1. Ma vie d'étudiante à Tokyo : Margaux en troisième année de l'IESEG
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Ma vie d'étudiante à Tokyo : Margaux en troisième année de l'IESEG

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En plein cœur de son arrondissement préféré, Shibuya, Margaux aime en particulier le quartier branché de Harajuku, où se trouvent les petites boutiques excentriques. // © Kazuko Wakayama pour l'Etudiant
En plein cœur de son arrondissement préféré, Shibuya, Margaux aime en particulier le quartier branché de Harajuku, où se trouvent les petites boutiques excentriques. // © Kazuko Wakayama pour l'Etudiant

Direction l’université de Rikkyo où la Réunionnaise Margaux de Prince, étudiante en troisième année de la grande école de commerce IESEG, s’est installée pour un échange académique d’un an. Immersion dans la vie nippone.

Après quelques voyages en Thaïlande et en Indonésie, la Réunionnaise Margaux a ciblé le Japon pour sa troisième année à l'IESEG. Une destination "accueillante et sûre", selon elle. Débutante en japonais, l'étudiante de 20 ans s'est empressée d'acquérir les rudiments de la langue en débarquant dans la capitale nippone. Rares sont les Tokyoïtes qui parlent anglais ! "J'ai appris à me débrouiller au quotidien : passer une commande au restaurant ou indiquer mon adresse à un chauffeur de taxi. Je ne suis pas encore capable de tenir une conversation..."

La vie en maison partagée

Côté logement, le prix élevé des loyers et la difficulté de se projeter dans un quartier sans connaître la ville ont conduit Margaux à effectuer sa recherche directement sur place. "J'ai opté pour une share house [maison partagée] dans le centre de Tokyo.C'est un mode d'hébergement très courant au Japon." Pour 800 € par mois, Margaux a une chambre de 12 mètres carrés et partage cuisine, salon et salle de bain avec une vingtaine de colocataires, étudiants et jeunes actifs, de toutes nationalités. "Je fréquente ainsi des Japonais que je n'aurais pas pu rencontrer autrement."

L'habitation se situe dans Shinjuku, un des principaux arrondissements de la capitale, très prisé des étudiants. "Il y a des lumières partout, des restaurants, c'est très animé." Mais l'arrondissement préféré de la jeune femme est Shibuya. "Je m'y rends souvent, surtout dans le quartier branché de Harajuku. Dans la rue principale, se trouvent les boutiques de mode de luxe, et dans les petites rues, les magasins excentriques."

L'école Poudlard nippone

Changement de décor à l'université de Rikkyo, que Margaux compare à Poudlard, l'école de sorcellerie de Harry Potter. "Il y a beaucoup de végétation, et l'herbe est taillée aux ciseaux, dit-elle en s'amusant. Cela contraste avec les grands buildings du centre."

Elle suit treize heures de cours par semaine – tous en anglais – dont cinq heures d'apprentissage du japonais. "L'avantage est qu'on a une semaine pour tester les cours en début de semestre ; cela permet de voir si on accroche ou non avec les professeurs" À sa plus grande surprise, les étudiants japonais sont très discrets. "En amphi, cela se passe comme si on était 20 étudiants : il n'y a aucun débordement." Même ambiance disciplinée durant les examens : "L'enseignant peut partir quinze minutes de la salle, personne ne bouge !"

Dans les couloirs de Rikkyo, la jeune femme croise peu de Français, et la plupart de ses nouveaux amis sont scandinaves. "Les premiers mois ont été intenses ; on sortait quatre fois par semaine." À Tokyo, la soirée typique consiste à privatiser une salle de karaoké avec buffet à volonté. La ville grouille également de restaurants ouverts à toute heure. "Cela coûte moins cher que d'acheter à manger."

L'hospitalité à la japonaise

Malgré la barrière de la langue, Margaux apprécie la gentillesse des Japonais. "Dans le métro, qui est très impressionnant au début, une dame a fait un détour de trente minutes pour m'accompagner jusqu'à ma station." Une hospitalité extrême ! Les Japonais sont si serviables que quelquefois cela génère des malentendus. "Parfois, les Japonais n'osent pas dire non. Il m'est arrivé de fixer un rendez-vous avec un étudiant pour un exposé : il était d'accord sur la date mais il n'est jamais venu."


Les différences culturelles sont telles que Margaux juge ainsi difficile de nouer des vrais relations.
"L'université organise beaucoup d'événements pour qu'on se rencontre : on discute, on s'invite sur Facebook mais ça ne va pas plus loin." Les quelques mois qui lui restent à passer à Tokyo lui démontreront peut-être le contraire !

AVANT DE PARTIR

Vous serez obligé de souscrire à la Sécurité sociale japonaise, comme tout étudiant japonais. Elle rembourse 80 % des frais médicaux. Donc, pas la peine de demander une extension de votre assurance en France.

Soignez vos poumons ! Parmi les pièces à fournir, certaines universités demandent aux étudiants internationaux d'effectuer une radio des poumons avant leur arrivée.

À votre arrivée, procurez-vous votre carte de résident, obligatoire pour les détenteurs d'un visa de plus de trois mois : elle fera office de carte d'identité japonaise. Si elle ne vous a pas été délivrée à l'aéroport, rendez-vous au bureau d'immigration régionale.

SON BUDGET SUR PLACE

A savoir : 1 € = 124 yens.

ALLER-RETOUR
Compter douze heures pour un vol direct Paris-Tokyo. Billet aller-retour
à partir de 500 €, 700 € avec Air France.
Décalage horaire de huit heures avec la France.

SE LOGER
Share house (maison partagée) : mode d'hébergement très courant au Japon. Prix variable selon le lieu, la taille et l'état de la maison. Annonces de share houses et d'appartements privés :
Dortoir : hébergement dans une chambre double ou dans une petite chambre individuelle située dans une structure dépendant de l'université. Le coût est relativement bas, mais quelques contraintes sont à prévoir tel un couvre-feu le soir, plus ou moins respecté selon les dortoirs.
Prix : 350 € en moyenne.
Famille d'accueil : hébergement bon marché, permet de s'immerger dans la culture nippone.
Annonces sur des sites de Homestay.

SE DÉPLACER
Le métro : 13 lignes au total.
Le coût des trajets est très élevé à cause des différentes compagnies qui se partagent le réseau. Le prix du trajet est calculé en fonction de la distance parcourue.
Il existe une carte rechargeable qui coûte environ 200 € par mois.
Le vélo : le moyen de transport le plus pratique et, de loin, le moins cher.