1. Quand les lycéens imaginent l'école de leurs rêves
Témoignage

Quand les lycéens imaginent l'école de leurs rêves

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En participant au concours FuturEdu, les lycéens devaient imaginer l'école de leurs rêves. // © tatooman4
En participant au concours FuturEdu, les lycéens devaient imaginer l'école de leurs rêves. // © tatooman4

Trois lycéennes de Bègles, Clamart et Paris ont gagné le concours "FuturEdu", en partenariat avec l'Etudiant. Voici le récit de l'école de leurs rêves.

Aude, en 1re L au lycée Jacques-Monod (Clamart) : "Une école tournée vers le monde"

"L'école de mes rêves est une école tournée vers le monde. On y apprend des autres et on aime y apprendre : c'est une école qui cherche à éveiller en chacun de ses élèves la curiosité et la créativité. Cette école est donc celle où les enfants iraient d'eux-mêmes avec le désir d'apprendre chaque jour.
Les salles de classes y sont spacieuses et lumineuses. Dans leurs matinées de cours, les élèves sont amenés à bouger pour des visites d'expositions, de musées, ou de réguliers ateliers de lecture et de création d'histoires à la bibliothèque.

L'après-midi, de retour à l'école, les élèves, toutes classes confondues, vont par groupes construire un projet avec le matériel mis à leurs disposition, et avec pour consigne de partager les connaissances étudiées le matin même.
Certaines matières sont aussi abordées différemment. À la place d'enseigner aux enfants le développement durable, on leur donne la responsabilité de préserver cette nature et de se rendre compte d'eux-mêmes de ses bienfaits. L'école a pour cela un jardin et une petite ferme, où les enfants vont apprendre de ce qu'ils voient, et prendre soin d'animaux et de plantes. L'école de mes rêves, est également ouverte sur l'Univers, un domaine fascinant qu'on étudie et observe trop peu : il y a des sorties au planétarium, et des week-ends à la campagne pour observer les constellations.

Les élèves sont encouragés à poser des questions. Les échecs pouvant être mal vécus dans les écoles de nos jours ne sont pas discriminés dans l'école de mes rêves : ils sont perçus comme une chance de rebondir, d'avoir appris une nouvelle chose. Les échecs des autres sont un don pour chacun ; on peut s'en inspirer pour ne pas reproduire ces erreurs.

Dans l'école de mes rêves, les élèves sont aussi en contact avec d'autres enfants qui vivent l'école différemment : à l'hôpital, ou dans un pays où les conditions d'apprentissage sont différentes. Les élèves établissent une correspondance entre eux ; il y a des appels Skype avec la classe avec laquelle on correspond et où on peut se raconter notre semaine, s'envoyer par mail des photos, des dessins...

Il ne s'agit plus d'assoir des enfants dans une classe et leur faire assimiler des données ; les enseignants sont là pour accompagner les enfants dans la découverte de leurs matières, et de toutes les compétences qu'elle regroupe. La qualité principale des enseignants est leur passion pour la matière qu'ils vont faire découvrir, car je pense que pour révéler l'intérêt d'un domaine à un enfant, il faut un enseignant passionné qui saura montrer à travers son propre regard les vastes possibilités qu'ouvrent les connaissances."

Marie, en seconde au lycée Václav-Havel à Bègles (33) : "Former les élèves à la vie"

"Selon le dictionnaire, une école est 'un établissement où est dispensé un enseignement collectif général aux enfants'. Selon moi, l'ambition d'une école doit être de former ses élèves à la vie, pas seulement d'inculquer des savoirs généraux. Nous sommes tous différents : sur le plan physique, sur notre façon de réfléchir, de travailler, de penser, de voir le monde. Nous n'avons pas tous les mêmes goûts, pas les mêmes envies pour le futur, pas les mêmes capacités intellectuelles. En voulant donner sa chance à tout le monde, le système scolaire actuel nous en prive tous, car cette tâche est impossible.

L'école de mes rêves serait faite de plusieurs petits bâtiments, pas d'un grand bloc de béton gris. On y serait bien, dans un cadre propice au travail et à la réflexion. Les installations seraient ainsi conçues pour que, par beau temps, les cours puissent être dispensés à l'extérieur.

Le respect des professeurs ne devrait pas être dû, mais obtenu. Chaque membre de l'école de mes rêves devrait mériter qu'on le respecte en fonction de ses agissements. Les professeurs feraient confiance aux élèves, les encourageraient et les soutiendraient. Une mauvaise note serait perçue comme une chance de progresser et non comme un échec.

