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Logement étudiant : les pièges à éviter

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Ne vous précipitez pas dans votre recherche de logement, prenez le temps de vérifier que tout est en règle. // © Fotolia
Ne vous précipitez pas dans votre recherche de logement, prenez le temps de vérifier que tout est en règle. // © Fotolia

Les arnaques au logement peuvent prendre des formes diverses (marchands de listes, frais à verser en avance, abus de proprios…). Voici quelques conseils pour les détecter.

L'une des arnaques au logement les plus connues : les marchands de listes. "Ils ne fournissent généralement pas une liste personnalisée, aucun suivi de la disponibilité des appartements n'est fait, ce n'est qu'une compilation d'annonces qu'on aurait pu trouver nous-mêmes gratuitement", explique David Rodrigues, juriste à l'association de défense des consommateurs et usagers CLCV. Depuis juillet 2014, avec la loi ALUR, les marchands de listes sont obligés de détenir un mandat exclusif sur les biens qu'ils proposent, mais cela n'empêche pas certains locataires de tomber dans le piège...

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Ce que les propriétaires n’ont pas le droit d’exiger

Autre escroquerie courante et facilement décelable : un versement d'argent demandé avant la signature du bail. "C'est souvent une fausse annonce publiée sur Internet, pour un logement situé dans un quartier agréable avec un loyer inférieur à la moyenne. Les échanges se déroulent uniquement par e-mails, et la personne, sous prétexte qu'elle habite loin et qu'elle a déjà eu de mauvais payeurs, demande un versement via un mandat cash", décrit le juriste de CLCV. La consigne est claire : on ne paye rien avant d'avoir signé (pas de chèque de réservation !), et on ne signe qu'après avoir visité l'appartement.

Quel recours ?
En cas d'arnaque, vous pouvez bien sûr porter plainte, mais celle-ci a peu de chances d'aboutir. Vous pouvez aussi faire appel à La Fabrique, qui centralise les plaintes (stopvdl@fabrique-etudiante.fr), ou encore aux associations de consommateurs comme CLCV ou l'UFC-Que choisir.

Depuis novembre 2015, la loi ALUR a délimité la liste exhaustive des documents qu'un propriétaire peut exiger dans un dossier de location. En sont exclus, tous les documents liés à votre compte bancaire (RIB, relevé bancaire...), l'extrait de casier judiciaire ou encore votre dossier médical. Si le propriétaire exige une pièce interdite, il risque 3.000 € d'amende.

Soyez vigilant sur le bail

"L'une des premières vérifications sur le bail : l'inscription du nom et de l'adresse du propriétaire", recommande Nathalie Kern, gérante de la société Virginia Gestion, qui loue des logements dans Paris-Est. Si jamais vous faites face à un propriétaire qui a un comportement abusif, vous pourriez avoir besoin de ces informations pour l'attaquer en justice.

Autres éléments à contrôler : le préavis de départ (un mois pour les "zones tendues" ou trois pour les autres), un bail à votre nom (pour pouvoir toucher les aides de la CAF), ou encore les diagnostics joints au contrat de location. "Le diagnostic électrique est nouveau, il faut surtout vérifier que le tableau électrique a un disjoncteur et qu'il y a une prise de terre dans les pièces humides. La plupart des locataires regardent surtout la performance énergétique, mais elle n'est pas forcément significative, ce qu'il faut regarder, c'est le type de chauffage utilisé. Évitez les radiateurs ‘grille-pain’, par exemple", conseille Nathalie Kern.

Des frais encadrés

Si passer par une agence immobilière peut être rassurant, il ne faut pas oublier que cela un coût : les frais d'agence. Ils sont désormais encadrés, aux 3 € le mètre carré facturés pour l'état des lieux, s'ajoute entre 8 et 12 € le mètre carré habitable, selon les villes.

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Le dépôt de garantie correspond à "un mois de loyer hors charges, deux mois s'il s'agit d'un meublé. Cette somme est payable au moment du contrat et on ne peut pas exiger de payer plusieurs mois d'avance", prévient Nathalie Kern.

Des astuces pour bien choisir

Avant de demander à visiter l'appartement, assurez-vous qu'il est proposé au juste prix. Il existe désormais un encadrement légal des loyers. Vérifiez aussi sur Internet que le logement est dans la moyenne des prix du marché. "S'il est très en dessous, cela peut cacher des défauts", souligne la gérante Nathalie Kern.

Vous pouvez également regarder si le logement figure sur la plate-forme collaborative Apimka. Celle-ci permet de consulter gratuitement les avis des anciens locataires et d'éviter ainsi les mauvaises surprises. Bruit, isolation thermique, humidité, luminosité... Des informations sur l'immeuble et le quartier (sécurité, animation, commerces...) sont aussi à disposition.

Les squats, un bon plan illégal
L'association Jeudi noir, "collectif des galériens du logement", organise des squats militants dans des appartements ou locaux vides, laissés à l'abandon. C'est une action illégale, mais la loi protège cependant les squatteurs : si le propriétaire n'a pas demandé à la police une expulsion dans les 48 heures qui suivent l'entrée dans le logement, il faudra qu'il passe par une décision de justice pour obtenir gain de cause, afin d'obtenir l'accord du préfet. Cette démarche prend entre 4 mois et deux ans pour aboutir, cette solution est donc peu durable. Vous vous exposez aussi à une forte amende.