1. Se former à l'agriculture : 4 étudiants racontent
Témoignage

Se former à l'agriculture : 4 étudiants racontent

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Le salon international de l'agriculture 2015 // © pressesia@comexposium.com
Le salon international de l'agriculture 2015 // © pressesia@comexposium.com

Offre de formations foisonnante et bonnes perspectives côté emploi : le secteur de l'agriculture a le vent en poupe ! Orianne, Irène, Armand et Laure, étudiants présents sur le Salon de l’agriculture 2015, ne s'y sont pas trompés. Venus d’horizons différents, ils partagent la même passion pour la nature et confirment la diversité des professions envisageables. Rencontres.

Orianne, 19 ans, en première année de BTSA production animale

Salon de l'agriculture 2015

Si tu n'aimes pas les bêtes, ce n'est même pas la peine !

Quel a été votre parcours jusqu'au BTSA ?

"J'ai commencé mes études dans l'agriculture dès la seconde, puisque j'ai fait un bac STAV (sciences et technologies de l'agronomie et du vivant) dans un lycée agricole. Au départ, je me suis orientée vers ce lycée pour l'option équitation qu'il proposait : je monte à cheval depuis que je suis toute petite ! Puis, j'ai voulu y rester et j'ai choisi le bac technologique plutôt que le bac professionnel, car je pense qu'il ouvre plus de portes.

Comment se passe cette première année postbac ?

J'aime beaucoup ce qu'on apprend. Ce qui est bien, c'est qu'il y a à la fois des matières générales comme le français, l'anglais, l'économie, et des matières très techniques comme la zootechnie, l'agronomie. Avec mon bac STAV, j'avais déjà des bases. En revanche, j'ai un peu plus de mal avec les matières scientifiques (maths, physique-chimie...). Il y a aussi une matière très intéressante qui n'existe que dans l'enseignement agricole : l'éducation socioculturelle.

Comment envisagez-vous l'avenir ?

J'aimerais poursuivre en licence professionnelle. Dans le futur, l'idéal pour moi serait de m'installer en tant qu'exploitant agricole. Mais je pense que c'est important de connaître le métier avant de se mettre à son compte. J'aimerais donc faire d'abord quelques années en salariat. Je ne m'inquiète pas pour mon avenir, ce BTS est très technique et professionnalisant, beaucoup d'entreprises agricoles recherchent des gens comme nous.

Un conseil à donner à ceux qui voudraient suivre vos traces ?

Quand on est dans ce milieu-là, c'est que l'on aime vraiment ce qu'on fait. C'est un quotidien très prenant, si tu n'aimes pas les bêtes ce n'est même pas la peine ! Il faut être passionné et ne pas le faire parce que c'est notre seul choix accepté sur APB.

Irène, 20 ans, en première année à AgroParisTech

Salon de l'agriculture 2015Irène, élève à AgroParisTech. // © Raphaëlle Orenbuch

C'est génial de pouvoir se promener dans la nature et de comprendre pourquoi les feuilles sont vertes !

Quel a été votre parcours jusqu'à intégrer votre école d'ingénieurs ?

J'ai passé le concours commun A bio – l'un des concours agronomiques et vétérinaires – après mes deux ans de prépa BCPST (biologie, chimie, physique et sciences de la Terre) au lycée Fermat à Toulouse [31]. À la fin de mes trois années dans cette école, j'aurai un diplôme d'Ingénieur du vivant avec, au choix, une spécialisation en agronomie, en agroalimentaire, en biotechnologie ou en foresterie.

Quel est le métier auquel vous vous préparez ?

L'an prochain, je vais certainement me tourner vers le domaine production animale et végétale en forêt, mais je ne sais pas encore dans quelle production spécifiquement. Les métiers que l'on prépare visent tous à essayer d'optimiser la production agricole, dans un esprit environnemental. C'est ce qui me plaît : réussir à améliorer la production en la rendant durable ! J'aimerais passer le concours pour travailler dans l'administration en forêt. Après, certains se dirigent vers la fabrication cosmétique, la recherche végétale pour avoir des végétaux plus performants, la génétique ou travaillent dans des coopératives agricoles.

Pourquoi avez-vous choisi la filière agricole ?

Mes parents étaient agriculteurs. J'ai toujours beaucoup aimé la nature et les animaux, je trouve que c'est génial de pouvoir se promener dans la nature et de comprendre pourquoi les feuilles sont vertes, pourquoi les arbres poussent ! La biologie me passionne, je n'aurais pas voulu faire autre chose.