Comme nous n'avons ni les mêmes goûts ni les mêmes capacités, nous n'avons pas le même niveau dans chaque matière. Dans l'école de mes rêves, chaque fin de trimestre ferait l'objet d'un petit examen : s'il était validé, l'élève pourrait suivre le cours supérieur. Un élève pourrait suivre un cours de français de troisième et un cours de physique de première, par exemple.

L'école devrait non seulement nous préparer à la poursuite de nos études, mais également à notre vie future. Elle devrait donc nous inculquer des valeurs comme la tolérance, le respect, le partage... Les professeurs montreraient donc un exemple de citoyen tel qu'il faut que nous que le devenions.
Dans l'école de mes rêves, aucun problème d'argent ne freinerait un élève. Les préparations aux grandes écoles, le soutien scolaire et l'aide aux devoirs seraient accessibles à tous. La réussite d'un élève ne doit être due qu'à son travail.

De la même manière, chaque élève 'différent' y aurait sa place. Les enfants dyslexiques ou hyperactifs par exemple, seraient dans de plus petites classes, avec un suivi personnalisé pour qu'ils réussissent à la hauteur de leurs capacités.

L'éducation est une chance énorme, elle devrait être appréciée à sa juste valeur.
L'école forme les futurs adultes, le peuple français, les citoyens de demain. Autant que ce soit réussi, non ?"

Paolina, en 1re S au lycée international Honoré-de-Balzac (Paris) : "Dix minutes de sport ou de méditation avant chaque cours"

"Mon école idéale proposerait dix minutes de sport ou de méditation avant chaque cours, afin d'augmenter la concentration de l'élève, et par conséquent, une 'heure' de cours durerait 45 minutes, qui est le temps maximal de concentration. Les professeurs seraient obligés d'avoir suivi des études spécialisées dans l'enseignement comme chez nos voisins allemands, où la pédagogie est la qualité requise la plus importante.

La relation professeurs-élèves serait beaucoup plus détendue, ils se tutoieraient et échangeraient de manière libre et sans gêne. Les projets pédagogiques et les travaux manuels représenteraient la majeure partie de l'enseignement, valorisant le travail de groupe et l'autonomie de l'élève. La pluridisciplinarité y serait également mise en avant. Les sorties et voyages scolaires seraient récurrents, gratuits pour tous. Ils permetteraient la découverte de nouvelles manières de vivre et d'apprendre des langues par la pratique et favoriseraient le sentiment d'unité au sein d'une classe. Ainsi les élèves n'ayant pas les moyens de voyager en auraient l'occasion, au lieu de rester à l'école pendant que leurs camarades sont en voyage scolaire.

Les élèves seraient tous responsables de la beauté de la cité scolaire et seraient donc tous incités à peindre ou à tagger sur les murs de l'école, à verdir la cour ou à construire de nouveaux espaces de jeu et détente. Lors des beaux jours, les cours se tiendraient dehors et les élèves demi-pensionnaires auraient la possibilité de déjeuner dans la cour. Cette nourriture serait bio, cuisinée avec des aliments frais et locaux sur place et adaptée au régime de tous.

Les classes seraient constituées de 15 élèves maximum. Les fournitures scolaires seraient gratuites afin d'empêcher les inégalités, mais la quasi-intégralité des cours et exercices se ferait sur une tablette, offerte, afin d'alléger les cartables, d'éviter l'oubli et de gagner du temps. Les matières comme les arts plastiques resteraient les plus manuelles possible. Des cours de soutien seraient proposés gratuitement à tous, une psychologue et une conseillère d'orientation seraient à disposition tout le temps et pour tous.

Pas de choix de filières scientifique, économique ou littéraire, ce qui est beaucoup trop restrictif, mais, en classe de première, une possibilité de se constituer son emploi du temps par le choix des matières nous intéressant le plus. Les matières artistiques et le sport seraient aussi importantes que les autres matières, et chaque élève devrait faire partie d'un club sportif, philosophique, politique, écologique, artistique, etc... comme aux États-Unis.

L'éducation sexuelle ferait partie de nos programmes ainsi que l'aide à l'apprentissage et à l'organisation. Enfin, le système de notes serait remplacé par un système d'appréciations, où seraient indiqués les points positifs et les points à améliorer."

Tout savoir sur FuturEdu et le concours "L'école de vos rêves"