L’ISFJ, le journalisme en plein cœur

Par L'Etudiant Fab, publié le 23 Novembre 2022
7 min

Avec ses trois campus situés à Paris, Lille et Lyon, l’Institut Supérieur de Formation au Journalisme mise sur des parcours professionnalisants. Très vite confrontés au terrain, les étudiants s’immergent avec passion dans un métier aux multiples facettes. Entretien avec Ludovic Place, le directeur de l’ISFJ.

Si vous deviez décrire la philosophie globale de l’ISFJ, que diriez-vous ?

Je dirais que c’est une école qui vit comme une rédaction, au service de la formation d’étudiants qui souhaitent devenir journalistes. Encadrés par des professionnels de l’information, ils sont en prise avec l’actualité, sous toutes ses formes, en étant formés aux quatre médias principaux (presse écrite, web, radio, TV). L’idée est que chaque étudiant soit en situation concrète d’apprentissage du métier en produisant des contenus digitaux, un journal, en présentant une émission de télévision, en faisant de la radio. Ils sont sans arrêt en pratique. Ils sont étudiants, mais déjà journalistes dans l’esprit.

À l’opposé d’un apprentissage scolaire, cette professionnalisation des parcours s’exprime notamment à travers l’alternance dès la deuxième année. Quels en sont les atouts ?

Nous proposons en effet un parcours Bachelor en trois ans et un Mastère en deux ans. La première année se termine par un stage de six mois et toutes les autres années sont réalisées en alternance. L’alternance, je dirais que c’est d’abord un premier pied dans le monde de l’entreprise et des médias. C’est un vrai défi, avec une réalité professionnalisante. Nos étudiants peuvent s’appuyer sur notre cellule relation entreprise pour décrocher un contrat d’apprentissage, refaire un CV, être coaché pour un entretien d’embauche. Nous organisons également des journées de recrutement sur les campus. Nous diffusons des offres qui arrivent au quotidien et faisons, bien entendu, jouer notre carnet d’adresses. Qu’ils soient à Paris, Lyon ou Lille, nos étudiants postulent aussi bien dans des rédactions nationales que régionales.

« Une initiation progressive aux spécificités de chaque journalisme »

D’un point de vue pédagogique, comment s’articulent les cours ?

La première année, on va structurer la formation de l’étudiant, avec les bonnes pratiques et une initiation progressive aux spécificités de chaque journalisme. On en profite pour explorer le journalisme sportif, culturel, etc. En deuxième année, ils vont continuer à se familiariser avec des journalismes dits de niche comme la mode, la politique, les sciences. En troisième année, on va explorer le temps long, l’enquête, le journalisme d’investigation. Tous les étudiants terminent leur cycle de Bachelor par la production d’une enquête journalistique télévisée de 13 minutes. En parallèle, il y a bien entendu tous les cours théoriques sur l’éthique, la déontologie, la maîtrise d’un angle, la géopolitique. Étant donné que nous sommes membres du Réseau Grandes Écoles Spécialisées (GES), nos étudiants peuvent compléter leur formation en rejoignant, par exemple, la troisième année du Bachelor Photographie de l’EFET. En quatrième et cinquième année, ils peuvent suivre un cours semestriel de communication de mode via l’école Mod’Art International, ou encore de marketing digital à l’ECITV.

Cette professionnalisation maximale est-elle liée aux recrutements croissants de journalistes polyvalents ?

Oui, on parle de journalistes mobiles, aussi à l’aise à l’oral qu’à l’écrit ou derrière une caméra. Nous sommes dans la porosité des compétences. C’est pourquoi, au-delà de la note, on va regarder ce qui est publiable ou non chez nos étudiants à travers leurs travaux respectifs. On insiste sur la polyvalence, oui, mais aussi sur le journalisme de solution et plein d’autres leviers. Leurs productions peuvent tout à fait figurer dans un CV et, ainsi, augmenter leurs chances d’être engagés sous contrat.

« En prise permanente avec les évolutions du secteur »

Quel est l’objectif des nombreuses master class organisées ?

Au-delà des cours assurés par des journalistes en activité, on organise en effet des master class avec des personnalités du métier. Ils viennent échanger sur leur parcours, leur trajectoire, livrer leurs conseils. C’est important pour l’école d’être en prise permanente avec les évolutions du secteur. C’est pourquoi nous nous sommes dotés d’un conseil de perfectionnement, lui-même composé de journalistes, de grands reporters et de producteurs. Étant certifiés Qualiopi, nous veillons à ce que chaque étudiant soit bien formé et placé en entreprise à l’issue de son cursus.

Quelles sont les perspectives du secteur en termes de débouchés ?

Beaucoup s’orientent vers le journalisme digital et les sujets vidéo. L’image et l’audiovisuel en général occupent une place importante. Certains partent œuvrer en local, d’autres se lancent en radio, voire en boîte de production ou en communication digitale. Le placement des étudiants est à l’image du métier, avec des journalistes qui évoluent en free-lance ou sous contrat, selon les opportunités. L’alternance est une porte ouverte vers la continuité. Plus vous montez en compétence, plus vous développez votre réseau et plus vous avez la possibilité de trouver du travail. Nos formations multiplient la capacité de nos étudiants à s’adapter.

Enfin, selon vous, comment expliquer une telle attirance des étudiants pour le journalisme ?
C’est un métier de responsabilités qui va à rebours de ce qui peut se dire sur les réseaux sociaux. Ils et elles viennent chercher un métier qui va solidifier la démocratie, un secteur perçu comme un quatrième pouvoir, en équilibre avec le législatif, l’exécutif et le judiciaire. C’est un métier exceptionnel dans ce qu’il propose et permet. C’est pourquoi on fait prendre conscience très tôt à nos étudiants qu’il ne s’agit pas d’un métier gadget, à paillettes. On exerce ce métier par passion ou vocation.

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