Prépa littéraire : que font les élèves qui n’intègrent pas l’ENS ?

Par Amélie Petitdemange, publié le 24 Janvier 2020
5 min

Les étudiants qui entrent en hypokhâgne, puis en khâgne, ont en ligne de mire le concours des ENS. Pourtant, ils sont très peu nombreux à intégrer une École normale supérieure. Quels autres débouchés existent ? L’Etudiant fait le point.

"Je n’ai jamais voulu le concours de l’ENS, je savais que je ne répondais pas aux exigences et ce n’est pas un débouché qui m’intéressait. Mais je l’ai quand même préparé sérieusement, c’est un moment important pour faire le point sur ses compétences. On nous en parle tellement pendant la prépa, et le programme de deuxième année est basé sur le concours de l’ENS. Du coup, j’avais envie de jouer le jeu", raconte Jean*, ex-étudiant d’une bonne prépa de la proche banlieue parisienne.

"Autour de moi, tout le monde n’avait pas ce rapport au concours. Pour la majorité des élèves, c’était une énorme source d’angoisse. D’autres, sachant qu’ils ne l’auraient pas, prenaient le concours par-dessus la jambe. Pour eux, c’était une formalité de fin de prépa, obligatoire pour valider leur khâgne", se souvient le jeune homme qui a fait son hypokhâgne, sa khâgne, et a commencé une cube (recommencer sa khâgne dans le langage prépa) avant de bifurquer vers une licence de lettres.

Après une khâgne, seulement 3% d’admis aux ENS

Comme lui, la majorité des étudiants de prépa littéraire n’entrent pas à l’ENS. En filière A/L (lettres classiques), seulement 3,5% des étudiants ont été admis à l’ENS lors de la dernière session nationale du concours. Une proportion encore plus faible en filière B/L (lettres et sciences sociales), où 2,4% des candidats ont été admis dans une ENS à la session de 2017.

"La fonction des prépas littéraires n’est pas forcément de former des normaliens. L’objectif est de faire réussir l’étudiant dans le domaine qui l’intéresse", affirme Stéphane Coviaux, président de l'Association des professeurs de premières et de lettres supérieures (APPLS). "Il y a énormément de débouchés et de professions en dehors du professorat et de la recherche. Les compétences en dissertation, commentaire, version, ou encore prise de parole longue et argumentée peuvent aussi bien servir à un professeur qu’à un responsable RH dans une entreprise", explique-t-il.

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Les CPGE littéraires ouvrent aussi aux écoles de commerce, IEP, universités…

Loin de préparer seulement l’ENS, la prépa littéraire peut ouvrir les portes de l’École des Chartes, de l'École du Louvre, du Celsa, de l’EHESS, de certains IEP ou encore d’écoles de commerce et de management. Selon l’APPLS, 10% des étudiants en école de commerce et de management sont issus de khâgne. On retrouve ainsi beaucoup d’anciens khâgneux dans l’enseignement et la recherche, dans la haute fonction publique et dans le monde de l’entreprise.

Depuis la loi Fioraso de 2013, les étudiants de prépas littéraires (et de toutes les CPGE) sont par ailleurs inscrits en parallèle à l’université. La filière dépend des universités partenaires de la prépa et de la spécialité choisie par l’élève de prépa. Grâce à cette double inscription et aux crédits ECTS accumulés pendant leur cursus, de nombreux khâgneux passent donc directement, en L3, voire en M1, après leur prépa.

Retenter le concours lors d'une 3e année de prépa ?

Le "cubage", ou redoublement, s’est aussi généralisé ces dernières années. Une option qui peut être gagnante pour des étudiants qui auraient frôlé l’admissibilité. "Les ENS recrutent aussi en parallèle du concours depuis trois ou quatre ans, mais les étudiants admis ne sont pas des élèves fonctionnaires rémunérés", ajoute Stéphane Coviaux. Cela représente néanmoins une possibilité de plus pour les étudiants qui souhaitent à nouveau tenter leur chance, en plus des nombreux débouchés qui s’offrent à eux.

*Le prénom a été modifié

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