1. Vie étudiante : à quoi sert la "contribution" que vous payez à la rentrée ?
Décryptage

Vie étudiante : à quoi sert la "contribution" que vous payez à la rentrée ?

Envoyer cet article à un ami
Où va l'argent de la CVEC ? // © plainpicture/Willing-Holtz
Où va l'argent de la CVEC ? // © plainpicture/Willing-Holtz

INFOGRAPHIE. Depuis la rentrée 2018, en plus des frais d’inscription, les étudiants inscrits dans le supérieur doivent s’acquitter de la CVEC (contribution à la vie étudiante et de campus). Où va votre argent ? L’Etudiant a mené l’enquête.

Si vous êtes actuellement étudiant ou futur étudiant, la CVEC (contribution à la vie étudiante et de campus) doit vous dire quelque chose. Cette contribution, d’un montant de 90 €, fait partie des conditions pour vous inscrire dans l’enseignement supérieur. Tous les étudiants sont concernés, à l’exception des boursiers, des élèves inscrits en BTS (brevet de technicien supérieur), en DNMADE (diplôme des métiers d'art et du design), en DCG (diplôme de comptabilité et de gestion) ainsi que les étudiants en formation continue ou en échange international.

Comme le précise la loi ORE (relative à l’orientation et la réussite des étudiants), la CVEC doit "favoriser l’accueil et l’accompagnement social, sanitaire, culturel et sportif des étudiants". Mais que fait votre établissement une fois que vos 90 € sont prélevés ? Voici quelques explications.

Le bien-être des étudiants, une priorité

Une fois que vous vous êtes acquitté de la CVEC, la somme est collectée par le CROUS (Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires) de votre académie – qui en garde de 7,5 % à 15 % – puis redistribuée aux différents établissements. Chacun d’entre eux reçoit 0 €, 20 € ou 41 € par étudiant, selon leur catégorie (université, école de commerce, d'ingénieurs…). Au total, cela peut représenter plusieurs millions d’euros.

Une note du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, publiée le 21 mars 2019, précise toutes les actions que peuvent mener les établissements avec cette somme.

Lire aussi : Fini la Sécurité sociale étudiante, place à une "contribution" de 90 euros

Préventions des risques liés à l’alcool, accès aux soins en matière de "santé sexuelle, de sevrage tabagique et de santé mentale", formation aux premiers secours, soutien social (prêt de matériel informatique, attribution de tickets de restaurants universitaires ou de tickets de transport en commun…), création d’épiceries solidaires, bourses aux livres, pass-sport, tournois sportifs, ateliers artistiques… "La CVEC doit exclusivement servir à l’amélioration des conditions de vie des étudiants", prévient le ministère.

Loading...

Loading…

On vous demande votre avis

Dans les faits, les résultats seront surtout visibles à la rentrée 2019. Cette année, plusieurs universités ont préféré mettre en place de petites actions en attendant de recevoir l’avis des étudiants. "On doit d’abord leur expliquer en quoi consiste la CVEC pour qu’ils aient envie d’apporter leur regard et faire partie de la commission", explique Marianne Eloi, directrice de la vie universitaire à l’université de Bordeaux. Cette commission devra ensuite faire des propositions sur les actions à mener tout au long de l’année. Pour l’instant, l’université de Bordeaux a axé ses missions sur la gratuité du pass-sport qui donne accès à 60 activités dans le campus et à l’achat de matériel sportif.

Lire aussi : Centre de santé universitaire : se soigner sur le campus, c'est simple et pas cher

L’université de Lille a également souhaité impliquer ses étudiants par l’intermédiaire d’une consultation numérique. En plus des 37 projets déjà validés – comme l’installation d’un garage à vélos ou de distributeurs de tampons et serviettes hygiéniques – les étudiants ont fait plusieurs demandes telles que la création d’un espace-sieste, l’installation de micro-ondes, de poubelles de recyclage, de tables à l’extérieur, de salles informatiques plus nombreuses…

"Les actions doivent faire sens auprès des étudiants, il faut donc que cela parte du terrain en les associant étroitement aux projets", détaille Anne Urbanovsky, directrice de la vie étudiante. L’université de Lille souhaiterait aussi renforcer ses actions en lien avec la convivialité et le bien-être pour lutter contre l’exclusion et la souffrance psychique.

Des actions très ciblées

La santé mentale et physique fait aussi partie des préoccupations des universités de Strasbourg et de Grenoble Alpes. "Les étudiants sont parmi les plus touchés par la précarité au niveau des soins médicaux. La CVEC est l’opportunité de leur offrir plus de services notamment en matière de prévention", confirme Marie Mazenot, vice-présidente étudiante à l’université Grenoble Alpes. Augmentation du nombre de consultations chez le psychologue, centre de dépistage en gynécologie, achat de vaccins, campagne de distribution de préservatifs, théâtre-forum sur le harcèlement… De nombreuses actions sont possibles.

D’après le CROUS de Versailles, les missions pourront être très différentes d’un campus à l’autre. "Dans certains, il suffit de développer des actions déjà existantes et pour d’autres, mieux équipés, il faudra innover mais la partie santé-sociale reste très importante dans la plupart des établissements", complète Melinda Bauchere, responsable de la communication.

Si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à vous informer auprès du service vie étudiante de votre établissement.