrer dans la machine du journalisme actuel". Comprendre : la surenchère d'actualité chaude et de "breaking news". Elle se destine "pourquoi pas à un autre projet, ou à une rédaction qui me permettrait de continuer dans la lignée d'aventures" qu'elle s'est choisie avec son projet politique. "Je suis journaliste parce que c'est cela qui me plaît : prendre le pouls d'une société qui bouge."