LMDE : les étudiants espèrent une amélioration de leur sécurité sociale

Par Delphine Dauvergne, publié le 25 May 2015 - Mis à jour le 28 May 2015
5 min

Alors que la LMDE connaît une crise sans précédent et promet des améliorations de ses services pour l'année prochaine, les jeunes lui renouvellent leur confiance, parfois faute de mieux… Témoignages.

"Les remboursements arrivent souvent au moins 2 mois après, il m'est même arrivé de laisser tomber car cela prenait trop de temps", confie Julie, 25 ans, en 3e année d'école d'infirmiers à la Pitié-Salpêtrière. Affiliée à la LMDE depuis 2008, elle a également souscrit à la mutuelle complémentaire pendant 1 an, avant d'arrêter, car "la LMDE refusait de rembourser [ses] frais optiques et dentistes supérieurs à ce [qu'elle cotisait], ce qui n'était pas normal".

Des délais encore trop longs

Des problèmes de remboursement avec cette mutuelle étudiante, Julie n'est pas la seule à en avoir eu... "Quand je me suis fait hospitaliser, l'hôpital m'a appris que je n'avais ni sécu, ni mutuelle. Mon dossier n'avait pas été traité par la LMDE. Ma mère a dû aller faire un scandale dans leurs locaux", raconte Sarah, 21 ans, en 3e année d'histoire de l'art à Paris 4. Elle dénonce aussi le manque d'accès aux soins : "Beaucoup de médecins et de pharmaciens ne veulent pas prendre la LMDE en tiers payant, car elle est trop longue à rembourser. Je me soigne maintenant uniquement dans les centres médicaux conventionnés par l'État, mais il y a du monde..."

"Si la mutuelle n'était pas obligatoire,
je ne m'y affilierais pas.”

Certains ont un avis encore plus radical. "Si la mutuelle n'était pas obligatoire, je ne m'y affilierais pas. Quels que soient mes problèmes de santé, je ne vais pas chez le médecin car je sais que le remboursement sera lent et très inférieur à la somme payée. En tant qu'étudiant, je ne peux me permettre aucune dépense excessive", confie Adam, 22 ans, en deuxième année de licence professionnelle conception Web et produits multimédia, à l'IUT de Lens (62).

Un accompagnement fantôme

"Il est difficile d'avoir un interlocuteur compétent, car ils sont étudiants et pas spécialistes du monde des assurances", regrette Julie. Pour Sarah, ses relations avec la LMDE sont "un cauchemar".

Si Eva, en L2 d'histoire à Paris 1, n'a jamais eu de souci avec la LMDE, elle aimerait également que sa mutuelle soit plus présente. "À mon arrivée à l'université, il existait un bureau dédié sur le campus. Il est désormais fermé, ce qui est dommage, car c'était pratique...", admet la jeune femme de 21 ans.

Une sécu propre aux étudiants ?

Si les avis divergent sur la LMDE, tous les étudiants interrogés sont d'accord sur le fait de la nécessité d'une sécu propre aux jeunes. Ainhoa, 18 ans, en première année de licence cinéma à l'UPEM, apprécie "leurs actions de prévention, sur la contraception et pour arrêter de fumer". Cependant, les étudiants sont demandeurs d'une sécu étudiante plus adaptée.

"Un arrêt de travail ne permet pas d'être remboursé, car tu ne cotises pas de la même manière que les autres salariés", critique Julie. Ainhoa a toujours été remboursée rapidement, mais elle constate autour d'elle qu'il serait nécessaire "de simplifier la démarche du médecin traitant, car beaucoup de jeunes déménagent pour étudier, et se retrouvent sans médecin. Certaines de mes amies recourent à des services d'urgence juste pour un rhume". Pour l'année prochaine, Sarah, comme beaucoup d'autres, continuera de cotiser à la LMDE. "Mais, seulement parce que je n'ai pas vraiment le choix", admet-elle.

Des promesses d'amélioration

Des plaintes et des revendications qui semblent avoir été entendues si l'on en croit les annonces formulées par la mutuelle le 28 mai 2015. La LMDE restera l'interlocuteur des étudiants pour leur affiliation et continuera ses actions de prévention. Mais l'Assurance maladie se chargera de la délivrance de la carte Vitale et de la gestion des remboursements dès le 1er octobre. Elle s'engage à une nette amélioration du service. "Remboursements de soins en moins de 7 jours avec la carte Vitale, transition plus facile entre le régime étudiant et salarié, échanges automatisés avec les mutuelles complémentaires pour permettre un paiement rapide...", liste Nicolas Revel, directeur général de la Cnamts (Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés).

La Cnamts s'engage également à une réponse par e-mail en moins de 48 heures (jours ouvrés) et un numéro de téléphone sera dédié aux affiliés "avec une durée d'attente moyenne de 2 minutes 30". Les étudiants pourront également se rendre dans l'un des 2.100 points d'accueil de l'Assurance maladie. Si ces promesses ambitieuses semblent aller dans le bon sens, les étudiants devront attendre la rentrée prochaine pour voir si elles sont tenues.


La crise de la LMDE
Septembre 2012 : une enquête de l'UFC-Que choisir ? pointe du doigt de graves dysfonctionnements dans la gestion des mutuelles. 
Septembre 2013 : la Cour des comptes épingle la LMDE qui cumule une dette de plus de 65 millions d'euros.
Juillet 2014 : la LMDE est placée sous administration provisoire.
Novembre 2014 : le Sénat adopte une proposition de loi visant à supprimer le régime étudiant de la Sécurité sociale.
Février 2015 : mise sous sauvegarde judiciaire de la LMDE.
12 mai 2015 : une assemblée générale de la LMDE vote l'adossement à la CNAMTS pour la sécu étudiante et débute un partenariat avec la mutuelle Intériale pour la partie complémentaire.

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