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Décryptage

Prépa HEC : faut-il cuber ?

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Les résultats d’admissibilité dans les écoles de commerce viennent de tomber, apportant leurs lots de joie et… de déceptions. Si vous n’avez pas été pris dans l’école de vos rêves, il peut être tentant de refaire une année supplémentaire de prépa ECE ou ECS, autrement dit de "cuber". Mais la décision n’est pas facile à prendre, surtout si vous êtes admis à de nombreuses autres écoles. Comment faire son choix ?

Trois mauvaises raisons de "cuber"

Si vous êtes juste "déçu"

Vous visiez Reims ou Rouen et vous avez obtenu Strasbourg ou Dijon ? Notre conseil : ne cubez surtout pas ! Certes, ces écoles sont un peu moins bien "classées" que les autres, mais les différences sont bien trop peu significatives pour valoir une année supplémentaire d’études en prépa. En dehors du trio des parisiennes, les salaires et les perspectives d’embauche à la sortie des écoles sont très similaires. Pour choisir, fiez-vous avant tout à l’établissement, ce qu’il propose, sa ville, etc.

Idem si vous avez loupé une épreuve. Rien ne dit que vous réussirez mieux l’année prochaine, ou que vous ne "planterez" pas une autre matière. Le concours comporte une grande part d’aléatoire ! "Vous pouvez aussi vous casser la jambe ou tomber malade l’année suivante", remarque Patrick Noel, fondateur d’Ipésup.


Si vous vous entêtez à décrocher HEC

Vous êtes pris dans une bonne école mais pensez qu’hors HEC point de salut ? Votre pari de cuber serait très risqué. "Si vous avez obtenu ce à quoi vous pouviez vous attendre au vu de vos résultats, le pari de cuber n’est pas judicieux", estime Viviane Simpson, professeur d’anglais en prépa à Franklin (Paris).

"Par exemple, si un étudiant est pris à l’EM Lyon et persiste à vouloir cuber pour faire HEC, nous lui déconseillons, car le risque est trop important. Il arrive assez souvent que l’étudiant ne fasse pas mieux l’année suivante", note Patrick Noel.


Si vous aimez la prépa

"Les étudiants ne se rendent pas compte à quel point ils vont avoir un sentiment de répétition. Il y a un risque de s’endormir un peu", constate Patrick Noel. En école, vous serez sans doute ravi de passer à autre chose !

Trois bonnes raisons de "cuber"

Si vous avez sous-performé à toutes les épreuves

Victime de la malchance, vous avez anormalement raté les épreuves du concours. "Cuber peut valoir le coup si vous êtes largement en-dessous de ce que à quoi vous pouviez vous attendre", estime Viviane Simpson.

En effet, dans la plupart des cas, l’année de cube permet d’améliorer ses résultats. "Mais cela ne signifie pas que vous aurez l’école de vos rêves", note Patrick Noel.

Si vous partez dans une très bonne prépa

Si vous cubez et que vous avez obtenu une admission dans une prépa avec de très bons résultats aux meilleures écoles (Henri-IV, Louis Le Grand…), cuber peut être une bonne stratégie, qui pourra vous ouvrir les portes des toutes meilleures écoles de commerce. D’ailleurs, Ipésup propose une classe ECS "cube", spécialement pour ces profils.

En changeant d’établissement, vous changerez de professeurs, d’environnement, ce qui est plus stimulant que de rester dans le même lycée. Toutefois, cette stratégie n’est pas à conseiller à tout le monde. "Quelqu’un d’un peu timide pourra être déstabilisé par une nouvelle ambiance, et perdra du temps à s’adapter", considère Viviane Simpson.


Si vous avez eu une année difficile

Vos profs vous l’ont dit : vous avez le niveau pour entrer dans les toutes meilleures écoles de commerce. Reste que vous n’avez pas été totalement mobilisé sur votre travail pendant l’année pour des raisons extérieures : maladie, difficultés familiales ou amoureuse, petite déprime, etc. Et cela s’est ressenti au concours.

Si vous pensez être en de meilleures dispositions l’année suivante, et que vous seriez frustré de rester sur ce semi-échec, il peut être judicieux de cuber. Mais attention : "C’est utile si vous pensez sérieusement entrer dans les écoles du Top 7. Sinon, les différences entre écoles ne valent pas le coup de prendre le risque", juge Patrick Noel.

Passer à la fac et tenter les admissions parallèles ?

Certains étudiants, déçus de l’école qu’ils ont obtenue, décident de contourner le système. Par le jeu des équivalences, ils continuent en L3 d’histoire ou d’éco-gestion, puis passent les concours des admissions parallèles (Passerelle, Tremplin), réputés plus accessibles que les concours "prépas". 
Toutefois, ce parcours comporte une part de risque, car il n’est pas sûr que vous obteniez une meilleure école par ce biais. Reste un avantage : vous payez une année de frais de scolarité en moins, car vous intégrez directement le M1.