Par Pauline Bluteau, publié le 30 Avril 2019 - Mis à jour le 17 Juillet 2020
5 min

INFOGRAPHIE. Depuis la rentrée 2018, pour pouvoir vous inscrire dans un établissement du supérieur, vous devez vous acquitter de la CVEC (contribution à la vie étudiante et de campus). Cette année, son montant s'élève à 92 euros. Mais une fois que vous avez payé cette somme, que devient-elle ? L’Etudiant a mené l’enquête.

Si vous êtes actuellement étudiant ou futur étudiant, la CVEC (contribution à la vie étudiante et de campus) doit vous dire quelque chose. Cette contribution, d’un montant de 92 euros pour l'année 2020–2021, fait partie des conditions pour vous inscrire dans l’enseignement supérieur. Tous les étudiants sont concernés, à l’exception des boursiers, des élèves inscrits en BTS (brevet de technicien supérieur), en DNMADE (diplôme des métiers d'art et du design), en DCG (diplôme de comptabilité et de gestion) ainsi que les étudiants en formation continue ou en échange international en France.

Comme le précise la loi ORE (relative à l’orientation et la réussite des étudiants), la CVEC doit "favoriser l’accueil et l’accompagnement social, sanitaire, culturel et sportif des étudiants". Mais que fait votre établissement une fois que vos 92 euros sont prélevés ? Voici quelques explications.

Le fonctionnement de la CVEC (contribution à la vie étudiante et de campus).
Le fonctionnement de la CVEC (contribution à la vie étudiante et de campus). // © Pauline Bluteau

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Le bien-être des étudiants, une priorité

Une fois que vous vous êtes acquitté de la CVEC, la somme est collectée par le CROUS (centre régional des œuvres universitaires et scolaires) de votre académie – qui en garde de 7,5% à 15% – puis redistribuée aux différents établissements. Chacun d’entre eux reçoit 0 euro, 20 euros ou 41 euros par étudiant, selon leur catégorie (université, école de commerce, d'ingénieurs…). Au total, cela peut représenter plusieurs millions d’euros.

Une note du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, publiée le 21 mars 2019, précise toutes les actions que peuvent mener les établissements avec cette somme.

Préventions des risques liés à l’alcool, accès aux soins en matière de "santé sexuelle, de sevrage tabagique et de santé mentale", formation aux premiers secours, soutien social (prêt de matériel informatique, attribution de tickets de restaurants universitaires ou de tickets de transport en commun…), création d’épiceries solidaires, bourses aux livres, pass-sport, tournois sportifs, ateliers artistiques… "La CVEC doit exclusivement servir à l’amélioration des conditions de vie des étudiants", prévient le ministère.

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Des projets proposés par les étudiants

Il est possible que les résultats ne soient pas encore tout à fait visibles dans votre établissement. Chacun tente de gérer ce nouveau budget en fixant ses priorités. Plusieurs universités ont même fait le choix d'y associer leurs étudiants. Une commission dédiée à la vie étudiante se charge alors d'éplucher les différentes propositions pour déterminer les actions à mener tout au long de l’année.

C'est le cas de l’université de Lille qui avait organisé une grande d’une consultation numérique en 2019. En plus des 37 projets déjà validés – comme l’installation d’un garage à vélos ou de distributeurs de tampons et serviettes hygiéniques – les étudiants ont fait plusieurs demandes telles que la création d’un espace-sieste, l’installation de micro-ondes, de poubelles de recyclage, de tables à l’extérieur, de salles informatiques plus nombreuses… L’université de Lille souhaiterait aussi renforcer ses actions en lien avec la convivialité et le bien-être pour lutter contre l’exclusion et la souffrance psychique.

À l'université de Nanterre, dix projets proposés par les étudiants eux-mêmes sont en cours de réalisation comme la végétalisation des murs extérieurs des bâtiments, la mise en place d'un tri sélectif et d'une forêt nourricière… En avril dernier, 46 nouveaux projets ont vu le jour et 10 ont été sélectionnés pour être soumis au vote de la commission. Les étudiants demandent par exemple l'installation de tables de ping-pong, d'une station de réparation de vélos, de niches pour les chauves-souris ou encore d'une borne d'appel d'urgence sur le campus. Le budget prévu est de 60.000 euros, l'université se donne deux ans pour réaliser ces actions.

Si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à vous informer auprès du service vie étudiante de votre établissement.

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