Camille, en première année de cirque : "Mon engagement se fera par la voie de l'art"

Par Anne-Noémie Dorion, publié le 19 Decembre 2016

Pour notre enquête "Avoir 18 ans en 2017 : ils vont voter pour la première fois", l'Etudiant est allé à la rencontre de Camille, une jeune étudiante en école de cirque, bien décidée à voter aux prochaines élections.

S'il y a bien quelque chose qui énerve Camille, c'est l'indifférence. "Ce qui me révolte surtout, c'est l'absence d'empathie, qu'on se fiche de la souffrance des autres. L'égoïsme, l'individualisme tourné vers le profit, se désespère-t-elle. Comment peut-on ne pas se sentir concerné par le racisme ? Comment, face à la situation des migrants, par exemple, certains Français veulent seulement continuer à mener leur petite vie tranquille, en se préoccupant uniquement qu'on installe les centres le plus loin possible de chez eux ?" Toutefois, l'ancienne élève de terminale L, qui a quitté Châtellerault (86) depuis la rentrée pour entrer à l'ENACR (École nationale des arts du cirque de Rosny), "n'a pas la prétention d'avoir la solution à tout". Et encore moins de tout comprendre. "C'est tellement compliqué de saisir les enjeux de l'économie, du chômage, de la loi Travail. On a du mal à se projeter, surtout lorsqu'on n'est pas encore directement concerné", regrette-t-elle.

Un engagement par l'art

Comme son père technicien de maintenance ou sa mère sans profession, Camille se sent certes "plutôt à gauche". Et elle a prévu de voter. Mais difficile pour elle d'affiner davantage sa sensibilité. La faute, entre autres, aux médias. "Ils nous font comprendre ce qu'ils ont envie de nous faire comprendre. Plutôt que de se focaliser sur le fond, on ne nous parle que des bons mots d'Untel, ou de la querelle entre tel et tel homme politique. Quand on ne les ridiculise pas carrément dans certaines émissions, estime-t-elle. Non seulement les médias ne font pas suffisamment de travail de pédagogie, mais en plus leurs informations sont toujours partiales ou incomplètes." Au point "d'accentuer certains préjugés". "Depuis que je vis à Rosny, c'est calme, je n'ai jamais eu aucun problème, raconte-t-elle. Mais on parle tellement du 9-3, que je me mets à avoir peur sans savoir pourquoi !"

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Il n'empêche : Camille culpabilise de ne pas en faire plus. Plutôt que par un engagement classique, l'étudiante, spécialisée en cadre aérien, se verrait bien s'impliquer politiquement par la voie de l'art. En passant, par exemple, derrière la caméra pour concevoir des films engagés. "Quand je fais du cirque, je n'aime pas faire du beau pour du beau, ou de la technique pour de la technique, explique-t-elle. C'est le rôle de l'art de s'engager. Je voudrais faire passer des idées à travers ma pratique."

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