4 questions à Patricia Lecomte, photographe et directrice pédagogique de l’EFET Photo

publié le 20 Decembre 2019
5 min

Le marché de la photographie faisant face à une concurrence accrue, les écoles de photographie ont le devoir de préparer leurs étudiants aux réalités du terrain. Patricia Lecomte, directrice pédagogique, nous explique comment l’EFET Photo répond à ces défis.

Quels sont les principes pédagogiques fondamentaux au sein de l’EFET Photo ?

Nous avons souhaité mettre en place une pédagogie très active pour préparer nos élèves aux réalités du terrain. C’est pourquoi nous les confrontons à la pratique de la prise de vue sous toutes ses formes : reportage, studio, pub, corporate… L’objectif étant de leur permettre de choisir leur spécialité en fin de deuxième année. Quant à nos enseignants, ce sont tous des professionnels reconnus et actifs dans leur domaine.

L’autre aspect qui nous tient à cœur est que nos étudiants acquièrent un solide socle de connaissances généralistes avant de se spécialiser en troisième année à travers leur projet professionnel. Pour cela, plusieurs pré-jurys sont organisés dès la fin de la deuxième année avec des professeurs de l’EFET Photo afin d’aider l’étudiant à se positionner « photographiquement » par rapport à ses pairs. Puis, en troisième année, les élèves profitent d’un suivi individualisé : ils construisent leurs propres sites et constituent leur book, les deux outils indispensables au démarchage dans le monde de la photo et qui sont le reflet de leur savoir-faire. En fin d’année, ils passent leur diplôme devant un jury de professionnels chevronnés : responsable de fondation ou directeur de musée, DA, rédacteur en chef, photojournaliste, galeriste… Durant cette dernière année, les étudiants gèrent également leur propre galerie lors des Rencontres d’Arles, en juillet : accrochage de leurs travaux, vernissage, animation de la galerie… ils s’occupent de tout.

Comment assurez-vous l’employabilité de vos élèves ?

Notre école a fêté ses 50 ans en 2019 et bien sûr, nous nous sommes modernisés. Nous avons d’ailleurs de nouveaux locaux depuis deux ans. Le métier a beaucoup évolué ces dernières années, c’est pourquoi nos relations privilégiées avec les studios, labos, galeries ou festivals sont essentielles. Les élèves peuvent s’appuyer sur la réputation de l’école pour mieux s’intégrer sur le marché professionnel. Les enseignants et les jurys de fin d’année renforcent aussi les connexions avec la réalité du marché.

Les élèves peuvent également s’appuyer sur un réseau très actif d’anciens avec de belles offres de stages. Ces stages sont recommandés dès la première année (un ou deux mois) et deviennent obligatoires en deuxième année (un et deux mois) et troisième année (trois mois). À l’issue du stage, de nombreux étudiants reçoivent des propositions d’emploi.

Enfin, il faut savoir qu’une bonne partie des photographes exercent en freelance. Quelques postes de salariés sont proposés dans les studios, en revanche, d’autres branches comme l’iconographie dans les magazines ne sont clairement plus porteuses. C’est aussi toutes ces réalités que nous transmettons à nos élèves.

Quelle place accordez-vous aux connaissances informatiques et comment viennent-elles se greffer aux enseignements classiques ?

Nous sommes depuis longtemps passés à l’ère du numérique, nous tenons à maintenir un laboratoire argentique dans notre nouvelle école, pour faire comprendre à nos étudiants ce qu’est la photographie. Cependant, la part des enseignements informatiques est prépondérante. Nous leur apprenons à maîtriser les logiciels (InDesign, Photoshop, Adobe Premiere…), à connaître les fondamentaux du codage pour créer leur site Web ou encore à s’approprier les réseaux sociaux pour les tourner à leur avantage. Enfin, l’EFET Photo propose un double diplôme en Webdesign et photographie, en partenariat avec l’ICAN.

Comment ces enseignements répondent-ils aux enjeux actuels du marché des créatifs ?

La plus grande difficulté des photographes est qu’ils doivent aujourd’hui faire face à la concurrence des amateurs qui font baisser les tarifs de la photo, mais aussi aux nouvelles plateformes qui ubérisent la profession. Nous tentons d’affronter ces enjeux en transmettant à nos photographes une technique irréprochable afin que leur travail soit toujours réfléchi et impeccable. En outre, la photographie est réellement un métier d’expérience et nos élèves ont vocation à être « tout-terrain ». Nous les armons en leur prodiguant des cours sur la législation, le cadre commercial, afin qu’ils apprennent à frapper à la bonne porte. Enfin, nous les poussons à être très créatifs pour se démarquer du commun des photographes.

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