Vie étudiante : à quoi sert la CVEC, la "contribution" que vous payez à la rentrée ?

Par Pauline Bluteau, mis à jour le 08 Septembre 2021
5 min

Vous devez vous acquitter de la contribution à la vie étudiante et de campus pour pouvoir vous inscrire dans un établissement du supérieur. En 2021, son montant s'élève à 92 euros. Mais une fois que vous avez payé cette somme, que devient-elle ? L’Etudiant a mené l’enquête.

Si vous êtes actuellement étudiant ou futur étudiant, la CVEC (contribution à la vie étudiante et de campus) doit vous dire quelque chose. Cette contribution, d’un montant de 92 euros pour l'année 2021–2022, fait partie des conditions pour vous inscrire dans l’enseignement supérieur. Tous les étudiants sont concernés, à l’exception des boursiers, des élèves inscrits en BTS (brevet de technicien supérieur), en DNMADE (diplôme des métiers d'art et du design), en DCG (diplôme de comptabilité et de gestion) ainsi que les étudiants en formation continue ou en échange international en France.

Les futurs boursiers du Crous qui ont reçu leur attribution conditionnelle de bourse sont détectés automatiquement sur le site cvec.etudiant.gouv.fr, et peuvent télécharger à l'issue de la démarche en ligne leur attestation d'acquittement de la CVEC, sans avancer les frais. Si tel n'est pas le cas, soit votre dossier de bourse n'est pas encore traité, soit il est en instance (demande de pièces complémentaires). Si vous dépendez d'un autre organisme que le Crous pour les bourses, par exemple votre région, vous devez payer la contribution et en serez remboursé(e) une fois votre qualité de boursier(e) acquise.

Comme le précise la loi ORE (relative à l’orientation et la réussite des étudiants), la CVEC doit "favoriser l’accueil et l’accompagnement social, sanitaire, culturel et sportif des étudiants". Mais que fait votre établissement une fois que vos 92 euros sont prélevés ?

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Le bien-être des étudiants, une priorité

Une fois que vous vous êtes acquitté de la CVEC, la somme est collectée par le CROUS (centre régional des œuvres universitaires et scolaires) de votre académie – qui en garde de 7,5% à 15% – puis redistribuée aux différents établissements. Chacun d’entre eux reçoit 0, 20 ou 41 euros par étudiant, selon leur catégorie (université, école de commerce, d'ingénieurs…). Au total, cela peut représenter plusieurs millions d’euros.

Une note du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, publiée le 21 mars 2019, précise toutes les actions que peuvent mener les établissements avec cette somme.

Préventions des risques liés à l’alcool, accès aux soins en matière de "santé sexuelle, de sevrage tabagique et de santé mentale", formation aux premiers secours, soutien social (prêt de matériel informatique, attribution de tickets de restaurants universitaires ou de tickets de transport en commun…), création d’épiceries solidaires, distribution de tampons et serviettes hygiéniques, bourses aux livres, pass' sport, tournois sportifs, ateliers artistiques… "La CVEC doit exclusivement servir à l’amélioration des conditions de vie des étudiants", prévient le ministère.

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Des projets proposés par les étudiants

Chaque établissement gère ce budget en fixant ses priorités. Pour choisir les projets qui seront financés, chaque établissement forme une commission composée de membres de l'administration et d'élus étudiants. La commission propose des projets à mener pendant l'année et répartit le budget en fonction des services.

Plusieurs universités ont fait le choix d'associer leurs étudiants à ces projets. C'est le cas de l’université de Paris, qui lance régulièrement des appels à projets pour dynamiser son campus. Cette année, les propositions seront examinées par la commission en décembre 2021. À l'université Jean Monnet – Saint Etienne (42), la commission plénière se réunit au minimum une fois par semestre et décide des montants attribués aux projets déposés par les étudiants. Les dossiers peuvent être déposés jusqu'au 21 novembre 2021 pour la réunion du 2 décembre.

À l'université de Nanterre (92), dix projets proposés par les étudiants ont vu le jour : végétalisation des murs extérieurs des bâtiments, la mise en place d'un tri sélectif et d'une forêt nourricière… En avril 2020, 46 autres projets ont vu le jour et 10 ont été sélectionnés pour être soumis au vote de la commission. Les étudiants ont par exemple demandé l'installation de tables de ping-pong, d'une station de réparation de vélos, de niches pour les chauves-souris ou encore d'une borne d'appel d'urgence sur le campus. Le budget prévu est de 60.000 euros, l'université se donne deux ans pour réaliser ces actions.

Si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à vous informer auprès du service vie étudiante de votre établissement.

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