1. Le sport business de demain, vous le voyez comment ?
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Le sport business de demain, vous le voyez comment ?

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Sport business avec AMOS // © Amos
Sport business avec AMOS // © Amos

37 milliards d’euros, soit près de 2 % du PIB national, c’est le poids du marché du sport en France. Avec un développement international qui draine des enjeux économiques considérables, une capacité d’attractivité et d’engagement qui touche de plus en plus de consommateurs, stimulé par une concurrence féroce, le marché nécessite l’expertise de professionnels passionnés aguerris aux nouvelles techniques de management. L’école AMOS Sport Business School a pour ambition de former ces professionnels de demain. Deux experts du sport business, intervenants à l’école, livrent leur vision de l’avenir.

Laurent Torrecillas, ancien volleyeur, président d'Inuksuit International et intervenant chez AMOS. « Il faut arriver à élargir le champ des possibles. »

Au sein d’AMOS Sport Business School, j’interviens sur les thèmes du management des organisations sportives, avec une spécialisation en stratégie des organisations sportives en dernière année du Bachelor Métiers du Sport et en Master 1re et 2e année.

Vous êtes un ancien joueur de haut niveau. Comment jugez-vous la professionnalisation du milieu sportif ces dernières années ?

Elle a été logiquement conduite par la démocratisation de plus en plus importante des pratiques sportives. Il n’y a qu’à voir l’explosion du marché du matériel et de l’équipement sportif, qui est devenu l’un des indicateurs majeurs du poids économique du sport en France. Elle est aussi soutenue par un développement de la demande pour le spectacle sportif. L’événement sportif fait désormais partie de notre quotidien. Par ailleurs, le secteur connaît une concurrence grandissante à la fois externe, face à d’autres activités, comme le cinéma ou la télé, mais aussi interne, face à d’autres sports (le volley est en concurrence avec le handball par exemple), et enfin privée avec le développement d’offres alternatives, comme les salles de sport. Toutes ces évolutions concourent à une plus grande professionnalisation.

Quel est l’impact de cette concurrence sur les métiers du sport ?


Elle nécessite des compétences de plus en plus pointues. Ce sera encore plus vrai avec par exemple la percée de l’e-sport. Si l’on se place du côté du management des organisations sportives (fédérations, clubs sportifs et autres), le profil attendu n’est plus celui du dirigeant sportif généraliste impliqué dans l’opérationnel. Il lui revient aujourd’hui de fixer les règles stratégiques et les grandes orientations, et de s’entourer de professionnels capables de mettre en place sa vision. Les entreprises, de leur côté, réclament de plus en plus de professionnels avec une bonne connaissance du monde sportif, pour les aider à s'orienter dans leurs choix stratégiques, diversifier leur modèle économique, valoriser leur engagement sociétal ou bien tout simplement pour développer le partenariat, le sponsoring et les enjeux d’image et de notoriété qui y sont liés.

Le sport business ouvre-t-il de nouvelles opportunités aux jeunes ?

Oui, mais il serait dommage de perdre de vue ce que sont le mouvement sportif et le secteur du sport aujourd’hui. Il n’y a pas que le football ou le rugby, ni que le métier d’agent de joueurs. Je conseille aux jeunes d’élargir leur culture et le champ des possibles. Imprégnez-vous des nouvelles tendances d’évolution, comme l’e-sport. Mais saisissez aussi toutes les occasions pour créer votre réseau : cet univers vous donne la chance de vous impliquer comme bénévole lors des événements sportifs. Ce sont de vraies expériences professionnelles.

Benoît Dartois, responsable d’exploitation du Stadium à Villeneuve-d’Ascq et intervenant AMOS : « C’est à nos étudiants d’impulser ce que les stades connectés vont pouvoir offrir comme opportunités. »

Au sein d’AMOS Sport Business School, j’interviens sur la gestion de projet, l’organisation d’événementiels sportifs et le marketing de demain. Le marketing devient une donnée centrale, car l’infrastructure – stade, piscine, espace de plein air… – se transforme en une offre de consommation à part entière, qu’il faut penser comme un lieu générateur de recettes.

Quelles sont les évolutions du marché de l’événementiel ?

C’est un marché en perpétuelle mutation qui se doit d’être précurseur en proposant des services et des activités nouvelles complémentaires. Par exemple, en fédérant le public autour d’événements de haut niveau, mais pas forcément sur des disciplines sportives habituelles. Pourquoi ne pas monter en France des événements populaires ailleurs dans le monde, comme un match de NBA ? Le public peut être sensible à ces shows à l’américaine autour d’une activité sportive. Tout comme il l’est aujourd’hui à des événements axés sur le sport santé et ludique, comme le phénomène des courses colorées, venu des États-Unis, qui draine beaucoup de monde dans plusieurs villes de France.

Ces évolutions impliquent-elles l’appel à de nouvelles compétences ?

Développer des concepts nouveaux d’événementiels sportifs implique d’être curieux, ouvert, réceptif à ce qui se fait ailleurs, dans d’autres pays. Mais il ne faut pas négliger tous les nouveaux services liés aux technologies numériques. Je pense à l’e-sport, mais aussi au stade connecté. Quand demain la jeune génération digitale se trouvera dans une enceinte sportive et que le spectacle ne répondra pas à ses attentes, que pourra-t-on lui proposer comme animation complémentaire qui lui permette de passer un moment inoubliable, et ainsi la fidéliser et la faire revenir ? C’est à nos étudiants d’impulser ce que les stades connectés vont pouvoir offrir comme opportunités. Tout en ne perdant pas de vue que ces futurs outils et services doivent aussi générer des recettes commerciales. C’est tout l’enjeu de l’évolution des enceintes sportives.