1. Sécurité sociale étudiante : ce que la réforme change pour vous
Décryptage

Sécurité sociale étudiante : ce que la réforme change pour vous

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À partir de la rentrée 2018, les nouveaux étudiants seront rattachés au régime général de la Sécurité sociale. // © Alexandre GELEBART/REA
À partir de la rentrée 2018, les nouveaux étudiants seront rattachés au régime général de la Sécurité sociale. // © Alexandre GELEBART/REA

Le Plan étudiants annoncé par le gouvernement modifie en profondeur le régime de Sécurité sociale. Fin de la cotisation, disparition de l'obligation de passer par les mutuelles, prévention... À quels changements s'attendre concrètement ?

C'est un grand changement annoncé dans le Plan étudiants, fin octobre 2017 : la réforme du régime étudiant de la Sécurité sociale aura bien lieu, comme promis par Emmanuel Macron lors de sa campagne électorale. À partir de la rentrée 2018, les nouveaux étudiants seront rattachés au régime général de la Sécurité sociale, tandis que ceux déjà engagés dans un parcours universitaire devront attendre 2019. Les établissements privés conventionnés par l'État sont concernés, tandis que les non conventionnés ne le sont pas.

La première des conséquences de ce lifting : un véritable "choc de simplification", dixit Jimmy Losfeld, le président de la FAGE. En effet, pour bénéficier de l'assurance maladie, plus besoin de passer par les mutuelles (LMDE, SMEREP…) qui assuraient jusqu'alors ce service. Désormais, les étudiants demeureront affilés au régime de Sécurité sociale de leurs parents. Adieu les fastidieuses démarches de début d'année pour choisir sa mutuelle, rassembler les documents nécessaires et surtout payer sa cotisation.

La fin de la cotisation

Car le cœur de cette réforme, c'est la suppression de la cotisation annuelle de 217 € nécessaire pour être affilié. En lieu et place, la loi pose une contribution ouvrant aux étudiants un accompagnement social, sanitaire, culturel et sportif. Cet effort financier permettra d'édifier des centres de santé universitaires (CSU), qui assureront les besoins des étudiants en matière de santé. L'objectif, explique Jimmy Losfled, est de mettre en place ces CSU proposant des soins dans tous les établissements supérieurs. Des étudiants bénévoles pourront prendre part à leurs activités, pour un suivi de pair à pair.

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Cette contribution sera échelonnée par pallier. Ainsi, le montant annuel s’élèvera à 60 € en licence, 120 € en master et 150 € pour les doctorants. Pour ces derniers, ainsi que pour les salariés comme les internes de médecine, "on peut déplorer un angle mort", indique Jimmy Losfeld, car ils étaient exonérés de l'ancienne cotisation, et doivent maintenant participer à la contribution. Mais la FAGE, assure son président, fera un recours afin de corriger cette régression. Quant aux boursiers, ils en seront exonérés. Pour l’ensemble des étudiants, cette nouvelle contribution dégage une hausse de pouvoir d’achat de 150 €.

Des remboursements accélérés

En termes de remboursement des frais médicaux, Jimmy Losfeld assure que la réforme est un réel progrès : "Pour se faire rembourser son médecin et son dentiste, cela prenait des mois et cela pouvait aller jusqu'à trois ans. Ce rattachement va permettre un remboursement plus rapide pour les étudiants."

Les mutuelles étudiantes vont continuer de proposer des offres de complémentaires santé. Elles seront contraintes de s'adapter avec de nouvelles formules pour maintenir leurs activités. "On va proposer nos mutuelles à des tarifs plus attractifs", assure Annie Coutarel, directrice de la SMEREP. Et d'ajouter : "On souhaite travailler et construire un schéma avec les ministres de l'Éducation, de la santé et de l'Enseignement supérieur pour rester un acteur majeur au sein de ce public."