1. Ma vie d'étudiante au Japon : Ana compte ses yens à Tokyo
Portrait

Ma vie d'étudiante au Japon : Ana compte ses yens à Tokyo

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Ana aime se promener dans le quartier Shimokitazawa, un endroit branché, avec de nombreux petits restaurants. // © Kazuko Wakayama pour l'Etudiant
Ana aime se promener dans le quartier Shimokitazawa, un endroit branché, avec de nombreux petits restaurants. // © Kazuko Wakayama pour l'Etudiant

Étudiante en master 1 de japonais à l’Inalco, à Paris, Ana est venue perfectionner ses connaissances linguistiques à Tokyo. La capitale, avec son dédale de quartiers animés, et la culture nipponne l’ont séduite.

Après sa double licence japonais et commerce international à l'Inalco (Institut national des langues et des civilisations orientales), Ana, 22 ans, est partie pour un an à Tokyo. Un séjour d'études à l'université Keio, qui s'inscrivait donc totalement dans la continuité de son cursus.

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3 € pour un trajet en métro

Ana a choisi Tokyo pour "son côté animé". "C'est une ville étudiante, avec plusieurs bonnes universités, précise-t-elle. La foule peut surprendre dans les transports en commun et dans les rues... Si on ne parle pas japonais, c'est très difficile de s'orienter !"

La mégapole, la plus peuplée au monde, compte en effet 37 millions d'habitants. La jeune femme apprécie "ce dédale de rues, où de bons petits restos sont parfois cachés en haut de grands buildings. La ville peut déstabiliser mais garde son charme".

À Tokyo, les transports sont chers, "mais il n'y a jamais de retard, tout est propre... l'inverse de Paris !" Il n'existe pas de réduction pour les étudiants, il faut recharger sa carte qui est débitée à chaque trajet en fonction du nombre de stations. "Pour me rendre à l'université, située dans le centre-ville, je mets environ vingt-cinq minutes par le métro et je paie 3 € pour un aller", décrit-elle.

Le dortoir, un bon plan

Ana habite dans une résidence réservée aux étudiants étrangers, communément appellée dortoir à Tokyo. Elle a obtenu ce logement par le biais de son université, mais est loin du lieu de ses cours. "Le dortoir est la solution la moins chère et la plus simple. Il est possible de partager ou non les sanitaires et la cuisine.

Pour ma part, je vis dans un appartement séparé, donc mon "dortoir" ressemble davantage à une résidence étudiante. Je paie 600 € pour 24 m2. C'est une chance que d'autres étudiants n'ont pas, s'ils privilégient un logement en centre-ville."

Plus on se rapproche du centre, plus les prix augmentent, si on opte pour la périphérie, c'est le prix des transports qui est élevé...

Le karaoké, sport national

À Tokyo, la vie est plus chère que dans les autres villes du pays du Soleil-Levant. Si le logement et les transports sont onéreux, la nourriture l'est peu. "Il existe de nombreuses petites chaînes de restaurants où l'on peut manger un bon plat pour moins de 10 €. Faire ses courses et sa cuisine revient cependant plus cher, surtout si on achète des fruits et des légumes", nuance Ana.

L'étudiante dépense environ 150 € pour ce poste "en se faisant plaisir". Elle alloue la même somme à ses loisirs et son shopping de vêtements et de livres.

"Le sport national ici, c'est le karaoké !", admet-elle, même si son activité principale reste les balades : "Je visite le plus possible de quartiers différents : j'aime celui de Nakameguro pour son côté tranquille, mais aussi celui de Shibuya, connu pour ses bars", cite-t-elle.

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Réceptionniste dans un restaurant français

"Avant de partir, j'ai économisé plusieurs mois de stages", précise Ana. Elle touche la bourse JASSO (Japan Student Services Organization), d'un montant de 800 € par mois. Et, pour boucler son budget, elle travaille comme réceptionniste dans un restaurant français, quinze heures par semaine payées 124 €. "Il est facile de trouver un job étudiant, que cela soit pour donner des cours de langue ou travailler dans une petite supérette."

Les emplois du temps à l'université sont organisés de manière à permettre aux étudiants de travailler à côté. Au premier semestre, Ana avait une douzaine d'heures de cours par semaine. Au programme : japonais (conversation, littérature, rédaction, grammaire), mais aussi politique et économie. "Le modèle est différent : les élèves ne posent pas de questions en cours, ils n'interviennent pas et attendent la fin de la séance de TD [travaux dirigés] pour aller voir le professeur", relève-t-elle. Le dépaysement est partout, jusque dans les salles de cours.

AVANT DE PARTIR…

Inscrivez-vous à la Sécurité sociale japonaise, comme tout étudiant japonais. Elle rembourse 80 % des frais médicaux. Donc, pas la peine de demander une extension de votre assurance en France.
Munissez-vous d'un visa et d'un dossier pour l'université. Parmi les pièces à fournir, certaines universités demandent une radio des poumons que les étudiants internationaux doivent transmettre avant leur arrivée. Le visa coûte 25 € et vous devez vous présenter vous-même lorsque vous déposez votre demande.

Aller-retour
Comptez douze heures pour un vol direct Paris-Tokyo. Billet aller-retour à partir de 500 €, 700 € avec Air France.
Huit heures de décalage horaire avec la France.
À votre arrivée, procurez-vous la carte de résident, obligatoire pour les détenteurs d'un visa de plus de trois mois : elle fera office de carte d'identité japonaise. Si elle ne vous a pas été délivrée à l'aéroport, rendez-vous au bureau d'immigration régionale.

SUR PLACE…

Argent
1 € = 121 yens

Se loger
Share house (maison partagée) : c'est le mode d'hébergement courant.
Le prix est variable selon le lieu et la taille de la maison. Annonces de share houses et d'appartements sur :
www.oakhouse.jp/eng
www.sakura-house.com/en
Dortoir : hébergement dans une chambre double ou individuelle située dans une structure dépendant de l'université. Le coût est assez bas, mais quelques contraintes sont à prévoir tel un couvre-feu le soir, plus ou moins respecté selon les dortoirs.
Prix : en moyenne 350 €.
Famille d'accueil : cet hébergement bon marché permet de s'immerger dans la culture nippone.
Annonces sur des sites de Homestay

Transports
Le métro compte 13 lignes. Le coût des trajets est très élevé du fait que différentes compagnies se partagent le réseau. Le prix du trajet est calculé en fonction de la distance parcourue. Carte rechargeable pour environ 200 € par mois.
Le vélo est le moyen de transport le plus pratique.

Bons plans
Time Out Tokyo : site en anglais pour connaître les endroits où sortir.
Daiso : chaîne de magasins où tout est à 100 yens.