Par proposé par l'ECITV, publié le 21 Novembre 2019
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Face aux évolutions constantes des métiers de l’Internet et de l’audiovisuel, l’ECITV s’adapte en permanence aux exigences nouvelles des entreprises. Trois questions à Yoann Barrier, directeur de l’école depuis un an.

Quel constat faites-vous sur l’évolution des métiers du digital au cours des 15 dernières années ?

C’est une transformation permanente. Cela ne s’arrête jamais. J’ai commencé dans le digital en 2010. Je suis de la génération qui a eu accès à Internet et aux ordinateurs à l’adolescence. Cela a transformé nos vies. On a assisté à l’avènement de Google, la disparition de MSN, la déconstruction de Yahoo, la success story d’Amazon. On a participé à tout cela indirectement. Si on revient 15 ans en arrière, il n’y avait pas encore de smartphones, Internet sur mobile n’existait quasiment pas. C’est devenu la norme à présent, sans parler des assistants vocaux qui se mettent en place. Aujourd’hui, avoir un ordinateur de bureau, ce n’est plus un accomplissement. En revanche, si on oublie son téléphone portable un matin, on va dans la majorité des cas rentrer chez soi le récupérer car vivre sans, c’est compliqué. Cela transforme notre façon de vivre et ça pose des questions morales et éthiques. C’est pourquoi on familiarise nos étudiants avec le monde qui les entoure car le digital, on n’en dit souvent que du bien, mais il y a aussi beaucoup d’enjeux à maîtriser. L’objectif est de montrer à nos étudiants que le champ des possibles est immense depuis que le digital est devenu un modèle économique à part entière.

Qu’attendez-vous de vos étudiants en termes de prérequis ?

On recrute tout au long de l’année. J’essaie de rencontrer la majorité des étudiants qui veulent rentrer dans l’école. C’est important de donner sa chance à tout le monde. Ce qui est déterminant, c’est bien sûr le résultat au concours, mais au-delà de ça, c’est aussi ce que l’on va se dire à l’entretien. On fonctionne comme une école de commerce, mais en étant beaucoup plus axé sur la performance. Nos étudiants ont choisi une niche composée de nouveaux métiers. La passion est donc indispensable pour venir chez nous. En année 1 et 2, les étudiants sortent du bac donc ils n’ont pas forcément beaucoup d’expérience. En revanche, ils doivent montrer un intérêt pour les métiers du digital, de l’audiovisuel, de la photographie. La passion est primordiale pour performer. C’est là-dessus que l’on va jauger leur motivation. Il ne s’agit pas de faire notre école car le digital marche bien. Oui, ça peut être un bon choix de carrière. Mais pour être bon, il faut être curieux, car c’est un monde qui change tout le temps.

En quoi votre système pédagogique fait-il la différence ?

Nous sommes toujours confrontés à de nouveaux fonctionnements car le secteur du digital va extrêmement vite. Le fait que nos étudiants soient en alternance, c’est très intéressant car ils sont au cœur des choses. Ils font partie de cette génération connectée dès le plus jeune âge. Pour être performant au niveau pédagogique, on s’approprie ainsi leur façon de penser. Nous avons la chance de pouvoir compter sur des professeurs qui sont opérationnels dans leurs métiers et qui viennent donner des cours car ils aiment transmettre. C’est très important pour nous. J’ai une vision très business de tout. C’était déjà dans l’ADN de l’école avant que j’en prenne la direction, mais je pense que ça s’intensifie depuis mon arrivée. Mon objectif est de rendre les étudiants meilleurs. J’essaie de trouver des intervenants très performants dans leur domaine qui savent de quoi ils parlent. Dans notre secteur d’activité, on a besoin de pragmatisme, d’être agile, de confronter des idées. Car ce que l’on dit aujourd’hui peut être faux demain.