1. Logement étudiant : 8 bons plans pour trouver son toit
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Logement étudiant : 8 bons plans pour trouver son toit

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Depuis cinq ans, au Havre, une résidence héberge des étudiants dans des conteneurs maritimes transformés en grands studios. // © Benoît Decout / R.E.A
Depuis cinq ans, au Havre, une résidence héberge des étudiants dans des conteneurs maritimes transformés en grands studios. // © Benoît Decout / R.E.A

La rentrée approche et vous n'avez toujours pas dégoté le lieu où vous allez vivre pendant vos études. De la colocation solidaire au studio à la ferme, voici un ensemble de solutions d'hébergement originales et abordables.

En dehors des sites Internet d'annonces classiques, une série d'initiatives, parfois originales, sont mises en place pour vous aider à trouver votre futur nid. Mettez toutes les chances de votre côté !

1. Le logement intergénérationnel

De plus en plus connu, ce mode d'hébergement repose sur un principe d'entraide. Une personne âgée propose à un jeune une chambre gratuite ou à faible loyer, en échange d'une présence et de services. "Je dois assurer des petites tâches, comme aller chercher son courrier et arroser ses fleurs ou encore l'aider avec son ordinateur", décrit Sylwia, étudiante en L2 de musicothérapie à l'université de Montpellier. Elle partage son quotidien avec Simone, 82 ans, pour un loyer mensuel de 250 €. "L'association Concordalogis essaie de nous mettre en relation avec des personnes avec lesquelles on a des centres d'intérêt communs, pour moi : la cuisine et l'italien." Seul inconvénient pour elle : "Je dois faire attention au bruit en fin de soirée."

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2. La plateforme de votre école

Certaines écoles ou universités proposent à leurs étudiants une série d'offres sur une plateforme Web dédiée. Studapart a ainsi créé un espace propre à chacun des 85 établissements partenaires (université Dauphine, Audencia, ENS, HEC...) pour qu'ils puissent donner aux jeunes une liste d'annonces d'appartements situés à proximité du campus. "Les étudiants ont accès à la fois à des offres exclusives et à des conseils des autres élèves qui quittent leur logement et qui donnent les coordonnées de leur propriétaire, ainsi que leur date de sortie", explique Alexandre Ducœur, le cofondateur de Studapart. Plus de 100.000 offres sont ainsi disponibles grâce à ce réseau.

Un guide pour bien choisir

La plateforme collaborative en ligne Apimka permet de voir gratuitement les avis des anciens locataires et d’éviter ainsi les mauvaises surprises. Bruit, isolation thermique, humidité, luminosité… Vous pourrez connaître les défauts de votre appartement avant même de le visiter. Des informations sur l’immeuble et le quartier (sécurité, animation, commerces…) sont aussi à disposition.

3. La découverte du coloc' idéal

S'il est parfois préférable de se mettre en colocation avec une connaissance, on peut aussi faire le choix d'aller voir ailleurs. Pour aider les étudiants à trouver le colocataire de leurs rêves, de plus en plus de villes et de Crous organisent des "coloc' dating" qui permettent aux candidats de se rencontrer et de vérifier si ça "matche".
Des sites Internet se spécialisent aussi dans cette recherche. Room4talk, par exemple, met en relation des jeunes qui veulent apprendre une langue vivante. Victor, 22 ans, étudiant en quatrième année aux Mines de Nancy, en a profité lors d'un stage de cinq mois à Paris. "Je voulais progresser en anglais car j'avais besoin de réussir un test de langue pour pouvoir partir étudier à l'étranger." Il trouve alors un étudiant britannique, venu en France pour une durée similaire. "Il est préférable de s'assurer que l'on a des centres d'intérêt communs, de ne pas se contenter d'un premier contact via Internet, mais au contraire de se rencontrer pour voir si le courant passe, d'autant plus qu'il y a toujours des différences culturelles", souligne Victor.

4. La colocation solidaire

Le système des "Kaps" permet aux jeunes de moins de 30 ans de bénéficier d'un appartement en colocation à loyer modéré en échange de bénévolat dans des quartiers dits "populaires", où ils logent. Un deal, organisé par l'AFEV (Association de la fondation étudiante pour la ville), qui séduit d'autant plus que le loyer ne dépasse pas 200 € et que les garanties sont moins exigeantes que dans le privé.
"J'aime le concept de concilier colocation et solidarité. Dans mon quartier, à Marseille, nous avons mis en place des ateliers de peinture et d'écriture. Mais il ne faut pas choisir ce type de logement uniquement pour son coût modéré, cela reste un engagement", témoigne Aurore, kapseuse de 27 ans, étudiante en BPJEPS animation culturelle.

5. L'habitat en conteneur

Au Havre, des conteneurs maritimes ont été recyclés et complétement reconditionnés pour être transformés en logements, rassemblés en une résidence étudiante à la structure insolite. Les studios de 25 mètres carrés abritent une centaine d'étudiants, pour 305 € par mois. Chaque appartement est isolé, insonorisé, équipé d'une connexion wifi, et beaucoup ont une vue sur le port.
Située à Bègles, en banlieue de Bordeaux, la résidence Habitat21 propose également des logements en conteneurs. La démarche est ici entièrement écologique. En plus du recyclage du conteneur en logement, la résidence utilise des panneaux solaires et récupère les eaux pluviales. On peut même vous prêter un vélo.