Si vous aviez un conseil à donner aux futurs étudiants, quel serait-il ?

Il n'y a pas que la classe préparatoire pour intégrer une école d'ingénieurs. On peut très bien venir d'un DUT (diplôme universitaire de technologie), d'un BTS (brevet de technicien supérieur) ou de la fac. Ce qui compte c'est la détermination et la passion. En agronomie, il ne faut pas s'imaginer que l'on ne travaille qu'avec des agriculteurs, les domaines sont très variés.

Armand, 19 ans, en première année de BTSA ACSE (analyse et conduite de systèmes d'exploitation)

Salon de l'agriculture 2015

Ce qui me plaît, c'est la diversité des cours et des profils

Comment vous êtes-vous dirigé vers des études agricoles ?

J'ai toujours été passionné par l'agriculture, j'ai de la famille dans ce milieu et depuis tout petit, je sais qu'il faut que je travaille dans un domaine proche de la nature. Dès le lycée, j'ai choisi de faire un bac STAV. Ce BTS c'est la suite logique de mon bac, dans le même lycée. Ce qui me plaît, c'est la diversité des cours et des profils. C'est une formation accessible à tous.

Quel(s) métier(s) préparez-vous avec cette formation ?

Les cours sont surtout axés sur la comptabilité et la gestion. Après ce BTS, de nombreux étudiants continuent en école d'ingénieurs, en licence professionnelle ou en école de commerce. Moi, j'ai toujours voulu être agriculteur mais maintenant, les conditions ont beaucoup changé. Les contraintes sont très nombreuses et je n'ai pas envie de m'installer tout de suite. Je pense donc commencer plutôt dans le para-agricole, comme technicien ou commercial.

Quel conseil donneriez-vous aux futurs étudiants de votre filière ?

Tout simplement : travailler, être motivé et passionné ! Ce qui me plaît dans l'agriculture, c'est que l'on aspire à être son propre patron, à travailler dans la nature, à s'organiser comme on l'entend. Mais cela ne convient pas à tout le monde. Il faut vraiment avoir un pied dedans dès le plus jeune âge. J'ai déjà travaillé comme ouvrier agricole l'été et le week-end, donc j'ai un aperçu du milieu, je pense que c'est important.

Laure, 18 ans, en première année de BTSA GPN (gestion et protection de la nature)

Salon de l'agriculture 2015

On apprend à travailler au plus proche de la nature

Quel a été votre parcours jusqu'au BTSA ?

J'ai d'abord passé un bac scientifique avant de me diriger vers ce BTS. Ce qu'on y apprend est très concret, on fait beaucoup de "chantiers", c'est-à-dire des projets pour nous apprendre la gestion de la nature de manière très palpable. On entrevoit une grande diversité de métiers liés à l'environnement, on apprend à travailler au plus proche de la nature, à sensibiliser les gens sur les questions environnementales, et c'est ce qui me plaît. Il faut savoir par ailleurs qu'il y a des matières scientifiques, où l'on doit apprendre le nom de plantes par exemple.

Comment envisagez-vous votre avenir ?

Je compte continuer mes études, car les débouchés à la sortie du BTS ne sont pas excellents. Les métiers typiques après ma formation sont ceux de garde nature dans les parcs nationaux ou les collectivités. J'aimerais bien intégrer une école du paysage ou une école d'ingénieurs agricoles. J'ai encore un peu de temps, je n'ai pas encore de métier qui me fait vraiment rêver. Mais ce que je sais, c'est que j'ai envie de protéger la nature. Mes parents sont agriculteurs bio et j'ai toujours été sensible à ces problématiques.

Un conseil aux futurs étudiants de votre filière ?

Pour ceux qui hésiteraient, je pense que le BTS est vraiment génial pour se lancer dans le concret, c'est très formateur, très professionnalisant.

À lire en complément : Travailler dans l'agriculture : 5 métiers qui recrutent Salon international de l’agriculture : à la rencontre des pros !
1.050 exposants, 4.000 animaux… Paris Expo (Porte de Versailles) dédie ses allées au monde de l'agriculture jusqu'au 1er mars 2015. L'occasion de rencontrer des pros et des étudiants du secteur… en profitant de quelque dégustation de produits gastronomiques !

Salon international de l’agriculture : de 9h à 19h tous les jours et jusqu’à 20h les mercredis et jeudis. Tarif étudiant : 6 €. Plus d'infos sur http://www.salon-agriculture.com.