6. L'hébergement à la ferme

Autre solution d'hébergement hors du commun : un studio dans une exploitation agricole. L'association d'agriculteurs Campus vert propose aux jeunes, étudiants ou en premier emploi des studios aménagés dans des fermes. "C'est un bon plan pour eux, car ils ont accès à des logements de qualité, meublés et équipés, à prix modéré : ils sont 20 à 30 % moins chers que ceux de la ville universitaire à proximité", argumente Odile Colin, la directrice de Campus vert.
Ces studios, T1 ou T2, de 21 à 40 mètres carrés, sont situés dans un périmètre de quinze minutes maximum en voiture du campus universitaire. Il est donc préférable d'avoir le permis et une voiture, même si un système de covoiturage se met en place. Des échanges se développent avec les propriétaires, qui peuvent prêter du matériel de réparation ou bien un vélo par exemple. Les logements sont installés dans un bâtiment de corps de ferme indépendant. "Les étudiants viennent aussi pour le calme de la campagne, ils ont beaucoup plus d'espace que dans une résidence universitaire, dans un cadre de vie plus agréable", souligne Odile Colin. Pour l'instant, l'initiative s'est surtout développée dans le Nord-Pas-de-Calais, sur les douze sites universitaires de l'ancienne région (aujourd'hui fondue dans les Hauts-de-France), mais aussi dans l'Oise, à Beauvais, en Bretagne, ou encore en Ile-de-France, à Mantes-la-Jolie.

7. Le foyer pour jeunes travailleurs

En stage, alternance ou premier emploi ? Les foyers de jeunes travailleurs accueillent des profils très divers, pour des courtes ou moyennes durées. Sarah, 21 ans, en DUT mesures physiques à l'université Paul-Sabatier à Toulouse, loge depuis trois ans dans un foyer d'Habitat Jeunes Toulouse. "Je suis un cas à part car j'étais prise en charge par l'aide sociale à l'enfance avant mon arrivée. Je ne me sentais pas prête, à 18 ans, à avoir un logement autonome", se souvient-elle. La diversité des habitants du foyer, parmi lesquels des étudiants étrangers, en fait un lieu social attirant.
En revanche, la promiscuité peut parfois être gênante lorsqu'il faut partager les mêmes sanitaires ou quand les chambres sont mal insonorisées. La résidence de Sarah compte 80 chambres. Elle dispose d'une cuisine commune ainsi que d'une salle de billard et d'un baby-foot. "Des animations sont proposées régulièrement. Vivre dans un foyer, c'est vraiment différent d'une chambre dans une résidence Crous", affirme l'étudiante. Pour son logement et 16 repas au self du foyer, elle paie 550 € par mois, auxquels elle soustrait 228 € d'APL (aide personnalisée au logement). Attention cependant : les places en foyer sont très prisées. Sarah avait dû réserver sa place six mois à l'avance.

8. Une chambre dans des locaux vacants

Une pratique illégale ? Non, dès lors qu'elle est encadrée. La France l'a autorisée en 2011 via l'instauration d'un dispositif "visant à assurer la protection et la préservation de locaux vacants par occupation par des résidents temporaires". La société néerlandaise Camelot Property a importé le concept en France, avec une quarantaine d'immeubles (Ile-de-France, Rouen, Rennes, Lille, Lyon, Marseille...).
Les résidents temporaires ne paient pas plus de 200 € par mois, charges incluses. Un bon plan "pour les jeunes qui veulent avoir un pied-à-terre plus proche de leur lieu d'études, les apprentis, les doctorants, les stagiaires", estime Olivier Berbudeau, directeur du développement à Camelot. La principale contrainte d'un logement vacant : c'est une occupation temporaire dont la durée est inconnue. Le résident reçoit un préavis d'un mois pour son départ. Un mode d'hébergement à éviter si vous souhaitez une location longue. De son côté, le locataire dispose de 15 jours pour informer Camelot de son départ.
Occuper un logement vacant, c'est aussi "vivre une aventure, car ils sont situés dans des lieux atypiques : château, bureau, hôpital...", décrit Olivier Berbudeau. Les résidents vivent en communauté, partagent souvent la cuisine et les sanitaires, mais disposent d'une chambre très grande. Où il est tentant de faire des fêtes... Malheureusement, on ne peut inviter que deux personnes au maximum !
Parmi les autres conditions : être majeur, mais aussi montrer sa solvabilité avec des garants. "Nous nous assurons également que le jeune aura une autre solution de logement s'il doit partir du logement vacant", précise le responsable de Camelot.

Gare aux arnaques !

Soyez méfiant lors de vos recherches. De fausses annonces fleurissent sur Internet, diffusées par des cyberfraudeurs qui cherchent à soutirer de l'argent ou des papiers d'identité à leur victime en se faisant passer pour un propriétaire ou un locataire potentiel. Parmi les signes qui doivent vous alerter : une annonce trop détaillée ou trop vague, l'impossibilité d'organiser des visites du logement, et bien sûr une somme d'argent à verser pour réserver (souvent par mandat cash).
Autre piège, plus classique : les listes d'appartements. Payantes, elles se révèlent souvent inutiles, car les logements sont déjà loués ou figurent déjà sur des sites d'annonces publics.